Affichage des articles dont le libellé est Tout est sur wikipédia. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tout est sur wikipédia. Afficher tous les articles

lundi 19 décembre 2011

Sale temps pour les vivants

Après les décès de Cesaria Evora et Vaclav Havel au cours du week-end, qui suivaient de peu celui de Christopher Hitchens jeudi, je me disais que la fin d'année n'était pas tendre avec les célébrités de tout poil: si on m'avait demandé ce dimanche matin, j'aurais probablement pu citer Oussama ben Laden, Mouammar Khadafi et Steve Jobs comme disparus supplémentaires de 2011.

Et puis je suis allé voir la R'vue genevoise, qui m'a remis Amy Winehouse en mémoire. Et Jean Amadou. Pour la chanteuse britannique j'avais l'impression que ça s'était passé il y a des siècles alors qu'en fait ça ne date que de juillet dernier. Pour Amadou c'est encore pire, je ne suis même pas sûr que j'étais au courant. Je vous engage d'ailleurs à faire cet exercice un peu morbide avant de poursuivre, c'est instructif (et la saison y est de toute façon propice).

Je suis du coup allé jeter un oeil à la catégorie wikipédienne habilement intitulée "décès en 2011", pensant y retrouver deux ou trois autres noms familiers.

Elle en contient en fait 1311. Et l'année n'est pas finie.

EDIT: ah ben tiens, au moment où je publie j'apprends le décès de Kim Jong-Il.

Ca m'a aussi appris que la célébrité est toute relative: de ces mille trois cents et quelques disparus, j'en ai reconnu tout juste une douzaine, plus quelques autres dont le nom ne m'était pas totalement étranger, mais impossibles à resituer sur le moment. 

J'avoue que je ne suis pas très branché vie -et mort- des stars (et qu'on ne peut pas passer sa journée à lire la rubrique nécrologique du journal, sauf si l'on est comme ma défunte grand-mère), mais j'avoue que ce nombre m'a surpris.

mercredi 16 novembre 2011

Wikipédia, métaréférence

Vu ce jour sur l'inénarrable XKCD:


Si Wikipédia devient LA référence, quelles références peut utiliser Wikipédia?

jeudi 29 septembre 2011

Geek utile

Souvenez-vous, la Fondation Wikimédia avait mis en place en juin dernier la machine à offrir des chatons (et de la bière). C'était rigolo, ok, mais là on vient de passer à la vitesse supérieure avec, depuis hier, le lancement de QRPedia qui, dit tout simplement, déchire à mort.

QRPedia, en quelques mots et une image, vous permet, à partir d'une adresse URL wikipédienne, d'obtenir ça:
Contrairement aux apparences, ce n'est pas de l'art.
Cette vignette, figurez-vous, est un QR Code - une variété de code-barres destinée à être lue par un téléphone mobile par exemple. J'avais vu ce truc mis en place sur des affiches dans la rue pour des marques qui se voulaient branchées (ou des assurances), et ça m'avait laissé froid. Mais là, on va carrément un niveau au-dessus: imaginez un instant que vous êtes au musée, à contempler Les Menines, croûte espagnole de Velazquez. Un petit descriptif de 15 lignes se trouve à côté du tableau, à peine suffisant pour vous informer des grandes lignes et vous faire comprendre que non, ce ne sont pas juste quatre gamines en robe d'époque que l'on voit. 

Sauf que vous êtes vraiment curieux, vous voulez en savoir plus. Vous voyez le petit code barre, pointez votre téléphone mobile dessus et voilà! en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire l'article complet est à disposition... automatiquement dans votre langue (si l'article y est disponible)! 

Je ne sais pas pour vous, mais c'est le genre d'innovation qui me fait dire qu'on est vraiment au XXIe siècle.

Cette idée de lieu culturel qui s'appuierait sur des contenus librement (re)distribués est apparemment un produit collatéral d'une collaboration wiki-musées (GLAM pour les intimes), qui décidément n'a pas fini de nous sortir des bonnes choses. J'ai installé sur mon téléphone la première application gratuite de lecture de codes que j'ai trouvée (i-nigma), j'ai fait quelques essais, et visiblement ça marche sans problème. 

Amusez-vous bien.

lundi 27 juin 2011

La preuve par l'image

Si après ça on me soutient que tout n'est pas déjà sur Commons...

A gauche: Popo le Chien, juin 2011. A droite: utilisateur:He-ba-mue, juillet 2005.
La rivière Orkhon mesure 1124 km. Je le jure, il n'y a pas une yourte à 10 km et la première ville était à 1 heure de route - on s'est arrêtés pour des besoins physiologiques et je me suis dit "profitons-en, si ça se trouve c'est tellement paumé ici que personne n'y a pensé".

Bon, la mienne est moins jolie (forcément), mais au moins il y a de l'herbe.

Comme quoi mettre ses photos de vacances sur Commons pour illustrer des articles, c'était possible en 2005. A l'inverse, il faut désormais réfléchir et trouver ce qui n'y est pas.

jeudi 19 mai 2011

Wiki...news?

Indépendamment de ce que l'on pense de ce que Wikipédia devrait être, il y a une chose qu'elle est déjà: un outil de référence vers lequel on se dirige pour en savoir plus à propos d'un évènement d'actualité. Appelons cela une seconde lecture de l'actualité - d'abord la nouvelle elle-même, transmise par les médias traditionnels, puis pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur le fond ou le contexte, un tour sur Wikipédia. 

Si les gens venaient sur l'encyclopédie pour s'informer d'une nouvelle immédiate, on pourrait penser que Wikinews a un présent et un avenir: ce n'est pas le cas. Les lecteurs de l'encyclopédie viennent donc bien pour un complément d'information (éventuellement une synthèse) plutôt que pour une information brute. Cela est régulièrement évoqué sur ce blog, comme ici et , donc rien de nouveau sous le soleil.

Ce qui pourrait être intéressant, ce serait de voir quelles facettes d'un même évènement (ou de deux évènements proches et similaires) suscitent le plus l'intérêt ou la curiosité de masses. 

Regardons par exemple les articles concernant Ben Ali et Moubarak au moment de leurs chutes respectives:

Fréquentation des articles Zine el-Abidine Ben Ali (haut, janvier 2011) et Hosni Moubarak (bas, février 2011) sur la Wikipedia francophone.
J'étais un peu surpris de constater que la chute de Moubarak attirait deux fois moins de chalands que Ben Ali, jusqu'au moment où j'ai réalisé que les Tunisiens sont des francophones. Forcément, ça change bien des choses - les rapports sont d'ailleurs inversés en anglais et en allemand, et plutôt dans l'ordre de 1 pour 3 voire 1 pour 5 en faveur de l'Égyptien.

Autre duo célèbre et pour le coup très lié, les protagonistes du conflit ivoirien:
Fréquentation des articles Laurent Gbagbo (haut) et Alassane Ouattara (bas) sur la Wikipedia francophone, avril 2011.
Tiens, là c'est intéressant, le vaincu a vu deux fois plus de visites que le vainqueur (le rapport de quasiment deux pour un est similaire chez les anglophones et germanophones). Je soupçonne un petit "effet vautour" autour du perdant, de la même manière qu'un "effet glamour" aura profité à Catherine Middleton, dont l'article a été visité deux fois plus que celui de son époux William (138'000 visites contre 88'000 le jour du mariage où, pour le coup, les deux étaient vraiment présents au même endroit au même moment1).

Avec un peu de recul, cela nous donne même un aperçu de la manière dont l'actualité se développe. On a exactement ce genre de situation avec le séisme, puis le tsunami, puis l'alerte nucléaire au Japon en mars dernier:
De haut en bas: Séisme, tsunami et centrale nucléaire, mars 2011.
Si séisme et tsunami font exactement le même score le jour de leur déclenchement, mais au fur et à mesure que l'on réalise l'ampleur du désastre les rapports changent: les immeubles japonais ont dans l'ensemble beaucoup mieux résisté aux secousses qu'aux flots, et il faut à peu près quatre jours pour voir la centrale de Fukushima rejoindre le même niveau d'attention dans le cycle informatif. 

Pour l'anecdote, la fréquentation de ces trois articles, après trois mois, a bien évidemment baissé mais n'est toujours par revenue à son niveau pré-cataclysme. Les gens ne s'informent donc pas sur Wikipédia mais -et c'est tant mieux parce que c'est le but- ils s'instruisent aussi.


1. A noter que Kate aura rassemblé plus de visiteurs sur sa page que les protagonistes de deux révolutions et une guerre civile réunis.  O tempora, o mores!

lundi 9 mai 2011

Quand l'AFP repompe Wikipédia

Triste après-midi dans le monde du cyclisme, Wouter Welandt s'est tué sur une route de Ligurie au cours du Tour d'Italie. Ce genre d'accident arrive malheureusement de temps en temps, ce sport n'est pas sans danger. Ici il touche l'une des plus grandes courses cyclistes, ça fait de l'écho. Les journalistes ont besoin d'en parler, mais aussi de contextualiser cet accident parmi les autres accidents mortels ayant touché ce sport.

Ainsi, en cherchant sur le web on trouve rapidement un article consacré aux cyclistes morts en course : ''Une trop longue liste''. On trouve cette liste sur Yahoo sport, 7sur7.be, le soir.be, Eurosport, Ouest-France, RTL.be, le matin.ch, etc. Cette même liste est présente sur de nombreux sites de news. Tous ces sites ne créditent pas leur sources, ceux qui le font créditent l'AFP (Agence France Presse). Néanmoins, il semblerait que l'AFP ait oublié de prévenir ses clients qu'elle leur vend du travail apparemment repompé sur Wikipédia : ici et .

Si le repompage est avéré, outre le fait que le crédit des auteurs et de la licence sont des choses qui sont visiblement optionnelles à l'AFP, on notera que l'article de Wikipédia - qui est maintenant en partie repris sur de nombreux médias européens par les services de l'AFP - possède un joli bandeau d'avertissement indiquant que l'article ne cite pas suffisamment ses sources.

Dans cet article récent de l'AFP on peut lire invoquant erreurs et opinions subjectives, les universités interdisent à leurs étudiants de s'en servir, les rédactions défendent aux journalistes d'y avoir recours. Très bien, Wikipédia fait de gros efforts. Nous mettons de jolis avertissements sur les articles dont les sources font défaut. Que faire de plus pour que les journalistes de l'AFP apprenent quelques rudiments de leurs métier : commençons par citez les sources et respect du droit d'auteur ?

mardi 19 avril 2011

Magical Mystery Tour

Cet hiver, on décide de faire une virée dans le plus grand des cantons (en surface) à savoir les Grisons, terre de contraste1 et surtout terre vachement distante à l'échelle de la Suisse. Courageux mais pas téméraire, on va se limiter à Coire, son chef-lieu et pour cela quoi de mieux que le Glacier Express, train qui se vante d'être « l'Express le plus lent du monde ».

A Brigue, il faut quitter la gare CFF pour trouver le point de départ du glacier express. Le prix n'est pas vraiment bon marché mais notre voiture est pleine. Bonne pioche, il fait beau, c'est mieux pour les paysages. Mauvaise pioche, il fait beau et comme la voiture est panoramique (équipée de vitres transparentes en haut et sur les côtés), je cuis sous le soleil2.

Ca tape
A mes côtés, il y a un couple de Vaudois, autour de la trentaine. Ils font le « tour » aujourd'hui, partant de Lausanne, rejoignant Brigue puis Coire en Glacier express et revenant (après deux ou trois heures de visite) à leur point de départ via Zurich3.
Le voyage est agrémenté d'informations audio dites dans un casque en plusieurs langues. Tout au long du trajet, il y en a plusieurs dizaines (pas loin de cent même je crois, si on va d'un bout à l'autre) et cela dure une minute maximum à chaque fois. C'est d'ailleurs assez rigolo de voir les gens plonger sur leur casque quand le signal sonore retentit. J'ai également noté que le français parlé par le guide n'est pas vraiment romand (par exemple, « soixante-dix »). Il doit y avoir beaucoup de touristes francophones non suisses, ou bien les Romands savent mieux s'adapter que les autres sur ce plan là.

Or donc4, nous quittons le canton du Valais pour rejoindre celui d'Uri. La sonnerie retentit et nous écoutons le commentaire. La gentille voix dans nos oreilles nous dit que nous sommes désormais dans le canton d'Uri, célèbre pour son héros légendaire Guillaume Tell et pour avoir été un des premiers cantons à fonder la Suisse en mille deux cent quatre-vingt onze (je cite de mémoire mais je garantis qu'il n'y avait pas de « nonante et un ». Mon voisin cherche une information sur son smartphone et dit à sa comparse « Je cherchais le nom des trois fondateurs du Serment du Grütli mais ils ont rien mis sur la page "Suisse" de Wikipédia ». A ce moment là, j'interviens pour dire que cette information se trouve dans Mythes fondateurs de la Suisse (je l'ai relu dans le passé) et que si je me souviens bien, la vision des trois patriarches prêtant serment sur la montagne, c'est un mythe (souvent mis en images dans le passé, certes) et qu'il me semble que cela n'est pas si simple5.
Cela n'a pas l'air de le convaincre vraiment, pour lui Wikipédia c'est un réflexe et il s'étonne qu'il n'y ait pas l'information qu'il recherchait, à savoir « Tel que le raconte la légende, il se déroula sur la prairie du Grütli dominant le lac des Quatre-Cantons, et rassembla les hommes libres des vallées d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald, notamment représentés par les trois Confédérés Arnold de Melchtal, Walter Fürst et Werner Stauffacher.»

Le reste du séjour n'a que peu d'intérêt wikipédien à part qu'en se baladant dans les rues de Coire (où il fait frisquet en hiver....), un drapeau autrichien m'a tapé dans l’œil. Il s'agit du consulat autrichien, situé au-dessus d'une Bodega española (sic) dans une rue étroite où il n'y a pas de recul. Ravi de cette bonne fortune pour la cabale consulaire, j'immortalise tant bien que mal le bâtiment. Un peu plus loin, un bâtiment similaire avec un drapeau grec mais c'est juste un restaurant... Je n'ai pas l'impression qu'à Coire, il y a énormément de consulats, ou sinon ils se cachent.


1. Toutes les terres sont de contraste, cela fait un joli lieu commun pratique à placer.
2. que j'ai dans l'œil.
3. Le retour est moins pittoresque mais plus rapide.
4. Car là vous devez vous dire que c'est bien gentil mon voyage en train mais quel intérêt d'en faire un billet si ça n'a rien à voir avec Wikipédia. J'y viens, même si je reconnais que la mise en marche est un peu détaillée. Et encore je n'ai pas parlé du repas qui était correct, sans plus.
5. En effet, il confond Serment du Grütli et Pacte Fédéral, si j'avais été plus aussi sûr au moment des faits, j'aurais été plus incisif.

lundi 11 avril 2011

Wikilouze

A 15h00 CET aujourd'hui tombaient sur les sites d'information les premières rumeurs de l'arrestation de Laurent Gbagbo, confirmées 20 minutes plus tard par les troupes de Ouattara et l'ambassadeur de France. Entre 15h37 et 15h50, les articles correspondants sur Wikipédia -ainsi que la page d'accueil- sont mis à jour par au moins six contributeurs différents, sur la base des premières dépêches tombées des grands médias.

Pendant ce temps à Vera Cruz sur Wikinews, 16h15:


J'ignore quelle est leur ligne éditoriale ou leur modèle de fonctionnement mais, visiblement, ce n'est pas basé sur l'actualité.

vendredi 11 février 2011

Tout est lié

J'ai lu récemment un post qui demandait aux lecteurs quelle était l'information la plus inutile en leur possession.

En ce qui me concerne, je sais qu'il y a sur Wikipédia moyen de passer de Britney Spears à Carl Gustav Jung en un seul article intermédiaire.

Tribunal (elle pour son divorce, lui par ce qu'il était expert).

mercredi 9 février 2011

POV

Je decouvrais l'autre jour l'existence d'un outil qui permet de mesurer, sur Wikipédia, le nombre de visites par articles et de classer ceux-ci en fonction de leur fréquentation et selon le projet auquel ils sont affiliés.

Un projet, rappelons-le, a pour vocation de coordonner (ou à tout le moins d'encourager) la coordination du travail autour d'une thématique particulière. Une autre facette de ce travail consiste par ailleurs à "noter" les articles (ébauche, bon début, AdQ, etc.) et à leur attribuer une priorité. Il me semble que cela est à l'origine lié à un putatif projet "Wikipédia 1.0" qui vise à sortir une version stable du projet, mais je ne me suis pas trop penché dessus et le laisserai de côté pour l'instant.

Non, ce qui est intéressant quand on associe le premier et le second point, c'est qu'on découvre ceci:
Projet Culture
Projet Anime et BD asiatique
Projet Paranormal
Deux choses sautent ici aux yeux:
  1. Ce n'est pas parce qu'un article est d'importance "faible" ou "élevée" que cela motivera quelqu'un à y écrire quelque chose ou pas: on a d'une part des labels de qualité considérés d'importance "faible", et d'autre part des articles d'importance "maximale" qui ne sont guère que de bons débuts;
  2. Il n'y a pas de forte corrélation entre l'importance attribuée à un article et sa fréquentation.
En d'autres mots, ce critère d'importance ne répond pas à ce que les lecteurs de Wikipédia viennent apparemment chercher.

Je soupçonne que la notation consiste plus ou moins officieusement à recopier ce que fond les encyclopédies "sérieuses", et que cela reflète dès lors le jugement totalement subjectif du relecteur quant à la signification du terme "article sérieux". C'est vrai que voir que les gens s'intéressent plus aux pluies d'animaux qu'à l'Opéra Garnier, ça peut être dur à avaler, surtout si l'on a une certaine vision de ce qui est encyclopédiquement Bien ou Mal. Mais il faudra peut-être un jour, il me semble, assumer un peu mieux la notion de projet encyclopédique populaire.

dimanche 30 janvier 2011

Le club du livre

Vous êtes, à n'en pas douter, toujours à la recherche d'une lecture édifiante pour, allongé dans votre lit douillet, clôre sainement une dure journée de labeur. Un bon bouquin, c'est ce qui fait toute la différence entre "aller se coucher" et "aller au lit". Sauf que Grisham c'est trop léger, et Kant c'est trop lourd; entre les deux: le désert, ou alors des trucs déjà lus.

Ne cherchez plus, j'ai trouvé ce qu'il vous faut:

"Post Tenebras Wikipedia" (maxime genevoise)
En fait je ne l'ai pas vraiment trouvé, c'est un collègue cabaliste -l'auteur, pour tout dire- qui me l'a mis de force sous le nez, mais n'empêche qu'il a bien fait. Cet excellent ouvrage, figurez-vous, est du genre de ce qu'on obtient quand on s'aventure à sélectionner des articles qui nous plaisent et qu'on clique sur "Créer un livre", à gauche dans la boîte à outils de l'espace encyclopédique.

Ca prend quelques jours à arriver, ce n'est pas donné-donné, mais le résultat est ma foi plutôt fameux - jugez-donc la mise en page:

Et avec de la couleur!
On n'a pas réussi à être sûrs, mais il semble que la mise en page soit finalisée à la main chez l'éditeur/imprimeur. La deuxième surprise, c'est que si le style est parfois très formaté Wikipédia1, c'est quand même beaucoup plus agréable à lire que sur un écran (surtout pour les textes assez longs, dont cet ouvrage est quasi-exclusivement constitué). Pour tout dire, même les typos que j'ai vues avaient l'air de qualité.

Bref tout y est, y compris les références et la liste des différents auteurs tout à la fin. Je vous recommande donc chaudement cette lecture (ou une autre de votre choix, c'est le principe), ça ne déparera pas dans votre bibliothèque.

Note: j'ai aussi des bédés.



1. C'est la première fois que je remarque et que je suis gêné par la convention de nommage qui interdit les articles en début de titre.

mercredi 22 septembre 2010

Plus forts que CNN

Vous n'êtes pas sans l'ignorer, depuis ce matin le Conseil fédéral suisse est constitué d'une majorité de Conseillères (une version inédite de la formule magique dont personne ne connaît de toute façon la recette). La socialiste Simonetta Sommaruga a été élue ce matin au 4e tour pour succéder à Moritz Leuenberger. Félicitations à elle.

Ce qui est rigolo (et plus intéressant pour ce qui concerne Wikipédia), c'est que l'info aura été publiée à 10h19 (Heure de Berne) sur le projet
...et à 10h20 sur le site du quotidien de référence romand Le Temps

...voire 10h21 sur celui de l'Agence télégraphique suisse (ATS)


Pendant ce temps, sur Wikinews, vers 11h15:

(à leur décharge, CNN n'a toujours rien dit non plus)

Update: on dirait en fait que la nouvelle était sur Wikinews 1h avant que l'élection n'ait lieu (ça indique 9h CET chez moi). Ce n'est plus de la réactivité, mais de la prémonition!

jeudi 16 septembre 2010

mardi 7 septembre 2010

Chacun sa croix

A nos lecteurs français qui aujourd'hui luttent pour leurs droits ou leur accès au bureau, la Cabale romande vous offre un peu de lecture-détente wikipédienne:
Le premier article explique pourquoi on fait finalement assez peu la grève par ici, et le deuxième concerne le rejet par le peuple (et les cantons) de l'abaissement de la retraite... à 62 ans!

Sur ce, je profite d'un court passage au QG pour soigner gastro et gueule de bois: le climat européen ne réussit pas à mon petit corps africain, on dirait :-(

vendredi 27 août 2010

mercredi 25 août 2010

Plus près de toi, mon Dieu

Tiens il m'est arrivé un truc assez inédit l'autre jour: j'ai surpris un collègue en train de lire un article que j'avais corrigé. L'article n'a rien à voir avec le travail et, pire même, il avait carrément tout imprimé pour pouvoir le lire chez lui (je suis tombé dessus au coin photocopieuse; après on s'étonne de ne plus avoir d'encre1).

On a beau dire et s'y être préparé, ça fait quand même un peu bizarre. Il y a un million d'articles, et un peu moins de 9'000 portent les empreintes de mes mains pleines de doigts. Mais même si je n'ai pas pour habitude d'éplucher les modifications récentes pour gonfler mon editcount à coups de révocations, je ne garde aucun souvenir de la plupart d'entre eux. Mais celui-là j'étais tombé dessus la veille, par hasard en enlevant le spam posé ça et là par un inconnu, et je me souviens clairement m'être demandé qui pourrait bien vouloir consulter un sujet aussi obscur que les Noms de Dieu en islam. Réponse: un manager sénégalais qui profite de Ramadan pour élever le niveau de ses lectures.

Que des collègues lisent des articles de Wikipédia ne me choque pas, bien au contraire, tout le monde le fait. Mais qu'ils en lisent un sur lequel j'ai justement corrigé quelques bricoles est en fait beaucoup plus troublant. Ca me surprend un peu, j'avoue, car j'aurais pensé que la première fois que ça arriverait je ne serais pas peu fier (la preuve ultime que j'ai fait un truc utile, pensez donc!) - c'est en fait tout le contraire qui s'est passé: ne suis-je pas allé trop vite? ai-je laissé des typos, des erreurs, n'aurais-je pas pu trouver une ou deux références utiles, etc.

Du coup, je n'ai pas osé demander au dit collègue ce qu'il en pensait. Je le regrette un peu.



1. Tiens, puisqu'on me demandait si je profite des terres noires, j'en ai une bien bonne:
Eux: avez-vous reçu notre fax?
Nous: Non, nous n'avons plus d'encre. Pouvez-vous nous renvoyer le document par email?
Eux: Non, nous n'avons plus d'électricité!"
C'est le Sénégal, mais des fois on se dit que c'est aussi un peu la Pologne (circa 1980) aussi.

lundi 23 août 2010

Ma première photo utile

Cinq ans. Plus même, que je traîne sur ce projet. Et pour la première fois, j'ai l'impression d'avoir mis une photo sur Commons qui apporte réellement quelque chose (bon j'avais aussi fait pas mal de graphiques, mais ça n'est pas pareil).

Si avant vous vouliez voir l'Aéroport international Roberts de Monrovia, ou plutôt sa catégorie associée, vous aviez ça:

The cabale romande was here.
Autant dire que c'est pas le genre d'illustration qu'on ajoute sur un article, droit de panorama ou pas (d'ailleurs la plupart des articles mettaient soit un avion abandonné, soit rien). Mais maintenant, grâce à votre serviteur, on a ça:

On a fait le ménache.
Ca a quand même plus de gueule.

Moralité: quand vous allez quelque part, vérifiez toujours s'il y a besoin de photos avant de partir.

dimanche 18 juillet 2010

Un blanc vaut 74 noirs

Je revenais tranquillement du boulot quand, sur Radio France internationale, on annonce qu'un double attentat ensanglante Kampala. En même temps que j'écoute tout cela, je me demande si Wikipédia a déjà un article et, incidemment, si l'on a droit à une proposition de suppression aux échanges aussi homériques que ceux ayant entouré la création d'un article sur la capture du Ponant, au large des côtes somaliennes, en 2008.

On a, effectivement, un article sur le sujet, créé une douzaine d'heures à peine après les évènements. Pas de demande de suppression en vue à l'heure où j'écris.

Si vous comparez les deux articles, vous relèverez que la longueur et la qualité des articles sont inversement proportionnelles à leur importance (relative) dans la marche du monde. L'un pèse plus de 15'000 signes rédigés par une soixantaine d'auteurs, comporte une quinzaine de sources et une photo, et en fin de compte ne vise qu'un vulgaire braquage à main armée. L'autre, avec ses 4'000 signes commis par 10 personnes (en fait, surtout une), n'a pas de photo et moitié moins de notes de référence. Il traite d'un acte de terrorisme transnational, conséquence revendiquée de l'intervention militaire d'une puissance régionale dans un état en déliquescence complète. Dans le premier on apprend qu'au final un pirate aura été blessé "par un éclat de moteur", le second fait état de 74 morts et 70 blessés.

L'un concerne un fait relativement anodin dans le contexte régional (un acte de piraterie parmi 293 autres cette année-là, me souffle le Bureau maritime international), l'autre est à mon sens infiniment plus porteur de sens sur les capacités logistiques d'un groupe capable d'infilter, héberger et équiper des kamikazes à plus de 1500 kms de ses bases, dans un pays même pas adjacent.

Mais soit. On a les priorités de ses proximités, j'en parlais il y a tout juste un an: un compatriote français (voire simplement francophone) nous est tout de suite proche, alors que l'Ouganda, si on sait même que cela existe, c'est loin. Cela se reflète encore dans le fait que six fois plus de contributeurs se seront penchés sur la rédaction du premier que du second article.

Bref, crûment posé, un bateau de blancs semble valoir, au moins inconsciemment, plus de 74 morts noirs.

Le 15 juillet dernier c'est au tour du Joundallah iranien de réduire en cendres la vie de 20 personnes (+250 blessés). Là aussi on aurait beaucoup à dire, sauf qu'au final ça ne fera qu'une ligne et demi (par un seul contributeur) ajoutée à l'article décrivant ce groupe. Pas (encore) d'article ad hoc sur l'évènement. Les dizaines d'attentats en Irak ne sont pour leur part même plus comptabilisés depuis belle lurette.

Pourtant l'Iran et l'Irak sont quand même plus connus que l'Ouganda, même si ce n'est pas franchement pour les meilleures raisons. Je me demande du coup si la façon dont une information est rapportée sur Wikipédia, dans ce métrique assez neutre qu'est la taille de l'article, n'est pas aussi une mesure de la perception (positive ou négative) qu'on a du pays où l'évènement traité s'est produit. Morts en pays ami ou neutre = article. Morts en pays hostile = note de bas de page. Je ne juge pas, mais c'est troublant.

mercredi 23 juin 2010

Chacun ses raisons

Cela fait quelque mois déjà que je vois passer une personne sous IP (je soupçonne qu'il s'agit toujours du même individu, en dépit du fait que l'adresse change parfois) qui vient, pas tous les jours mais presque, mettre à jour les chiffres des pertes et dépens de la coalition en Irak.

Chacun son truc certes, mais je trouve que ça n'est pas banal.

J'ai quelques autres articles en suivi qui sont maintenus de manière toute aussi méthodique au fil du temps. Les motivations de certains sont plus faciles à deviner que d'autres (une gentille mise à jour de sa biographie, par exemple), et c'est assez amusant que d'imaginer qui est derrière cette modif-ci ou là.

Mais j'avoue que dans le cas présent je serai curieux de savoir le pourquoi de ce geste de fourmi: la personne s'est-elle simplement trouvé un créneau facile pour aider Wikipédia? A-t-elle perdu de la famille sur place? S'agit-il d'un opposant à la guerre qui prend cela comme une partie de sa tâche d'information des masses? Ou autre chose?

Je serais vraiment curieux de le savoir, mais je ne crois pas que j'oserai lui demander.

mercredi 19 mai 2010

War room

Il y a près d'un mois, j'avais des entretiens pour être débauché par la concurrence. Un truc dont je me souviens, c'est quand ils m'ont dit "Vous travaillez pour une armée: il y a les moyens et les hommes" (bon, du coup le gars m'expliquait entre les lignes qu'en passant chez eux j'étais sur le point d'aller chez des Mickeys - on a vu plus vendeur). Et puis, coïncidence comme il n'y en a que pour ceux qui, un jour, devront payer une sacré addition, la maison m'a proposé le poste pour Dakar. Fin des discussions et départ en vacances pour fêter ça.

Je rédige ce billet dans l'avion pour le Sénégal, justement. A peine rentré desdites vacances on m'envoie en premier repérage. Franchement, je suis encore trop junior pour cracher sur un A/R en business1. Du coup, reprise wikipédienne en pointillés, et boulot, boulot, boulot: on est mercredi et j'ai déjà, pour les Français parmi vous, rempli mes 35 heures.

Lundi après-midi, premier jour de retour, conférence téléphonique avec mon nouveau groupe: 3h de discussions sur 3 fuseaux horaires, à parler stratégie sur 54 pays. On cause politique, blocs, alliances, diplomatie, développement, consultants et, hum, stratégie2. Ca ne m'avait jamais frappé, mais c'est à ce moment que je me suis dit qu'effectivement, j'étais dans une sacré machine de guerre.

Mais de quoi on parle, exactement? Vous ne le savez pas, mais en fait, nous non plus. Du coup, on a besoin d'une bonne grosse carte, avec une bonne grosse explication.

Et là, je tourne la tête, et sur un écran TV de 200 pouces3 s'affiche une carte en SVG. Je sais qu'elle est en SVG parce que, figurez-vous, mon collègue Tony qui l'affiche est direct en ligne sur Wikipédia. On lit tous l'article correspondant et la VP de service dit "ok". Pas de questions.

J'étais silencieux, mais c'est peu dire que j'étais fier comme un bar-tabac.


1. Il y a un gars à l'autre bout de ma rangée qui est couvert de tatouages. Je me demande s'il est célèbre (je suis nul en célébrités).
2. On ne produit pas grand chose dans mon groupe, mais purée qu'est-ce qu'on réfléchit.
3. Je suis repassé en douce un week-end pour essayer de brancher une Wii, mais j'ai pas réussi.