Mogador a ouvert à l'issue de l'
(in)élection de Vyk au statut d'administrateur
un débat intéressant que je résumerais ainsi: les bureaucrates, étant si peu nombreux pour prendre une décision aussi peu anodine que la validation ou pas d'une candidature au poste d'administrateur, ont-ils une obligation de participation aux discussions y-relatives? En question le fait que sur six membres actifs, seuls trois (
Clem et moi, puis
Esprit Fugace après piqure de rappel) se sont
penchés sur la question du sysopage après un vote houleux et inégal.
Céréales Killer était dans les parages mais n'a pas jugé bon de s'exprimer;
Educa33e et
Anthere, pour leur part, ont un statut plus qu'ils n'ont une utilité vu que leur participation toutes tâches confondues est depuis quelques temps déjà plus que symbolique.

Tout cela pose, effectivement, plusieurs questions découlant plus ou moins les unes des autres:
1. Les bureaucrates ont-ils une obligation de participation?
Si oui, faut-il
2. plus de bubus pour assurer une lecture équitable des consultations, et
3. que ceux n'étant pas en mesure de participer démissionnent de leur statut?
Première point: l'obligation. Ce serait un peu paradoxal, sur un projet basé sur le volontariat, de vouloir imposer quoi que ce soit à qui que ce soit sous le simple prétexte qu'il ait demandé la confiance de la communauté sur l'accès à des outils quelconques. Après tout on ne demande pas aux contributeurs de terminer les articles entamés, pas plus qu'on ne demande aux administrateurs de rendre des comptes sur le nombre de purges ou blocages rendus dans la semaine. Et au vu de certaines (ré-)élection, cette obligation de rendement n'est pas demandée aux arbitres non plus. Donc non, pas d'obligation de participation à une tâche particulière, selon la règle qui prévaut chez les admins que
qui ne dit mot est solidaire de la solution adoptée.
Pourtant, deuxième point, il faut bien voir les choses en face et se dire qu'une élection décidée par trois pseudo-sages et à l'encontre d'une parfois large majorité, ça n'est pas banal. On a donc, pour remédier à cet état de fait, deux choix:
- Supprimer le pouvoir discrétionnaire;
- Augmenter le nombre de bubus.
La première solution ne me paraît pas pertinente, au sens que si l'on regarde les
élections passées, on s'aperçoit que nombre d'admins sans histoire n'auraient pas été élus si la barre était placée aux consensuels 80%
1 (voire 75% - les refus sont heureusement souvent plus nets, il s'agit donc plus d'une option de repêchage). Pas de raison donc de se priver de mains supplémentaires pour les corvées de maintenance quand déjà
on ne croule pas sous l'offre. Reste l'option de l'augmentation du nombre de bureaucrates. Pas une mauvaise idée, loin de là.

La solution facile consisterait à augmenter le nombre de bubus actifs à sept (il n'y a pas assez de travail pour plus, et probablement pas de candidats non plus) comme notre cher
Conseil fédéral, à charge pour la communauté de définir sa variante de la
formule magique2 si besoin. La solution plus compliquée, évoquée
sur le bistro, consiste à donner le statut à tous les administrateurs, et en cas d'élection tangente de les faire voter en une sorte de deuxième tour pour savoir s'ils acceptent le candidat parmi les leurs.
Outre que cette proposition ne résoud pas la question de savoir que faire en cas de décision à nouveau tangente, mon avis personnel est que cela créera un niveau bureaucratique supplémentaire (quel délai pour le deuxième tour? Quelle marge? Quel espoir de recandidature pour ceux rejetés par leur potentiels pairs? Qui aura la patience de lancer une PDD pour trois ou quatre élections tangentes par an?) et de remplacer une caste par une autre, certes plus grande, mais caste quand même (la notion de hiérarchie n'a pas de réalité puisque les bubus ne peuvent reprendre ce qu'ils ont donné). Mais ça, finalement, c'est à la communauté de décider - après tout cela semble marcher chez les hispanophones (mais uniquement chez eux, et encore personne n'est allé demandé s'il y avait des regrets ou dérapages).
Pour ce qui est de la démission en cas de service moins-que-minimum, j'avoue que je suis assez pour. Soit c'est un statut technique dont on n'a plus besoin, soit c'est un statut de relatif prestige
3, auquel cas il n'est vraiment pas sain de s'y attacher. Dans les deux cas, ce droit ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.
En Suisse, pour revenir à un endroit qu'il m'arrive de fréquenter, les Conseillers fédéraux (dont le mandat est remis en question de manière
rarissime) ont pour pratique de démissionner au bout d'une dizaine d'année d'exercice, sans qu'on leur demande rien. Un temps bien trop long à l'échelle wikipédienne certes, mais c'est un exemple - pas un modèle. La pilule serait peut-être difficile à passer (et ingrate) pour Madame la Présidente, mais là aussi un précédent existe, avec rien moins que
Jimbo Wales, déchu de ses droits de steward mais désormais très officiel
dictateur bienveillant Fondateur. Mais c'est un détail.
La seule chose qui marche bien, sur Wikipédia, c'est un mélange entre la pratique quotidienne et la solution de simplicité. La pratique quotidienne, c'est que le pouvoir discrétionnaire a l'aval tacite de la communauté des contributeurs. La solution de facilité, c'est que les gens qui perdent l'envie (ou la disponibilité) de s'impliquer sur le projet en tirent les conséquences. Quitte dans ce dernier cas à retirer les droits aux personnes passant sous la barre symbolique des 100 contributions par mois (le seuil statistique des contributeurs actifs) pendant quelques mois. Par exemple.
1. Dans le désordre: Elfix, Harmonia Amanda, Adrille, pour ne prendre que les trois premiers sur lesquels je suis tombé.
2. J'y reviendrai j'espère dans un prochain billet.
3. Très relatif.