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mardi 27 décembre 2011

Wikimedia Commons interdite aux Mongols

Il est gros, il est mongol: c'est un gros Mongol.
J'espère qu'il n'y a pas de dicton qui énonce qu'une amitié ne se réalise qu'avec de la vodka à dix heures du matin, parce que ça voudrait dire que je n'ai qu'un ami, et que c'est le monsieur présenté à droite. Il s'appelle Natsca, il est mongol et très sympa, d'ailleurs on a bu de la vodka ensemble à dix heures du matin, c'est dire.

Le problème de Natsca (et surtout le mien), c'est qu'il ne parle que mongol, avec un tout petit peu de russe: c'est dommage, parce que s'il savait sûrement plein de choses, il ne pouvait pas trop les partager. Ces choses qu'il savait, et qui à l'époque m'intéressaient énormément, concernaient bien sûr la faune locale, à commencer par les chevaux. 

Fun fact: il existe en mongol six mots pour distinguer un poulain, suivant qu'il ait un, deux, trois, quatre, cinq ou six ans. A sept ans, c'est un cheval (et donc un septième mot).

Imaginons, et c'est bien sûr un exercice de pensée, que Natsca décide de contribuer à Wikipédia. Voire à la banque d'images Wikimedia Commons, avec son savoir équestre et chevalin. C'est une proposition à moitié farfelue seulement quand je vois le temps et l'effort (et donc l'argent) dépensés par la Fondation pour adapter le logiciel MediaWiki à des langages dont j'ignorais l'existence il y a encore un mois.

Le problème toutefois, quand on contribue à Commons, c'est qu'il faut parler anglais, parce que les catégories sont en anglais, avec des translittérations toujours un peu hasardeuses (forcément) si c'est de l'étranger pas latin. Je sens que je perds ici un peu l'attention de mon lectorat, donc on va prendre un exemple concret:

Hop.
Vous pensez ne voir qu'un bête cheval marron/noir (il y a un mot en français pour ça d'ailleurs), alors qu'en fait ce n'est pas un cheval mais un -accrochez-vous- coëoлoн: un canasson de cinq ans. Allez donc me catégoriser ça, tiens. Et tant que vous y êtes, demandez-vous s'il ne serait pas pertinent de remplacer la catégorie Nil bleu par Nil vert ou noir, vu qu'une floppée de langues n'ont pas cette nuance1.

On aura bien compris que les langues étrangères c'est compliqué, et que parfois les étrangers savent des trucs que nous on ne sait pas2. L'étranger qui veut contribuer, puisque la mode c'est de chercher les contributeurs hors du monde occidental, est du coup confronté doublement à la barrière de la langue: non seulement il ne parle peut-être pas celle qu'il faut, mais en plus celle-ci ne décrit pas le monde de manière correcte.

Les catégories, c'est vraiment pourri.

Hors, puisqu'on en est à mettre de l'argent pour bricoler MediaWiki pour les non-romanisés, je me demande combien ça couterait de mettre en place (i) un système d'étiquettes (tags) plutôt que de catégories; et (ii) conjoitement mais au pire tout seul, de faire en sorte qu'on puisse catégoriser dans la langue de son choix. Le système reconnaît déjà ma langue de prédilection quand je me connecte (la plupart des cadres sont en français), il ne devrait donc pas être trop dur de me donner par défaut les catégories dans ma langue, et si elles sont absentes celles de la lingua franca de service. A charge pour moi de traduire au plus près.

C'est une question légitime, non?


1. Ce qui est fou quand on y pense. Ca me rappelle quand j'étais à l'école et essayais de me représenter la valeur de i, nombre "imaginaire". Idem pour les sinus et cosinus: autant vous dire que je n'ai jamais vraiment brillé en maths.
2. Par contre je me suis laissé dire que les eskimos n'avaient pas 50 mots pour la neige comme on le prétend souvent.

lundi 19 décembre 2011

Open Data Monument Mashup

C'est le projet français du jour: l'essentiel est à lire sur antidot, mais en gros il s'est agit pour un petit malin de:
  1. Prendre la liste des monuments historiques mise en ligne sur opendata, site du gouvernment français; faire pareil avec les gares SNCF;
  2. Prendre les photos de monuments historiques, notamment collectées lors du récent Wiki loves monuments (12500+), avec leur description;
  3. Géolocaliser ce qui ne l'était pas, grâce à Yahoo et Open Street Map, notamment;
  4. Bien mélanger.
et hop, on se retrouve avec un outil assez pratique pour savoir quel monument (ou quel type, ou de quelle époque) se trouve où (et réciproquement):

Des fois que vous alliez vous perdre dans le Finistère pour les fêtes.
Tout ça par une seule personne en quatre jours. C'est sobre, facile à naviguer, potentiellement utile et mieux fait que chacune des sources prises individuellement: et ça se trouve ici

lundi 14 novembre 2011

Les gagnants WLM Suisse

Et puisque le message précédent parle du concours Wiki Loves Monument dans sa version hélvète, voici les gagnants récompensés ce dimanche:

Le premier prix:
Rotonde pour locomotives à la gare d'Uster (ZH)

Le deuxième prix:

Détail d'une chaise du choeur de l'Église de Burgdorf (BE)

Et le troisième:

Musée Ariana (GE)
Tout cela bien sûr en CC-by-SA, il suffit de cliquer sur les images pour avoir les détails. Il y aura eu au total une quinzaine de photos récompensées, mais on va dire que c'est celles-là qui comptent; les autres seront toutefois probablement publiées sur wikilovesmonuments.eu, site européen, et/ou wikilovesmonuments.ch son pendant suisse.

Le seul truc qui me chagrine un peu au final, c'est qu'il y en aura eu pas mal d'autres vraiment très bien et qui n'auront rien gagné - ce serait dommage de les laisser tomber dans le relatif anonymat de Commons: il faudra penser à faire un lot de propositions d'images de qualité (ou quel que soit le lable local) à l'occasion.

mardi 27 septembre 2011

Paris by day

On n'en parle pas assez, ou pas beaucoup, mais pourtant il y a une prise de décision (PdD) wikipédienne qui se prépare et qui me paraît intéressante: celle sur la remise en cause de l'exception au droit d'auteur pour les bâtiments récents

A l'origine du débat se trouve le fait qu'on prend des photos de bâtiments récents et que dans certains pays, on n'a pas le droit. La liberté de panorama, en France notamment, ça n'existe pas. Là où ça devient un peu tordu, c'est que cela concerne les bâtiments récents, mais également les modifications récentes de bâtiments anciens. Concrêtement, sur Commons:

Ca on peut....
...mais ça on ne peut pas.
La deuxième image Le deuxième objet, qui ressemble fichtrement au premier mais en bleu, est considéré comme une oeuvre d'art de par son éclairage spécifique: il est d'après la loi française sous copyright indépendamment du support, et donc on ne peut pas en copier la photo ou la distribuer à l'envi1. C'est balot mais, de fait, si l'on va sur les diverses catégories liées à la Tour Eiffel, on n'en trouve pas de nuit. Dura lex, sed lex. Des petits malins passent cependant régulièrement entre les mailles du filet, que ce soit sur Commons ou directement sur la Wikipédia francophone (où il est possible d'importer localement des fichiers).

La politique de la Fondation, nous dit-on, est d'avoir des images à la fois en conformité avec le droit US (assez libéral) et national (souvent moins). C'est un choix qu'on peut discuter à loisir, mais il faut faire avec: le piège, c'est qu'effectivement personne ne sera assez fou pour aller chercher noises à Wikipédia (mauvaise presse et tout), mais Commons se voulant une banque de médias réutilisables et certaines photos étant d'une qualité quasi-professionnelle, on peut légitimement s'attendre à en voir certaines apparaîtres sur des cartes postales ou albums commerciaux: Wikipédia n'est pas qu'un jouet pour Wikipédiens, on l'oublie trop souvent, et il faut donc penser assez large.

Le problème est relativement circonscrit et identifiable: on pourrait donc penser que 1) il n'y a pas vraiment de décision à prendre parce qu'il s'agit d'une politique de la Fondation (et ce sont eux qui paient pour le jouet, aux dernières nouvelles); et 2) au final la question devrait pouvoir se résumer à un simple oui/non.

Sauf qu'on est sur Wikipédia, et qu'une PdD sans discussions et argumentaires à rallonge2 n'est pas une PdD qui se respecte. On a même contacté la Fondation pour demander s'il n'y avait pas moyen d'avoir une exception à l'interdiction d'exception, au moins pour le contenu encyclopédique. Réponse de Moscou la WMF: niet.

Il me semble qu'après deux mois on soit dès lors assez bien partis pour avoir une question relativement simple, du style "Est-ce qu'on s'asseoit sur la loi française/belge/camerounaise, ou pas?". 

Je crois qu'on aura des surprises parmi certaines réponses.



1. Y compris sur le présent blog, mais il faut bien dire de quoi on parle.
2. Quoi que de bonne tenue, c'est assez rare pour être souligné.

lundi 26 septembre 2011

Bref.

J'ai décidé de prendre des photos de monuments historiques pour Wikimédia Loves Monument. C'était le dernier week-end pour le faire, la météo était bonne. J'étais invité à la pendaison de crémaillère d'une fille avec qui je sors depuis trois semaines: je lui ai dit vendredi matin que j'étais à l'étranger jusque mardi. C'était pourtant en pleine fête des vendanges de Neuchatel, où 100'000 personnes au bas mot se prennent une mine à l'oeil-de-perdrix1. J'ai hésité mais je suis resté fort, et sobre (et probablement célibataire), et je suis allé faire des photos.

Et pourtant, quelle ambiance!

Je me suis fait un petit plan, et je suis parti. Première étape, une maison de Maître. Facile. Sauf que c'est fermé. Je n'avais pas pensé que le week-end les propriétaires ne sont pas forcément chez eux.

Heureusement, il y a un gardien. Qui me dit que les propriétaires ne sont pas chez eux. Et que je ne peux pas rentrer.

Je lui demande s'il peut prendre une photo pour moi. 

Il me dit que non.

J'attends qu'il parte, et j'en prends une à travers les grilles:

Discret et simple à la fois.
Je me dis que ça ira. Je continue sur Morges, où la grand-rue me promet non pas un mais DEUX bâtiments, dont l'un est habilement répertorié sous le nom de "bâtiment".

J'arrive, je trouve un beau bâtiment:
Le ciel est surexposé pour mieux s'intégrer au blog.
En fait c'était pas le bon, c'était au numéro 75, pas classé. Le 72, qui en plus est l'"Ancienne auberge de la Croix-blanche", il était en face et ressemble à ça:
Et là je me dis que j'ai quitté une femme pour une crêperie.
Je vérifie le numéro, mais non c'est le bon. Je prends donc une photo de la crêperie-ancienne-auberge-de-la-Croix-blanche, sise au 72, et je me dirige vers le "bâtiment", au 54.

J'arrive devant le bâtiment, et je vois ça pendu au mur:


Je vérifie le numéro, mais non la Croix-blanche c'est l'autre, celui qui n'en n'a pas. Je me dis qu'ils sont bizarres les gens des monuments suisses, et je prends ma photo.

Je continue le long du lac, vers une maison Campagne2. Le portail est fermé, personne ne répond à l'interphone, la maison est au fond d'un parc, en bord de lac. Je suis malin (et informé), il y a en Suisse un droit de passage le long des berges.
Cherchez la berge.
Les proprios y ont laissé pousser des ronces. Salauds de riches. 

Je fais 50m un pied dans l'eau, un dans les ronces, et je prends une photo:

Aussi inimpressionante en vrai qu'en photo.

Je mets le cap sur Gland3.

J'arrive à Gland. Je trouve la maison, qui coup de bol n'a pas de grilles. Sauf qu'elle est basse et bizarrement agencée, elle doit être plus jolie vue de devant.

Je frappe à la porte. 

On m'ouvre.

Je souris.

La dame me sourit.

Je lui sors mon laïus monument-historique-machin-blabla-wikipédia-siouplé-photo.

Elle me dit: il faudrait demander à Monsieur Müller.

Je lui demande où est Monsieur Müller.

Elle me dit qu'il est à Monaco. 

Tout le temps?

Tout le temps.

En Suisse, les riches vont à Monaco, et laissent une gardienne roumaine pour surveiller les meubles. Logique.

Je la remercie, je fais demi-tour, et je la dénonce au bureau des étrangers m'infiltre chez les voisins pour passer à nouveau sur la berge.

La berge est 4m en contrebas, on voit rien. Du coup je glisse la main (et la caméra) à travers la haie mitoyenne, et je prends une photo:

Salauds de riches.
Bref. Là je me dis que j'ai fini ma journée. Et que la photo, c'est clairement un talent4.



1. J'ai travaillé un temps là-bas: le lundi qui suit est le seul de l'année où 40% de l'effectif pose une journée de vacances pour soigner sa gueule de bois.
2. Apparemment c'est comme ça qu'on disait.
3. Dont les habitants sont des... glandois.
4. VÉRIDIQUE: en chargeant mes photos sur Commons je me suis aperçu que c'était pas celle au milieu des ronces qui était classée, mais celle de l'autre côté de la route, au sec.

vendredi 23 septembre 2011

Beaucoup

Ok, je ne suis pas très doué en maths, il va falloir que quelqu'un m'essplique. Quand je lis:


Est-ce que ça veut dire qu'il y a eu plus de 88'000 photos de monuments historiques déposées depuis 3 semaines pour Wiki Loves Monuments?

Vous me pardonnerez l'expression, mais fichtre1. Ca fait beaucoup. Mon 0.8% des fichiers suisses devient un maigre 0.05% de l'Europe, et ça, ça fait pas beaucoup. La quantité n'est pas la qualité, certes, mais on est bien partis pour dépasser les 100'000, il me semble.

Heureusement que Wikipédia va mourir, parce que sinon je ne sais pas comment on pourrait gérer.

La bonne nouvelle, c'est qu'on annonce beau ce week-end (et que WP ne va pas mourir). Je vous engage donc à visiter ce site si vous êtes en Suisse, celui-ci si vous êtes en Belgique, et cette page si vous êtes en France2!

Das Strassenschild des Altenbergstegs, comme on dit là-bas.


1. Fun fact: Quand j'ai commencé à rédiger ce billet, le chiffre était 87'500. C'était il y a genre une heure. Fichtre.
2. Désolé pour les Canadiens et autres Africains, vous n'êtes pas invités à la fête :-(

dimanche 4 septembre 2011

Apprenons de nos erreurs

En tout cas des miennes. Si vous passez sur Wikipédia en ce beau mois de septembre, il y a de fortes chances pour que aperceviez le bandeau suivant en haut de page:

Ca ou quelque chose dans le genre.
Wiki Loves Monuments, rappelons-le, est ce concours européen qui vise à encourager les masses tout aussi européennes à photographier les monuments historiques (MH) qu'ils voient, et à partager le résultat sur Wikimedia Commons pour que tout le monde puisse en profiter.

Chaque association nationale gère un peu l'affaire (communication, listes) comme elle l'entend, et jusque là tout va bien. Je sais par exemple qu'au niveau suisse le métrique du succès ne sera pas pas tant le nombre de photos que le taux de couverture finale des divers cantons et, bonus, le nombre de nouveaux comptes utilisateurs créés pour l'occasion.

Toujours est-il que si vous êtes un lecteur assidu de ce blog, vous vous souviendrez qu'en avril dernier je me décidais justement à explorer la Suisse et à profiter d'un outil dont je ne dirais jamais assez de bienet qui permet de repérer sur une carte quels monuments se trouvent où:

Au hasard: en Appenzell Rhodes-Extérieures. Pour le Canton de Vaud, c'est un brin plus dense.
C'est fou ce que ça facilite la vie, et je mets donc le cap sur Schaffhouse, que je ne connaissais pas mais dont le nom m'amuse énormément. Je ne verrai évidemment pas que ça, mais c'est au final l'endroit que j'aurais le plus mitraillé pour une simple raison de densité. C'est là qu'arrive le partage d'expérience.

1. Prévoyez à l'avance votre trajet, et une fois que c'est fait prévoyez-en une version réduite. Même quand c'est dense, les MH sont rarement côte-à-côte et il faut marcher, se garer, etc.. Plutôt que de vous faire une grande liste que vous ne couvrirez jamais, ce qui vous forcerait éventuellement à revenir, visez humble mais visez juste.

2. Si vous avez un GPS, prenez-le. Les MH sont assez rarement indiqués comme tels, bizarrement (en tout cas en Suisse). L'outil de WM CH permet par exemple d'exporter un fichier de coordonnées KML, et un tutoriel est disponible ici (je me suis contenté de rentrer les adresses dans mon smartphone): profitez au maximum de la technologie.

3. N'hésitez pas à demander: aux indigènes si vous n'êtes pas sûrs d'être au bon endroit (il existe de tous petits MH, ou bien ils sont intégrés à une plus grosse structure, genre une malheureuse colonne romaine dans un cimetière), ou aux voisins si vous voulez une meilleure vue (ou que le bâtiment / le parc est fermé ou un peu caché). Les gens sont plutôt réceptifs, au moins à l'idée de prendre la photo depuis leur jardin ou de vous indiquer d'où on aura un meilleur point de vue.

4. Prenez des notes! Si vous ne téléchargez pas vos photos rapidement, vous oublierez ce que vous avez dans vos fichiers. Résultat garanti (et vécu). Vu que sur le numérique la place est quasi-illimitée, une bonne technique que j'ai trouvée consiste à prendre juste avant ou dans la foulée une photo de plaque, de nom de rue, ou de n'importe quel élément écrit qui permettra par la suite de resituer le lieu. C'est bête à dire, mais ce qui sur le coup vous paraîtra unique le sera bien moins quelques jours et quelques dizaines de clichés plus tard.

C'est joli mais on ne sait pas ce que c'est.
Maintenant on le sait!
Bref, la chasse aux monuments est très honnêtement une bonne manière de passer un après-midi sympa, même si comme moi vous n'êtes pas branchés vieilles pierres: le côté jeu de piste est en fait assez ludique.

Sur ces bonnes paroles, bonne chasse!



1. En tout cas en public ;-)

mercredi 3 août 2011

Exponentiel

Aventicum.
Vous vous souvenez quand il y a trois jours j'indiquais qu'on avait déjà plus de 600 soumissions pour l'édition suisse de Wiki Loves Monuments?

Eh bien on vient de passer aujourd'hui les 1'000 photos de monuments historiques.

Ca promet pour quand on aura droit à l'annonce de haut de page (sitenotice) en septembre.

lundi 1 août 2011

Wikimedia Suisse aime vraiment les monuments suisses

C'est qu'on organise festicabales 2012.
En ce jour de fête nationale suissesur nos monts le soleil annonce un brillant réveil, rien de tel qu'une petite mise à jour à propos de Wiki Loves Monuments (WLM), qui vise à encourager, par le biais d'un concours, la photographie des monuments historiques européens et leur ajout sur Wikimedia Commons

WLM se tiendra en septembre pour tout le monde sauf en Suisse, justement, où pour l'occasion on a sorti l'artillerie lourde: l'affaire tourne depuis le 1er juillet dernier, via en particulier ce très bon site1 censé aider les compétiteurs dans leur quête.

Et ça marche: après un mois d'activité ce sont déjà près de 600+ photos présentées par 80+ personnes dans 16 cantons, et on a parlé de WLM un peu partout: dans la presse écrite bien sûr, mais aussi sur les sites de la Confédération, à la FNAC et à la Télé.

Hopp Schwiiz nous autres, comme qui dirait.

Francophones d'Europe, vous pouvez vous aussi vous mettre dans les starting-blocks pour septembre en vous renseignant ici (be) ou  (fr)!


1. Il y a un qui aura mis les mains dans le cambouis et travaillé dur, et il s'appelle Nicolas Ray: merci à lui pour la mise en place.

lundi 11 juillet 2011

La technologie tue l'artisan

...et quand l'artisan est aussi mauvais en photographie que moi, c'est plutôt une bonne nouvelle. J'ai récemment découvert une application pour smartphone nommée DerManDar. En un mot, celle-ci permet de créer des photos panoramiques. Deuxième point positif: elle est gratuite.

J'essplique. Ou plutôt, je montre:
Quand les deux symboles en haut de l'écran s'emboîtent, une nouvelle image est capturée.
Si vous n'avez pas de trépied et avez essayé de prendre une jolie vue sur plusieurs plan pour les recoller avec Paint (pour les pauvres) ou Photoshop (pour les riches), vous savez que c'est la galère. Désormais, c'est un souci qui appartient au passé: contentez-vous de tenir votre téléphone à la verticale, l'application vous dit où viser et prend une photo dès que les deux morceaux du cercle s'emboîtent. Elle s'occupe ensuite du traitement toute seule comme une grande quand vous en avez marre de tourner sur vous-même.

Et en quelques secondes, vous vous retrouvez avec ça:

Épesses, dans le Lavaux, en toute simplicité et à 180° (cliquez pour agrandir).
Bizarrement le bouzin ne prend pas avec une résolution maximale, mais on ne va pas faire la fine bouche: c'est facile, ça en jette, et ça rend plutôt bien dans un article par ailleurs indigent.

En vérité je vous le dis, dans cinq ans et au rythme où vont les choses, les appareils photo compacts auront subit le même sort que les argentiques.

lundi 27 juin 2011

La preuve par l'image

Si après ça on me soutient que tout n'est pas déjà sur Commons...

A gauche: Popo le Chien, juin 2011. A droite: utilisateur:He-ba-mue, juillet 2005.
La rivière Orkhon mesure 1124 km. Je le jure, il n'y a pas une yourte à 10 km et la première ville était à 1 heure de route - on s'est arrêtés pour des besoins physiologiques et je me suis dit "profitons-en, si ça se trouve c'est tellement paumé ici que personne n'y a pensé".

Bon, la mienne est moins jolie (forcément), mais au moins il y a de l'herbe.

Comme quoi mettre ses photos de vacances sur Commons pour illustrer des articles, c'était possible en 2005. A l'inverse, il faut désormais réfléchir et trouver ce qui n'y est pas.

mercredi 18 mai 2011

Énoncé

Sachant:
Monet - Le jardin de l'artiste à Giverny.
- que l'Université Yale vient d'annoncer la mise à disposition en ligne de 250'000 images libres de droit et directement issues de ses fonds;
- que Wikimedia Commons vise à herberger un maximum d'images libres de droits;
- que le coût d'hébergement est minimal, et que le partage d'informations (ou d'images) multiplie leur disponibilité plus qu'elle ne la déplace (car duplication n'est pas cession).

Saurez-vous répondre à la question
- Combien de temps faudra-t-il avant l'annonce d'un partenariat ou la mise en place d'un bot pour importer le fonds de Yale sur les serveurs de la Fondation?

Pour l'anecdote, le service de Yale s'appelle Digital Commons. On dirait que l'assimilation a déjà commencé.

mardi 26 avril 2011

Essai de géolocalisation

Préambule : ce billet parle de géolocalisation et est très helvétocentré (voire genevocentré) mais je pense que les conclusions/problématiques soulevées voire les enseignements peuvent s'appliquer ailleurs.

J'ai déjà écrit ici tout le bien que je pensais de la géolocalisation sur les projets Wikimedia. C'est évident que c'est l'avenir. En attendant, c'est surtout un chemin de croix.

Comme l'a indiqué Ludo ici, avec commonist et le geolocator, la tâche est un peu plus aisée. Lorsque j'ai sérieusement commencé à mettre mes clichés sur Commons, les pages d'aide insistaient sur l'utilisation du modèle {{location}} en soulignant qu'il s'agit de la géolocalisation de l'appareil photo1 (et qu'accessoirement indiquer l'angle de photographie, c'est encore mieux). Du coup, je m'escrimais à changer les coordonnées du modèle quand je « tournais » autour d'une église, mairie ou autre. C'est sans doute plus précis mais je me dis qu'on se rapproche du calcul d'anges sur une tête d'épingle. Bien plus tard, Ludo (encore lui) m'a indiqué qu'il existe un modèle utilisé pour la localisation de l'objet photographié, il s'agit de {{Object location dec}}. Du coup, j'ai décidé de ne pas être plus royaliste que le roi et je me contente de ce modèle là dans l'immense majorité des cas.

Il me reste quelques questions pratiques sur l'usage de la localisation en degrés ou en décimales (l'un ou l'autre, on s'en fout ?) ou sur le degré de précision à insérer. En effet, il m'arrive de ne plus me souvenir où était exactement l'église banale de ce village paumé et internet m'aide peu à ce sujet. Alors, je peux être sûr à cinquante mètres près de l'endroit en me rappelant vaguement la route prise mais des fois, je ne peux pas être plus précis que cela. Je me dis que c'est assez précis pour être utile, assez pour indiquer cette géolocalisation indicative plutôt que de la laisser vide. J'espère juste que personne ne prendra la localisation de mon téléversement comme parole d'évangile2 pour sourcer des informations, demain ou dans cent ans.

Hier, je vois qu'il fait beau et après avoir entrainé mon corps d'athlète à dépasser ce mois-ci encore les cent kilomètres en course à pied, je m'en vais utiliser l'outil de Myst pour voir ce que je pourrais prendre comme photos sur la rive gauche3. Aucun souci, je trouve quelques éléments géolocalisés et en manque de photographies sur fr:wikipedia4.

Avant de partir, j'ai l'idée saugrenue de regarder si les articles dans le coin sont bien géolocalisés (si ce n'était pas le cas, ils échapperaient à l'outil). J'en teste une demi-douzaine, ils ont tous des coordonnées (on a des maniaques qui travaillent sur les articles suisses, cela aide) mais là je trouve un autre « souci » : je n'avais pas imaginé que Plaine de Plainpalais manquait d'illustrations. L'outil de Myst fait bien son boulot, l'article n'est pas signalé vu qu'il y a des images, j'ai regardé « manuellement » l'article en français. Et à mon avis, il y a un manque. J'essplique : cette plaine est une immense place très fréquentée et je pensais que l'article regorgeait déjà de photos de touristes5. Surprise, l'article a, comme illustrations, un plan de 1730, un dessin de joueurs de cricket de 1817 et moult images (dont un plan) sur « Neons », un projet d'art public et contemporain in situ. Rien sur la place telle qu'elle est et qu'on la voit maintenant. Idem sur Commons, j'ai cherché6.

Je pars donc faire des photos et la récolte se passe bien. Je profite du fait d'avoir un droit de panorama pour mitrailler les sculptures du Parc de Malagnou. J'ai un léger souci avec la Comédie car je suis à contre-jour, donc je me débrouille comme je peux, revenant plus tard pour que le soleil soit en position un peu plus favorable. J'arrive sur la plaine de Plainpalais et je me dis que je vais pouvoir ajouter des photos utiles de la place. Sauf qu'il y a une fête foraine (cela arrive de temps en temps, assez fréquemment d'ailleurs) donc impossible de donner une bonne vue de ce qu'est la place en temps « normal ». Tant pis, je photographie les extrêmités nord et sud, pour le reste, je reviendrai7.

De retour chez moi, je télécharge mes photos illico8, puis les trie et les téléverse sur Commons ({{Object location dec}} je t'aime car tu me permets de mettre le même endroit pour le même article) en créant les catégories qui vont bien. J'en profite aussi pour illustrer les articles francophones ainsi « affectés ». Je note ce matin que l'outil de Myst n'a pas pris en compte la mise à jour, j'ignore quand il actualise les données.
Pas de chocolat ni de papier d'alu....

On n'échappe jamais vraiment à son destin ; en me baladant (merci Google maps) je suis tombé sur le consulat d’Égypte. Mektoub !

1. Mais sur Wikipédia, il faut utiliser les coordonnées du sujet de l'article, attention ! Quand je photographie une mairie à 20 mètres de moi, je trouve ça un peu poussé. Pour le sommet en face de moi mais à 10 km, là je comprends.
2. Je mets en commentaire de résumé le fait que je ne suis pas à 100% sûr de l'endroit
3. Du Lac de Genève, bien entendu. Wher'else?
4. Je suis aussi allé voir brièvement sur Commons, juste pour être sûr. Autant, je peux concevoir comment l'outil peut aller comparer avec d'autres langues de Wikipédia, autant pour Commons, cela paraît très difficile (et pourtant ce serait très pratique).
5. Pas comme le ministère des tapis en somme
6. Ou sinon c'est mal rangé mais alors ce serait vraiment étonnant ^^
7. Je dois avoir sur mon disque dur des photos de l'endroit lors de l'Euro 2008 par exemple, cela pourrait être intéressant
8. Pour deux raisons. Déjà j'évite de repousser cela aux calendes grecques et puis c'est plus facile de se rappeler ce qu'on a pris en photo quand on vient de le faire que deux mois après.

jeudi 21 avril 2011

Wikimedia Suisse aime les monuments suisses

Vous l'ignorez peut-être, mais en Suisse et dans beaucoup d'autres pays, pour Pâques, ce sont à la fois le vendredi et le lundi qui sont fériés.

J'avais d'abord songé à jeûner, puis à me gaver d'agneau mais, devant ce magnifique printemps et la perspective d'avoir quatre jours de congés, j'ai décidé d'opter pour le plan B: j'enfourche ma  mötö et je pars mettre un pied dans chacun des 26 cantons suisses, variante intéressante et touristique du problème du voyageur de commerce. Il est un jour dans la vie d'un homme où l'on ne peut simplement plus résister à l'appel de noms aussi terriblement exotiques que Schaffhouse, Porrentruy et Appenzell Rhodes-Extérieures. Ce jour-là est arrivé pour moi.

Mais jusque là vous vous en moquez et vous avez bien raison.

Là où tout cela devient intéressant, c'est que cet été plusieurs associations Wikimedia vont lancer une initiative à l'échelle européenne intitulée "Wiki loves monuments". Pour faire court, il s'agit d'attirer l'attention des gens sur le fait que si on a désormais dix millions de documents sur la médiathèque Commons, une fois fait le tri des chats et autres images pas forcément utiles on se retrouve bizarrement avec assez peu de photos de monuments historiques.

C'est balot, et je ne pensais pas qu'un jour ce constat viendrait de moi.

Arrive Wikimedia Suisse (CH pour les intimes), qui a décidé d'être un peu plus organisée que la moyenne et d'en faire un concours basé, histoire d'être helvétiquement efficaces, sur la liste des monuments d'importance nationale tels que définis par le département fédéral de la culture. Ledit concours n'est pas encore ouvert mais se déroulera tout au long de l'été, soutenu notamment par ce site, qui a la bonne idée de localiser chacun des monuments sus-cités sur une carte du canton pertinent. En gros, si cet été vous décidez d'aller rendre visite à vos amis près de Gland1, dans le rupestre canton de Vaud, vous pourriez vous saisir de cette carte:


Ou télécharger les données KML pour les transférer sur votre GPS2. C'est quand même bien fait, et on rendra à César ce que Nicolas Ray et Ludo ont fait, car c'est un sacré bon boulot.

Donc voilà. Je pars (mal) mitrailler ce qui me tombera sous la main. Ce sera trop tôt pour gagner la Ferrari mise en jeu, mais ça n'est pas grave non plus. En attendant, je vous souhaite un bon week-end pascal.



1. Pour ceux que ça intéresserait, Gland (VD) est à quelques kilomètres du Fion (74).
2. Ne me demandez pas comment, je n'ai pas de GPS. La bonne nouvelle, c'est que j'ouïs dire qu'un tutoriel sur le sujet est toutefois disponible. 

mardi 19 avril 2011

Plus c'est gros plus c'est beau


Il fait vraiment de meilleures photos votre appareil ?

Voilà une question que l'on me pose régulièrement en marge d'une manifestation sportive ou lors de toute autre occasion me permettant d'exhiber, dans une indécence rare, mon phallique téléobjectif 300 mm f/2.8. Curieusement, on me la pose nettement moins souvent à un mariage ou un concert à propos de mon 50 mm f/1.4 et pourtant, c'est tout aussi fondamental. Je pourrais répondre que ce n'est pas le matériel qui compte mais ce serait mentir et oublier que les photographes, avec leurs discussions sans fin sur la supériorité de telle marque, boîtier ou optique, sont les premiers responsables du raccourci voulant qu'un bon appareil fasse de belles photos. Le présent billet traitera donc du matériel photo et tentera de répondre à la double question "Dois-je changer d'appareil? Si oui, lequel acheter?"




Qu'est-ce qu'un bon appareil photo ?

La photo à 10'000 balles (francs suisses ou euros, c'est bientôt pareil).
Je vous le donne en mille: un bon appareil photo fait correctement ce que vous lui demandez de faire.

D'un point de vue purement technique, plus les conditions de lumière sont favorables et le sujet fixe, moins la nécessité d'avoir du matériel haut de gamme se fera sentir. Si vous ne faites que de la photo en extérieur par beau temps, que vous n'avez pas l'intention de diversifier votre pratique et que vous êtes satisfait des images délivrées par votre compact, n'en changez pas.

Les choses se compliquent avec la photo en basse lumière (musée) et/ou sujets qui gigotent (concert, sport d'intérieur ou de nuit). C'est dans ces conditions que les compacts trouvent leurs limites: équipés d'un plus petit capteur, leurs photos sont plus bruitées que celles d'un reflex à sensibilité et définition égale; l'ouverture maximale de leurs objectifs est souvent faible, ce qui permet de faire entrer moins de lumière à la fois et oblige à des temps de pose plus longs (d'où un risque de flou, surtout si le sujet est en mouvement); enfin, même si de gros progrès ont été réalisés ces dernières années, ils conservent une latence au déclenchement qui peut faire rater une action décisive.

Pour savoir si vous avez un réel intérêt à changer d'appareil photo, il faut donc vous demander si un autre boîtier remplirait mieux les missions que vous comptez lui confier, dans une mesure qui corresponde aux prix que vous allez y mettre.

Là, vous avez l'embarras du choix et la seule personne à pouvoir répondre à cette question, c'est vous. La dichotomie "compact pour bobonne et les enfants vs. reflex pour les gens sérieux", si elle fût jamais valable, est révolue et le meilleur n'est pas forcément le plus cher. Je vais donc faire le tour des avantages et inconvénients de chaque famille.

Un petit recadrage (hu hu hu) avant de commencer. La moindre croûte embarque aujourd'hui une quantité d'électronique qui pourrait faire croire que le traitement du signal permet de tout résoudre. C'est oublier un certain nombre de limites physiques dont on ne s'est toujours pas affranchi, parmi lesquelles:
  • La taille du capteur. Je ne parle pas ici du nombre de millions de pixels, mais de ses dimensions physiques. À définition égale, les photosites d'un grand capteurs sont plus gros et le bruit sera moindre. Voir à ce sujet cet excellent article de Mr Jastow. Cette donnée a également une influence apparente sur la profondeur de champ.
  • Le diaphragme. Son ouverture se définit relativement à la distance focale: un diaphragme ouvert à f/2.8 a un diamètre égal à la distance focale divisée par 2,8. Un téléobjectif à grande ouverture aura donc fatalement un diamètre (et donc un volume et un poids) conséquent.
Téléphone portable
Je ne ris pas. Couplé à une connexion 3G, sa réactivité n'a pas d'égal. Côté désavantages, l'objectif est de piètre qualité et mal ou pas protégé contre la crasse et les rayures.

Appareil photo compact
L'offre est pléthorique et même les appareils d'entrée de gamme donnent des résultats très honorables lorsque les conditions lumineuses sont bonnes. Ils forment un bon complément à un boîtier plus volumineux, on peut les balader partout pour saisir des instantanés et expérimenter des pratiques risquées.


Vie et spontanéité
Le choix sera un peu plus compliqué pour ceux qui désirent un compact comme boîtier principal y compris pour des photos d'intérieur (conférences ou musées par exemple). Ils auront avantage à chercher un modèle qui autorise un certain nombre de réglages manuels (ouverture du diaphragme et vitesse d'obturation) et dont le diaphragme conserve une ouverture correcte en longue focale. Les dimensions physiques du capteur permettent de se faire une idée du bruit en haute sensibilité.


Ce format a eu son heure de gloire au milieu des années 2000, lorsque le prix des réflex numériques était prohibitif. Les bridges sont équipés d'un capteur un peu plus grand que la plupart des compacts et d'un zoom non interchangeable, ce qui les rend peu sensibles à la poussière. La présence de réglages manuels directement sur le boîtier en fait de bons appareils d'initiation. Pratiquement aussi encombrants que les plus petits reflex, ils sont toutefois moins polyvalents et celui qui prend goût à la photo se sentira vite limité dans sa créativité.

Compact à objectifs interchangeables
Contrairement aux autres familles, seules trois marques sont actuellement présentes sur ce marché qui avait disparu au début des années 1980. Olympus et Panasonic l'ont remis au goût du jour avec le système Micro 4/3, puis Sony a lancé une gamme concurrente (la gamme NEX) équipée d'un capteur plus grand, identique à ceux équipant la plupart des boîtiers reflex hormis les plein format.

Ces appareils sont un peu plus lourds et encombrants que les compacts mais moins que les reflex tout en offrant une grande qualité d'image même en basse lumière (surtout les Sony, aussi bien équipés que les reflex à ce niveau). Ils ont en plus l'avantage de la discrétion. Ils conviennent bien au reporter de rue et au voyageur sac à dos.

Appareil photo reflex
Prêt pour le grand saut?
C'est encore le format le plus répandu et ce n'est pas pour rien. À part sur certains modèles très simplifiés, la plupart des réglages peuvent être définis manuellement directement sur le boîtier. La taille de leurs capteurs, de 24 à 36 mm de côté, permet une grande qualité d'image même dans de mauvaises conditions. La gamme d'objectifs disponibles permet de couvrir la quasi totalité des pratiques et sujets et l'obturateur mécanique reste (mais jusqu'à quand?) plus réactif que l'obturateur électronique des autres familles. Les modèles d'entrée de gamme offrent un bon rapport qualité-prix et le marché de l'occasion est bien fourni.


Lumière pourrie et sujet agité ne vous empêcheront
 plus d'en mettre plein la tronche à belle-maman.
Les inconvénients sont à l'échelle des points forts: lourds, encombrants, ils sont un frein certain à la spontanéité. La pléthore d'accessoires disponibles rend par ailleurs le choix difficile pour les débutants qui n'ont pas encore bien cerné leurs aspirations.

Un mot à ce sujet: à tort ou à raison, l'acquisition d'un reflex passe pour la conséquence classique d'une pratique assidue de la photographie. Le risque est alors grand de se lancer dans une course à l'armement et d'acquérir des objectifs ou accessoires qui s'avéreront mal adaptés à ce que vous voulez faire. Pour cette raison, je conseille généralement de s'en tenir à un boîtier d'entrée de gamme et un ou deux objectifs en kit, le temps de cerner vos envies: paysage (oh, le beau 20 mm f/2.8), concert (focale fixe à très grande ouverture), sport (70-200 mm f/2.8), portrait (85 et 135 mm), reportage de rue (35 et 50 mm) BIF1 (70-400 mm f/4-5.6), macro (100 mm macro)2.



1 Bird In Flight
2 Je signale à ce sujet que toutes les espèces d'insectes en phase de copulation intra- et interespèce sont déjà représentées (et labellisées) sur Commons.

jeudi 24 mars 2011

Emile Ajar

Conséquence (in)attendue du téléversement de photos sur Commons, celles-ci sont réutilisées ailleurs que sur les projets Wikimédia. Un cliché tout récemment commis par moi-même a eu les honneurs de la version en ligne de Marianne, hebdomadaire français d'actualité politique:

Légende de la photo: "Wikimedia Commons - Popo le Chien - cc".

Dans cette tribune, Elie Arié s'en prend aux néoconservateurs et à ceux qui, à la lumière des récents évènements au proche et Moyen-Orient, voudraient voir leur retour en grâce. Grand bien lui fasse, moi de toute façon je suis néoréaliste tendance constructiviste. Le problème que j'ai avec son papier, et qui n'est d'ailleurs pas vraiment un problème, c'est que Monsieur Arié me crédite très gentiment comme auteur de la photo: la légende indique clairement "Wikimedia Commons - Popo le Chien - cc".

Sauf que mes contributions sous Commons (et sur Wikipédia) ne sont pas sous licence libre: je les place dans le domaine public (c'est marqué un peu partout, à commencer par la page où se trouve la photo). Pas besoin, en clair, de me créditer: je n'ai d'une part pas ce besoin de gloire et, surtout, je me dis que devoir créditer "Popo le Chien" ne sonne vraiment pas très sérieux et nuira probablement à la réutilisation du rare contenu d'intérêt que je pourrais produire. Ca pourrait changer si je m'investissais réellement, mais ce n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour.

Au final, M.Arié a donc voulu bien faire, et même s'il y a un net progrès par rapport à la presse qui copie Wikipédia sans la créditer ou met un copyright là où il n'y en a pas, ce n'est pas encore ça. Merci quand même à lui.

Je vois au moins deux morales à tirer de cet épisode:
  1. On ne sait jamais où finira notre contribution wikipédienne;
  2. Le problème des licences est compliqué pour ceux qui ne fréquentent pas les projets Wikimedia (voire pour tout le monde), et ça ne changera pas avant un bon moment encore.
La conclusion pratique, c'est que désormais mes contributions sous Commons seront probablement toujours téléversées sous un pseudonyme, mais que celui-ci aura une apparence plus bénigne. S'appeler Jean Dupont, c'est bien aussi.

UPDATE: Décidément je suis à la mode, j'avoue en avoir sursauté en lisant cet article du Nouvel Économiste. Le premier constat de Florence / Anthere me paraît plein de bon sens, tellement même que je suis presque certain de l'avoir déjà lu quelque part... :-)

mardi 1 mars 2011

FAQ photo


Comme réclamé depuis quelques temps par notre ami le canidé, je vais vous présenter une petite FAQ pour la photo d'évènements.
  • Quels évènements couvrir ?
De préférence, il faut cibler vos choix sur des manifestations dont vous connaissez un peu la structure et le déroulement. Si des négociations doivent se faire au téléphone ou de visu, une certaine connaissance du cadre peut vous apporter des arguments de négociation. Aux championnats du monde de cyclisme (j'ai fait du cyclisme pendant plusieurs années) le responsable presse de l'UCI me reproche mon bénévolat, je lui réponds que sans les bénévoles qui officient aux bords des routes les courses professionnelles peuvent cesser ; réponse gênée. On a obtenu l'accréditation. Toujours dans cette idée, vous avez l'accord pour couvrir l'évènement, vous ne comprenez rien à ce que le responsable média vous dit, ça ne fait pas pro, vous donnez une mauvaise image. L'année prochaine, ce sera très dur de revenir. Bref, au début, ciblez vos choix sur des trucs que vous connaissez. Vous n'y serez pas comme des éléphants dans des magasins de porcelaines et en plus vous prendrez du plaisir.

  • Par qui faire la demande?
Si c'est votre premier événement, et à plus forte raison si vous ne disposez pas d'une adresse mail en wikimedia.xx, faites une demande au coordinateur photo du chapter dont relève la manifestation visée. Sa communication sera mieux rodée et les organisateurs apprécient le tandem "coordinateur - photographe de terrain", qui donne une touche pro. Quand on touche des structures complexes, il nous arrive de passer l'un pour le chef de l'autre ; je suis le responsable photo de Wikimedia CH, Fanny est notre photographe. Ça donne une hiérarchie, un professionnalisme.
  • A qui faire la demande ?
Faire une demande nécessite un peu de temps et de recherche. Il faut regarder s'informer sur l'évènement, qui l'organisme, quel est le responsable presse/média, si un formulaire de demande est disponible sur le site web, etc.

  • Comment faire la demande ?
En un mot: brièvement. Votre interlocuteur aura très peu de temps à vous consacrer et doit savoir immédiatement qui vous êtes et ce que vous voulez; le reste ne l'intéresse pas. Ne vous étalez pas sur le fonctionnement de Wikipédia, des licences, du libre, des chapters (banissez le terme "association", souvent synonyme de "jeunes branleurs"). Pas que ce ne soit pas intéressant ou que ça doive rester secret, ce n'est juste pas le moment. Ces informations peuvent néanmoins être reportées dans un dossier de presse joint avec chaque demande.
  • On y vient: le dossier de presse
Le dossier de presse est un important outil de communication. À disposition des curieux, il permet de développer (mais toujours brièvement) quelques grandes lignes peu ou pas évoquées dans le corps de la demande. Mais surtout, il contiendra la liste illustrée des événements couverts et partenariats du chapter, ce qui constituera votre carte de visite. Vos interlocuteurs seront beaucoup plus enclins à se passer de votre carte de presse s'ils constatent que plus gros qu'eux vous ont déjà accordé leur confiance.
  • Originalité des médias ?
Une partie de notre argumentation se base sur : Wikipédia n'a pas de photo de ça, on vient donc en faire. D'où l'idée de cibler aussi ses choix sur des trucs pas ou mal illustrés. C'est plus facile de dire qu'on vient créer une photo de telle personne quand justement on a aucune illustration à son sujet.
  • Votre présence est-elle un dû ou un privilège ?
C'est clairement un dû. Il ne faut pas avancer en tentant de demander un privilège qui consiste à vous laisser rentrer faire des photos. Wikipédia est le sixième site le plus consulté au monde. Une photo originale (cf section du dessus) et de bonne qualité sera plus consultée/vue qu'une photo semblable réalisée par le journal local, aussi respectable et intéressant soit-il. Ne soyez pas arrogant, surtout face à une première réponse négative, mais ne donnez surtout pas l'impression de demander une faveur.
  • Le problème de la carte de presse
En France et en Suisse (ailleurs ?), la carte de presse est attribuée aux personnes physiques tirant plus de 50% de leurs revenus de leur activité de presse (journaliste, photographe, etc.). Cette règle, tant qu'elle existera, fait que le photographe wikimédien n'aura jamais de carte de presse, bénévolat oblige. Il faut au maximum tenter d'éluder la chose, ne pas dire pourquoi nous n'en avons pas. J'ai déjà présenté ma carte de visite Wikimedia CH comme carte de presse, c'est passé. Se pose le problème de l'inscription presse on-line, ces formulaires présents sur les sites webs demandent un numéro de carte. Là, il faut jouer franc jeu, expliquer pourquoi on a pas de carte de presse en mettant en avant les pts évoqués plus haut : nos médias feront plus d'audience que tous les petits journaux du coin.
  • Préparation concrète de l'événement
Consulter le site web de l'organisateur de l'événement ou celui des équipes qui vont s'affronter pour récupérer la liste des concurrents ou joueurs présents. Ces informations sont parfois également diffusées dans la presse locale. Attention toutefois aux changements de dernière minute. Des feuilles d'émargement circulent généralement sur place, mettez la main dessus.


Cette FAQ est probablement incomplète. Vos éventuelles questions vont permettre de la compléter.

Ludovic (avec l'aide de Fanny)

lundi 14 février 2011

Opportunisme

Or doncques, j'étais ce week-end au Caire. En Égypte. Ca s'est décidé un peu à la dernière minute, évidemment, mais toujours est-il que samedi à l'aube j'étais à l'aéroport et que je décollais pour voir de près ce dont tout le monde parlait de loin: l'annonce, la veille, de sa démission par Moubarak.

Cela restera, je dois bien le dire, comme l'une des meilleures décisions de mon existence.

Cabale égyptienne
Je pourrais disserter sur bien des choses, à commencer par le fait que cette révolution des balayeurs, comme elle ne sera probablement jamais connue, n'est pas vraiment une Révolution et que le titre de l'article wikipédien, tel qu'il est aujourd'hui, montre que certains mots sont trop appétissants pour ne pas être utilisés, même à tort et à travers1. Si le sujet vous intéresse vous pouvez toutefois aller lire cet article (en anglais) de StratFor qui conceptualise assez bien des trucs que j'ai remarqués sur place: en gros, une révolution de palais kémaliste de type Turquie 1980 plutôt qu'un soulèvement populaire du genre Iran 1979. Fin de la parenthèse géopolitique.

Je n'ai pas la TV: Est-ce que j'ai croisé
un reporter célèbre?
Or doncques, me voici l'un des rares occidentaux présent dans le Caire en liesse: je le sais parce que (1) j'ai guère vu d'autres occidentaux que les journalistes et (2) en arrivant j'ai remarqué que la plus grande partie des vols internationaux étaient annulés (j'ai eu du bol de passer au travers, du coup petite pub pour Swiss, dont le billet ne m'a en plus pas couté grand-chose). On fait la fête, c'est sympa et émouvant, je prends des photos de n'importe quoi, des trucs dont à peine 48h après je ne comprends pas vraiment ce que j'avais remarqué qui méritait d'être fixé pour la postérité. Bref, on se laisse porter par la chouette ambiance.

Et c'est là que me vient ma deuxième inspiration de génie: aller voir les pyramides. Ca tombe bien, c'était sur ma liste de trucs à faire au cas où le monde disparaît en 20122.

J'ai connu Vesoul plus animée.
La chance qu'on a, quand c'est la révolution et que personne n'est dans le coin, c'est justement que personne n'est dans le coin. J'étais ce dimanche matin, aussi incroyable que cela puisse paraître, LE SEUL ET UNIQUE TOURISTE sur le tout le site de Gizeh3.

Maintenant, le truc qu'il faut savoir (et que j'ignorais), c'est qu'en fait il est possible de visiter chaque pyramide, moyennant l'achat d'un billet supplémentaire et dans la limite des 300 places quotidiennes (soit 5 ou 6 bus de retraités sur les centaines qui viennent chaque jour). C'est beaucoup et c'est peu, mais comme ce jour là j'en valais 300 à moi tout seul, j'achète un billet pour la plus grosse et la plus proche. A mon arrivée, le gardien de la grande pyramide de Kheops me dit d'un air un peu désabusé "Normalement les appareils photos sont interdits... mais vas-y, tu peux prendre le tien".

Or doncques, à moins d'être explorateur circa 1910 ou acoquiné avec les autorités archéologiques égyptiennes, je crois qu'on me présentait là une occasion assez unique. Je rentre donc dans la pyramide, seul.

On ne peut pas se perdre, c'est tout droit.
Bon, en fait je vais vous épargner jalousie et déception: c'est assez naze. Pas de petits bonshommes de profil, de herses ou de fosses à crocodiles. Juste de longs et grands couloirs (respect quand même pour l'architecte), mais arrivé dans la chambre du roi on a une pièce de deux fois la taille de votre salon avec... rien. Nada. Toujours pas de bonshommes, de peintures ou textes. R-I-E-N. Une pièce et un tombeau, merci au revoir. Quand on met tout son argent dans les murs, on doit faire des sacrifices sur la déco: une vérité immuable depuis 45 siècles.
En plus le gars n'était pas là.
Et là vous vous dites deux choses:
1. Pourquoi il nous raconte sa vie, c'est que du pipeau;
2. S'il l'a fait, où qu'elles sont les photos?4

C'est là que ça devient fort. Les photos, figurez-vous, on en a déjà sur Wikimedia Commons, sauf qu'elles sont vieilles et/où à basse résolution (genre 68 ko, piquées sur un site web externe). En gros, pour moi qui me plaint toujours que tout est déjà sur Commons, c'est comme se voir attribuer dans les arrêts de jeu un pénalty à 1m50 du but, avec un gardien nain unijambiste posté à l'autre bout du terrain.

J'ai donc pris quelques photos. Que j'ai voulu ce soir uploader sur Commons. Et c'est maintenant que je suis rentré, que cette micro-fenêtre unique s'est refermée, que je réalise un truc:

Mon appareil était réglé sur basse résolution.

En clair, mes photos sont nazes et valent à peine mieux que celles déjà disponibles.  Je me tate encore pour savoir si je dois pleurer ou me mettre des baffes.

Donc voila. J'ai passé un moment unique, mais vous n'en profiterez que moyennement. J'ai quand même de quoi enrichir un peu la catégorie Manifestations égyptiennes de 2011, c'est toujours ça de pris.


Si on est philosophe, il faut bien admettre que tout ne pouvait pas être parfait.

1. La faute aux médias plus qu'aux Wikipédiens.
2. En 6e position.
3. J'ai croisé des journalistes en fin de matinée, mais loin de moi l'idée qu'ils n'étaient pas là pour le boulot.
4. àpdmc.