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samedi 17 décembre 2011

SOPA danse

(Je confirme avoir fait usage des services d'un expert en jeux de mots pour ce titre)

Indépendamment de savoir s'il est bien pour les Wikipédiens de tenter de peser individuellement sur le débat politique ou, collectivement, d'utiliser Wikipédia pour le faire (deux options très distinctes), je poste ce petit film qui explique assez bien (en anglais) comment fonctionne le processus de rédaction d'une loi et l'influence qu'on peut avoir sur celui-ci, un rappel qui m'a l'air important vu l'actualité récente. 

C'est évidemment un peu différent dans chaque pays, mais si vous vivez dans une démocratie occidentale il y de fortes chances que les grandes lignes en soient les mêmes: l'essentiel, en fait, consiste à dire que c'est long et compliqué et qu'une grande partie du travail se fait en amont. 



Sinon vous pouvez aussi aller voir cette petite carte (façon de parler), en remplaçant le nom des institutions US par celles de chez vous (voire en virant le Sénat si vous vivez au Québec, ou en ajoutant 4 ou 5 niveaux si vous êtes belge):


Trouvée chez Mike Wirth.

Tout ça pour dire qu'il est plus efficace de se plaindre d'un projet de loi plutôt que d'une loi qui vient de sortir, vu que dans ce dernier cas toute modification revient à lancer un nouveau projet législatif.

mercredi 14 décembre 2011

Berne

Une intéressante remarque cet après-midi d'Udufruduhu sur le Bulletin des Administrateurs wikipédiens: on n'a plus de nouveaux admins depuis presque deux mois - un phénomène connu depuis près de deux ans chez les anglophones sous le nom d'admin drought, mais assez inédit sur la Wikipédia en français. Chacun a probablement son idée sur le sujet, j'en ai moi-même plusieurs dont aucune n'est indépendamment satisfaisante, et plusieurs se sont d'ailleurs exprimés (voir plus bas). J'ai toutefois particulièrement relevé cette (courte) sortie d'Addacat:
"Il y a surtout un gros problème chez quelques admins qui se croient tout permis. Je ne crois pas qu'un appel au Bistro soit la solution idéale pour le moment. Enfin, les énormités de beaucoup d'admins-arbitres ont provoqué un ras-le-bol général, du moins amha."
Je suis pourtant joignable.
A moins qu'il y ait une erreur typographique et qu'elle parlât d'admins-arbitrés (il y en aura eu huit rien que sur les 3 derniers mois), je parierais mon chapeau qu'elle parle de moi. J'ai ce tempérament un peu mégalo parano et, surtout, j'étais entre autres énormités l'admin-arbitre ayant incidemment participé pas plus tard que cet été au quatrième arbitrage la concernant1 et la trouvant, encore une fois, coupable d'un comportement pas très très collaboratif (ce qui est bien sûr une litote pour dire que les cinq arbitres l'ont unanimement trouvée prête à jeter systématiquement l'anathème sur tous ses détracteurs). Sombre coïncidence s'il en est.

Indépendamment de mes mérites propres, je trouve assez élégante cette approche opportuniste qui consiste à utiliser un problème général pour régler ses comptes personnels par des insinuations: ça aide à la réflexion et ça met tout le monde de bonne humeur. Tout ça me rappelle fort à propos l'élection des conseillers fédéraux suisses qui s'est déroulée ce même jour à Berne et que j'ai regardée avec intérêt: l'UDC était la première à y appeler une sacro-sainte concordance de ses voeux, tout cela pour mieux la piétiner dès que les choses n'allaient pas dans le sens qui lui plaisait: la juxtaposition des deux mondes m'a fait sourire2. Bref, c'était juste pour l'anecdote.

In other news, ou plutôt dans une section juste en-dessous, on commence à s'interroger sur le sexe des anges et surtout à réaliser que la prise de décision sur la contestation des admins est, au bas mot, mal formulée3. Je vous renvoie là à Monsieur Cormier, voire aussi sur au BA, avec quatre interventions successives et différentes qui apportent autant d'éclairages ma foi très pertinents et complémentaires. 

En tout cas àmha, comme on dit.


1. Avec il est vrai l'"infâme" admin-arbitre gede
2. Plus ça change, et plus c'est pareil. Mais le Conseil fédéral va bien, merci pour lui.
3. C'est apparemment ce qu'il faut se dire si on est roux, motivation litigieuse mais acceptable par défaut.

mardi 22 novembre 2011

Grassroots

L'info circule depuis quelques jours, notamment chez Moyg et sur le blog de Wikimédia France: un amendement à un projet de loi en discussion à partir du mercredi 23 novembre a été déposé à l'Assemblée nationale française. Le projet est le dernier à l'ordre d'une journée bien chargée, car dédiée au budget de la sécurité sociale1. Pour que la France avance dans l'ère internet, il nous faudra donc remplir trois conditions:
  1. Que les discussions sur la Sécu ne prennent pas tout le temps disponible;
  2. Que le projet de loi sur la copie privée soit accepté;
  3. Que l'amendement numéro 22 au projet de loi sur la copie privée soit accepté.
Ca fait beaucoup, mais avoir deux députés de l'actuelle majorité parlementaire pour présenter l'amendement, ça aide. Félicitations d'ailleurs aux gens de Wikimédia France qui les ont contactés et convaincus, c'est le genre d'exercice qui prend du temps. 

Comme c'est une opportunité qui ne se présente pas tous les jours, je vous propose d'aider et de faire un peu de grassroots campaign, c'est à dire une mobilisation à l'américaine: l'idée a été lancée dans un des commentaires chez Moyg et, franchement, c'est une bonne idée.

J'essplique.

Les enjeux
Le député lambda qui dans la même journée vote sur la sécu, la liberté de la presse, les accidents d'avion, la précarité professionnelle des femmes, les accidents nucléaires et la copie privée, on le comprendra, n'a pas forcément en tête l'importance que peut avoir la liberté de panorama pour Wikipédia et les projets libres (surtout si l'on pense qu'il s'agit là de l'Assemblée la plus grise de la Ve République).
En fait, et je schématise, pour n'importe quel élu la question de base pour un sujet qu'il ne connaît pas est:
  1. Qu'est-ce que ça rapporte? (à sa circonscription, à son parti, à sa plateforme, à sa réélection)
  2. Qu'est-ce que ça coute? (à la collectivité dont il est le plus proche, ou politiquement)
C'est assez basique mais c'est en fait le genre de choix qu'on fait tous, tous les jours. De votre côté, si vous vous êtes prononcé(e) sur la récente prise de décision sur l'abandon du fair use sur les bâtiments récents, que ce soit pour ou contre d'ailleurs, vous avez l'opportunité de mettre la loi en adéquation avec vos idées2. Ah oui, il faut être Français aussi.

Wikimedia prend l'Assemblée.
A ce stade la solution est en fait assez simple: à six mois des élections présidentielles et législatives il est important de faire comprendre à vos élus qu'ils doivent vous faire comprendre qu'ils ont à coeur les choses que vous, électeurs, avez à coeur. La phrase est compliquée, mais en gros cela veut dire une seule chose: appelez ou envoyez un mail à votre député et dites-lui exactement cela. Sinon, aucun moyen pour eux de savoir si ce qu'ils vont faire est bien ou pas. C'est un procédé assez courant aux États-Unis (c'est pratiquement une industrie à part entière), et beaucoup moins en Europe. Paradoxalement, cette relative nouveauté garantit l'efficacité du procédé: on aura autant de résultats avec 5 coups de fils dans la journée en France qu'avec 1'000 chez l'Oncle Sam. En Suisse, c'est légèrement différent vu l'importance des comités référendaires, mais le principe est le même: en démocratie, il ne faut pas s'attendre à être dirigés par des responsables omniscients.

La parole aux électeurs
La liste des 577 députés français est disponible ici, et si vous ne connaissez pas votre représentant la liste par département est . Je découvre qu'on en a parlé hier sur le Bistro wikipédien, mais tout le monde ne lit pas le bistro. Du coup, je vous propose un autre petit texte simple pour aller avec votre appel ou courriel.
Bonjour, 
Je suis un de vos administrés de la ville de Z et je me permets de vous appeler / de vous écrire car j'ai appris qu'à partir de mercredi allait être discutée la loi sur la copie privée, à propos de laquelle un amendement sera déposé par Messieurs Tardy et Dionis du Séjour. Cet amendement vise à permettre enfin la reproduction de bâtiments et oeuvres visibles sur le domaine public, ainsi que la libre circulation de ces images ou dessins - ce que dans d'autres pays européens on appelle la liberté de panorama.
Pour vous donner un exemple concret, il est en l'état interdit de prendre une photo de [nom d'un bâtiment public récent dans votre ville], et interdit de diffuser ces images sur internet. L'amendement en question vise à remédier à cette aberration qui empêche la publicisation d'oeuvres françaises, notamment via internet.
Je vous remercie d'avance de votre soutien et vous souhaite une excellente journée, 
XY
Et voilà, c'est tout, adaptez selon vos goûts mais restez simples. Pas besoin de parler du libre, de Wikipédia, de votre grand-mère malade. Ce n'est pas grave si votre député est PS ou Vert - il arrive que sur certains sujets tout l'échiquier se rejoigne (encore heureux!). Vous lui signalez juste un problème, et qu'il a une solution simple et pas chère à votre problème. Effort pour vous: environ 5 minutes.

Si jamais votre interlocuteur objecte qu'il doit défendre le droit d'auteur, prévoyez une ou deux réponses simples pour lui demander s'il trouve normal qu'un bâtiment ou monument payé par la collectivité ne puisse pas être entièrement à disposition du public (ou qu'on puisse parler de la Pyramide du Louvre mais pas la montrer sans autorisation préalable). Gardez des exemples simples et concrets.

Enfin, et c'est important, après le vote et quel que soit le résultat, envoyez un petit mot pour remercier votre député(e), surtout si il/elle vous a répondu. Ca ne coûte rien, ça fait plaisir, et ça met tout le monde dans de bonnes dispositions pour la prochaine fois.


1. On votera aussi sur la liberté de la presse, les accidents d'avion, la précarité professionnelle des femmes, et les accidents nucléaires. Être élu n'est pas une sinécure.
2. Je pars du principe que votants Pour et Contre préfèrent avoir des articles illustrés dans la légalité.

mardi 27 septembre 2011

Paris by day

On n'en parle pas assez, ou pas beaucoup, mais pourtant il y a une prise de décision (PdD) wikipédienne qui se prépare et qui me paraît intéressante: celle sur la remise en cause de l'exception au droit d'auteur pour les bâtiments récents

A l'origine du débat se trouve le fait qu'on prend des photos de bâtiments récents et que dans certains pays, on n'a pas le droit. La liberté de panorama, en France notamment, ça n'existe pas. Là où ça devient un peu tordu, c'est que cela concerne les bâtiments récents, mais également les modifications récentes de bâtiments anciens. Concrêtement, sur Commons:

Ca on peut....
...mais ça on ne peut pas.
La deuxième image Le deuxième objet, qui ressemble fichtrement au premier mais en bleu, est considéré comme une oeuvre d'art de par son éclairage spécifique: il est d'après la loi française sous copyright indépendamment du support, et donc on ne peut pas en copier la photo ou la distribuer à l'envi1. C'est balot mais, de fait, si l'on va sur les diverses catégories liées à la Tour Eiffel, on n'en trouve pas de nuit. Dura lex, sed lex. Des petits malins passent cependant régulièrement entre les mailles du filet, que ce soit sur Commons ou directement sur la Wikipédia francophone (où il est possible d'importer localement des fichiers).

La politique de la Fondation, nous dit-on, est d'avoir des images à la fois en conformité avec le droit US (assez libéral) et national (souvent moins). C'est un choix qu'on peut discuter à loisir, mais il faut faire avec: le piège, c'est qu'effectivement personne ne sera assez fou pour aller chercher noises à Wikipédia (mauvaise presse et tout), mais Commons se voulant une banque de médias réutilisables et certaines photos étant d'une qualité quasi-professionnelle, on peut légitimement s'attendre à en voir certaines apparaîtres sur des cartes postales ou albums commerciaux: Wikipédia n'est pas qu'un jouet pour Wikipédiens, on l'oublie trop souvent, et il faut donc penser assez large.

Le problème est relativement circonscrit et identifiable: on pourrait donc penser que 1) il n'y a pas vraiment de décision à prendre parce qu'il s'agit d'une politique de la Fondation (et ce sont eux qui paient pour le jouet, aux dernières nouvelles); et 2) au final la question devrait pouvoir se résumer à un simple oui/non.

Sauf qu'on est sur Wikipédia, et qu'une PdD sans discussions et argumentaires à rallonge2 n'est pas une PdD qui se respecte. On a même contacté la Fondation pour demander s'il n'y avait pas moyen d'avoir une exception à l'interdiction d'exception, au moins pour le contenu encyclopédique. Réponse de Moscou la WMF: niet.

Il me semble qu'après deux mois on soit dès lors assez bien partis pour avoir une question relativement simple, du style "Est-ce qu'on s'asseoit sur la loi française/belge/camerounaise, ou pas?". 

Je crois qu'on aura des surprises parmi certaines réponses.



1. Y compris sur le présent blog, mais il faut bien dire de quoi on parle.
2. Quoi que de bonne tenue, c'est assez rare pour être souligné.

jeudi 1 septembre 2011

Tokyo vs. Tōkyō

C'est assez rare pour qu'on le souligne, une prise de décision vient de démarrer qui pourrait mettre à mort l'un des plus beaux marronniers de Wikipédia: l'usage de macrons pour les mots japonais existant dans la langue française.

C'est une formulation compliquée pour dire qu'on va une fois pour toutes (?) choisir entre Tokyo (prononcé [toːkjoː]) ou Tōkyō (prononcé [toːkjoː]) dans l'usage courant des textes. On parle ici d'un truc tellement fondamental au niveau communautaire qu'il avait été évoqué à l'époque dans ce pastiche grossier (à 2:41).

Bref, je ne veux pas vendre la peau de l'ōurs, mais ça a l'air bien parti. Et je vous engage à voter, bien sûr.

Une fois cette question réglée, il n'y aura plus qu'à trouver autre chose pour s'écharper.

mardi 28 juin 2011

Savoyards et Haut-Savoyards

Un peu plus de granularité dans les résultats de la Prise de Décision sur l'obligation de mise en place d'une page de contestation pour les administrateurs de Wikipédia, dont je parlais il y a peu. On se rappellera que celle-ci s'était soldée par un très serré 74 à 73 en faveur de l'obligation:
Répartition des votes (%).
Hmmm.

vendredi 24 juin 2011

Savoie contre Haute-Savoie

La Prise de Décision sur l'existence des pages de contestation pour les admins est close: la proposition D (obligation) l'emporte sur la B (mise en place volontaire).

Le score: 74 à 73.

Hmmm.

mardi 17 mai 2011

Vous pouvez répéter la question?

Vous n'aurez pas manqué de noter dans vos calepins que le vote concernant la Prise de décision (PdD) sur les catégories de personnalités par nationalité arrive à son terme samedi prochain 21 mai.

Le problème semble suffisamment important pour qu'on s'attelle au processus laborieux d'une PdD mais, comme toujours, il y a un problème.

Personne n'a compris la question.

C'est en tout cas la seule explication logique que je puisse trouver pour expliquer la faible participation (23 votants au moment où j'écris), alors qu'on sort justement d'une autre votation qui a attiré un peu plus de 80 personnes, et d'une multi-élection administrative qui a vu jusqu'à 178 individus (!) se bousculer pour soutenir les aspirants impétrants. Il y a comme un truc, non?

Concernant la catégorisation par nationalités, on a une question introductive et quatre "remises en causes" de points particuliers. De fait, je dois bien admettre avoir relu trois fois la présentation du problème et les alternatives offertes et ne pas en être ressorti plus instruit. Ou en tout cas j'ai un doute sur la réalité de ce que j'ai compris, et plus encore sur l'impact global:  si on répond oui à deux questions et non à trois, ça veut dire qu'on n'accepte de régler le problème qu'à 40%?

Comme on dit en allemand, Qui a le choix a le soucis. Je me suis du coup prudemment gardé de voter1.

Un sujet obscur, à la base, n'intéresse pas grand-monde (même si le public indirectement concerné est plus large). Si en plus on n'arrive pas à présenter l'enjeu de manière suffisamment simple pour que le béotien -et votant- de base puisse se faire une opinion relativement informée (ou en tout cas lui laisser entendre que la Lumière, c'est par là), c'est l'échec assuré par faute de nez dans le guidon, et c'est bien dommage.

De là, deux solutions: 
- Laisser décider les experts (les projets), en gardant à l'esprit que dans la plupart des cas un expert est une personne qui raconte des bêtises avec autorité;
- Limiter les alternatives au maximum (quitte à prendre la température via un sondage) de manière à ce qu'au final on puisse avoir une PdD qui dise "Nous avons vu un problème; nous avons travaillé pour vous proposer la solution que voici: l'acceptez-vous oui ou non?".

La deuxième option est effectivement plus risquée dans la mesure où les proposants, surtout s'ils sont d'avis divergents à la base, peuvent vouloir maximiser leurs chances de gain en ayant chacune de leurs propositions mise au vote en dépit d'une position minoritaire lors de l'élaboration de la proposition. Mais à trop vouloir saucissonner on finit par proposer une PdD à la carte qui, si elle est la plus démocratique possible prima facie, permet surtout d'avoir un résultat final autorisant des interprétations complètement divergentes2.

Si le désaccord ne se limite pas à des points de détails, on peut envisager de lancer un contre-projet (ou proposition alternative) substantiellement différent. Mais on ne se battra pas pour des détails (même si pour certains le diable s'y trouve parfois).

Seule exception à ce besoin impératif de clarté des choix, l'utilisation de la méthode Condorcet pour choisir une durée. Au final, celle-ci ne fera que préciser un détail numérique alors que la réponse sera déjà "oui".




1. Une attitude qu'on voit par exemple beaucoup en Suisse, où des objets sont régulièrement votés avec 40-50% de participation. Pourtant le système fonctionne plutôt bien.
2. Voir à ce titre la PdD sur la Réforme du Comité d'arbitrage, avec ses sept questions et trois sous-questions alternatives - les soixante votants de l'époque étaient méritants.

mardi 3 mai 2011

Il en manque un bout

En ce moment sur la Wikipédia francophone, après le temps des multi-élections il semble que ce soit la saison des sondages et des prises de décisions qui commence. Et justement, aujourd'hui, je vais vous parler d'un sondage à propos d'une prise de décision.

La prise de décision (PdD) est celle concernant la Contestation du statut d'administrateur, qu'on croyait morte de vieillesse mais qui, coïncidence ou pas, a été ranimée 48h après la décision du Comité d'arbitrage visant l'administrateur Grimlock (et le refus subséquent de, justement, demander la confirmation qu'on lui soufflait dans l'oreillette). Si le propos de la PdD est de déterminer si les administrateurs peuvent ou doivent ouvrir une page de contestation les concernant, le sondage attaché vise en gros à savoir, le cas échéant, les conditions à remplir pour forcer un admin à repasser devant les urnes. Soit.

On pourrait aussi le faire en chanson.

Demander par avance aux gens via un sondage express leur avis sur la formulation de propositions complexes me paraît une bonne idée (contrairement à cette PdD elle-même), mais ce n'est pas le propos du jour.

Le propos du jour, c'est qu'on a déjà un admin sur six ou sept qui a volontairement ouvert une telle page: on trouvera les noms dans la catégorie ad hoc. Les conditions varient et l'emplacement aussi: c'est effectivement beaucoup plus visible quand il n'y a pratiquement que ça sur la page plutôt que lorsque le lien est perdu en bas d'une liste d'articles créés et de boîtes utilisateurs, mais honnêtement je pense qu'à ce stade c'est surtout l'intention qui compte.

Il n'empêche, j'ai quand même été surpris de constater qu'un gros tiers d'entre eux n'ont pas indiqué l'existence de cette procédure sur leur page utilisateur. En clair, pour trouver il faut probablement avoir une vraiment bonne raison de se plaindre.

lundi 4 octobre 2010

Votre avis est important

Non, en fait je plaisante, c'est surtout vos sous qui nous intéressent. Mais si vous avez plus de temps que d'argent sous la main, vous pouvez toujours aller jeter un oeil à cette page Méta et décider du format des prochaines demandes d'aumône pour financer Wikipédia (et le train de vie des bureaucrates).

Il y a une cinquantaine de propositions en course, et une autre cinquantaine d'ores et déjà rejetées. Certaines sont osées (comme la numéro 46 ci-dessous), mais avec les 3-4 votes qui semblent suffisant pour décider de l'acceptation ou pas d'un bandeau, on pourrait s'amuser.
Ca marche aussi avec BHL.

jeudi 16 septembre 2010

Les vieux anars font la loi

Une source pas du tout anonyme1 est venue me trouver avec une remarque intéressante concernant la prise de décision sur l'interdiction / la limitation / l'imposition du terme états-unien, et j'en ai profité pour rédiger un petit billet à diffusion différée avant mon départ pour quelque aventure africaine (je vais photographier l'aéroport de Ouaga, s'il existe). Je suis sensible à l'argument qu'on ne vote pas sur des questions éditoriales, mais ayant comme seul exemple d'états-unien les diatribes d'Ignacio Ramonet j'ai voté pour la proposition, me berçant d'illusions quant au fait que la formulation "lorsqu'il est possible d'utiliser le terme « américain » à leur place" empêchera quiconque d'aller désormais essayer d'imposer ce dernier de manière systématique.

Bref, la proposition est passée et il se trouve, pour changer, que je suis dans la majorité mais que, pour changer, je me demande si ce n'est pas une erreur.

Beaucoup plus intéressant que mes errements existentiels, c'est le petit tableau ci-dessous qui regroupe les votes par année de création des comptes s'étant exprimés:



Résultats
AnnéePour/ContreParticipants
Tous55.83%219
201080%5
200968.75%18
200861.54%28
200747.37%41
200657.45%48
200556.25%53
200450%20
200333.33%3
200233.33%3

Première remarque: on s'aperçoit que plus on remonte dans les années d'ancienneté, moins on est succeptible d'avoir envie de réglementer le contenu. C'est probablement contre-intuitif pour certains, mais cela ne me surprend pas: avec le temps, on s'aperçoit que les règles sur Wikipédia ne fonctionnent que pour ceux qui les édictent - le système semble la plupart du temps suivre son propre cours, parfois en dépit de tout bon sens (au moins en apparence).

L'autre remarque qu'on pourra faire, et qui me surprend à peine plus, c'est que cette décision aura été en fin de compte prise par des personnes ayant créé leur compte il y a entre trois et cinq ans (2005 à 2007, 140 votants sur 220), ce qui est somme toute assez ancien. Une explication que j'aurais (outre l'inéluctable disparition des nouveaux contributeurs), c'est que ceux qui sont plus vieux sont partis (et étaient moins nombreux à la base), et que les plus jeunes ne sont pas encore intéressés à la politique interne wikipédienne, qui n'a que peu ou pas d'influence sur le contenu.


1. Que nous protégerons quand même par le pseudonyme Buisson_xy, merci à lui.

mardi 20 juillet 2010

Epilogue et conclusions

Bon, je m'étais juré de ne plus en parler tellement cela a été ressassé et répété - et en plus j'ai une monstre gueule de bois depuis ce matin-, mais d'un autre côté après tous ces efforts autant conclure proprement:

La Réforme du Comité d'arbitrage est (enfin) close, et c'est dans l'ensemble très positif.

Faisons court et parlons de ce qui change concrètement:
  • La phase de recevabilité est abaissée à 10 jours, avec inversion de la clause de recevabilité automatique.
Ca, ça veut dire que si personne (ou pas assez de gens) ne se prononce sur la recevabilité, l'arbitrage est déclaré non-recevable. Cela ajoute donc un filtre pour éviter les arbitrages trop longs parce que personne ne veut s'en occuper, et permet de laisser les admins gérer si besoin.
  • Les arbitres peuvent déclarer un des arbitres indisponible ou suspendu (alors remplacé par un suppléant):
On se débarasse des zombies qui bloquent le traitement des cas en court par leur absence, en les remplaçant par d'autres arbitres.
  • Les arbitres sont élus pour 6 mois
On se débarasse des zombies qui disparaissent juste après leur élection, et on arrête le fantasme consistant à demander à des gens de s'engager pour une durée sur laquelle personne n'a de visibilité (franchement, vous serez où, vous, dans un an?).

Et voilà. Les autres provisions sont un peu de la littérature - leur acceptation ou refus n'est pas vraiment fondamental pour la survie de la Civilisation occidentale (bon, à bien y réfléchir les trois évoquées ci-dessus non plus).

Et maintenant parlons des enseignements vraiment importants de ces dernières heures:

On n'est pas près de me revoir avec un verre de Williamine à la main.

mercredi 14 juillet 2010

« Le jour du 14 juillet, je reste dans mon lit douillet »

Ces dernières semaines derniers mois, j'ai suivi d'un œil distrait et discret les discussions autour de la réforme du comité d'arbitrage. Comme d'habitude, je lis mais n'interviens pas me contentant de voir les avis évoluer (ou pas) et la discussion progresser (bis). Sociologiquement, ce doit être fichtrement intéressant1 de voir comment la discussion avance ou recule ou en quoi même sur un projet collaboratif où tout le monde peut participer, il faut une/quelques personne(s) qui se remonte(nt) les manches pour abattre une bonne partie du boulot et sortir du Yakafaukon, ou Faudrèkon (et autres variantes2).

J'ai déjà écrit ce que je pensais du Comité d'arbitrage et des élections l'an dernier et je n'ai pas changé d'avis. J'ai tenté plusieurs fois de lire le texte de la prise de décision et (malgré la bonne volonté des intervenants), j'avoue avoir jeté l'éponge à chaque fois avant d'arriver au bout. Alors, je baisse les sourcils, hausse les épaules et regarde juste le pourcentage d'approbation sur quelques articles importants pour me préparer éventuellement à mettre mon grain de sel avant la fin du vote si nécessaire. Mais je dois bien avouer que je ne vois pas en quoi les changements vont vraiment améliorer le processus du comité d'arbitrage. Non je n'ai rien de mieux à proposer de mon côté, je remarque juste que le CAr, en fait, je m'en moque un peu et quelque part cela me désole un tantinet.


Ceux qui n'ont pas reconnu du Brassens dans le titre sont invités à parfaire leur culture dans ce domaine.
1. Je n'ai pas les compétences pour juger.
2. Je-ne-propose-rien-d'autre-mais-je-suis-en-TOTAL-désaccord-avec-ça-et-préfère-un-statu-quo-très-imparfait-plutôt-que-cette-ignominie.
Sur ce blog, est-ce que le libellé « CAr » implique qu'on ajoute automatiquement « Usine à gaz » et « Vaguement trollogène » ?

jeudi 24 juin 2010

Prévisiblement irrationnels

Le côté obscur de Wikipédia, c'est de se dire qu'on peut contribuer comme on veut, et en cas d'erreur quelqu'un passera derrière pour nettoyer. Le côté pervers du côté obscur, c'est quand on a les moyens de forcer les autres à faire ce que soi-même on n'a pas envie de faire. Ca s'appelle les élections au Comité d'arbitrage.

J'essplique.

Il reste à ce jour cinq arbitrages en suspens, le plus vieux ayant été lancé le 16 décembre 2009. Le Comité d'arbitrage (CAr) est composé de 10 personnes, dont 6 sont présentement invitées à donner leur avis lors d'une ou plusieurs de ces affaires soumises au CAr. En fait changez ça: le Comité compte douze membre dont l'avis de 8 est encore attendu, car deux desdits cas sont du ressort de personnes n'ayant pas désiré se représenter aux élections du printemps 2010 (il est de coutume pour les arbitres de "finir" les cas entamés sous leur garde).

Je n'apprends rien à personne en disant que l'un des reproches essentiels fait au CAr est sa lenteur.

Cette lenteur est en fait toute normale si l'on tient compte du fait que parmi les 8 personnes sus-citées:
  • Une compte 20 contributions depuis le 29 mai dernier. Deux sur le bistro, 15 autres effectuée en un seul jour;
  • Deux autres ont 70 édtions depuis début juin, dont 20 dans l'espace encyclopédique (et une douzaine sur sa page utilisateur) pour l'une, ou réparties sur 4 jour pour l'autre;
  • Une quatrième s'est connectée huit fois depuis le début du même mois de juin;
  • Une cinquième est passé 6 fois depuis le 6 juin;
  • Une sixième n'est pas venu depuis mai;
  • Une septième a réussi à coller l'essentiel de ses 400 éditions de juin sur 3-4 jours, ce qui en considérant qu'elle vient d'avoir un bébé est particulièrement méritant.
Bref, sept arbitres sur huit ont semble-t-il cessé de contribuer sur une base régulière.

Je ne suis pas là pour jeter la pierre aux collègues, n'ayant moi-même pas été un parangon de participation depuis deux mois. Tous ont une bonne excuse, et ayant échangé avec la plupart (voire les ayant rencontrés pour certains) je peux vous garantir qu'il s'agit de gens bien.

D'ailleurs, et heureusement pour tout le monde, la Réforme du Comité d'arbitrage en cours de vote prend justement acte de ce qu'un mandat de 12 mois, c'est long. La question 6-X, pour être précis, propose donc que ce mandat soit ramené à six mois. Que l'environnement socio-professionnel d'un arbitre change (ou le nombre de ses contributions diminue drastiquement), et il ne se représente pas. Que tout aille bien et il repart dans un fauteuil à l'issue d'une simple formalité.

Ca me paraît tellement limpide, la situation est tellement connue et la solution tellement dépourvue de côtés négatifs par rapport au modèle actuel que j'ai sincèrement pensé que ça passerait comme une lettre à la poste.

Ah ah. Grave erreur. A l'heure où j'écris nous sommes à peine au-dessus de 64% de Pour, soit le seuil d'approbation certes, mais sans éclat.

Bon.

Un commentaire qui revient à plusieurs reprises consiste à dire que 6 mois c'est trop court, qu'on ne peut pas se priver d'un arbitre après si peu de temps, qu'on n'aura pas les candidats pour renouveler1. C'est vrai que c'est important. C'est également vrai que ça ne veut absolument rien dire.

C'est important parce que ce simple argument résume toute la position dans laquelle se trouvent les arbitres: le boulot est chiant, prends du temps, ne donne droit à aucune reconnaissance, et permet même de se faire allumer par des bien-pensants à peu de frais. Un seul statut wikipédien met la pression sur celui qui l' obtient, et c'est celui d'arbitre. Dans un système sans contrainte, c'est une contradiction vouée à générer des problèmes.

Quiconque a songé/envisagé de se présenter sait probablement que le plus gros obstacle n'est pas la difficulté de la tâche : tout le monde a une ou deux grandes affaires en tête sur lesquelles il a un avis bien tranché, et pense qu'en terme de temps il pourra difficilement faire pire que les générations précédentes d'arbitres. Non, le gros point à peser et soupeser est "serai-je encore là dans un an"? J'aimerais des confirmations, mais de par ma propre expérience je dirais que cet engagement lourd (et long) vis-à-vis de la communauté en a découragé plus d'un.

Et en voit pourtant qui votent pour qu'une participation provisoire2 reste une réelle corvée qui, de fait, conduit les "élus" à se zombifier et à se lasser du projet. Ce que je comprends de ce vote c'est "on a trouvé des pigeons pour se présenter, on ne va pas les laisser s'échapper".

Conserver le mandat à 12 mois c'est donc certes tuer des contributeurs et plomber le CAr mais c'est aussi, en tout cas sur le papier, s'épargner la recherche de candidats pour une durée toute aussi longue.

On aurait dû proposer l'extension du mandat à deux ans.



1. Pour ce dernier j'avoue vraiment avoir eu du mal, parce que si on a à l'heure actuelle dix arbitres, c'est qu'on a eu dix candidats (beaucoup plus, en fait). Qu'on les ait en une fois ou deux fois, c'est bonnet blanc et blanc bonnet, il me semble.
2. En 6 mois on sait si on n'aime ou on n'aime pas, auquel cas on cède la place. Ca m'a toujours paru mieux que de ne pas aimer et vivre ça comme un chemin de croix pendant 6 mois de plus.

lundi 21 juin 2010

Mais que fait Domenech?

Wikipédia en français, c'est comme l'équipe de France de foot (normal vous me direz, c'est plein de Français): le vote pour la Réforme du Comité d'Arbitrage wikipédien n'était pas commencé qu'on avait déjà droit aux réglements de comptes en page de discussion. J'aurais préféré des prises de position à la suisse de la part des principaux participants aux discussions, mais c'est pas trop dans le folklore local (et le vote étant lancé, on sera de toute façon vite fixés).

Bon.

J'ai voté, mais je dois bien avouer que le format des questions était un peu compliqué.

samedi 19 juin 2010

La Réforme du Comité d'Arbitrage pour les Nuls

Dans 48h démarre selon toute probabilité le vote visant la dernière réforme du Comité d'Arbitrage. Une prise de décision construite de manière isolée par 50 personnes, sans tenir compte des avis émis par d'autres contributeurs en n'offrant que cinq ou six propositions alternatives. On s'étonnera donc de manière toute légitime que l'annonce du vote ait été faite de manière aussi prématurée, seulement 9 mois après son lancement :-)

Bon, plus sérieusement, et avant de me livrer à une analyse en règle du processus (et probable mea culpa pour avoir tout lâché si près du but afin de poursuivre d'égoïstes priorités personnelles) dans un autre billet, j'aimerais quand même survoler les changements qu'apportera la réforme proposée. La bonne nouvelle, c'est qu'en dépit de la complexité apparentes des questions, ils sont en fait assez peu nombreux. J'en vois même simplement deux, pourtant essentiels pour aider à régler la principale critique faite à l'encontre du CAr, à savoir sa lenteur:
  1. On facilite le remplacement des arbitres absents (question 4);
  2. On facilite l'élimination des arbitres trop souvent absents ou démotivés ou zombifiés (question 6, option X);
Et voilà. Tout le reste consiste essentiellement à placer dans les textes les us et coutumes de manière à limiter le côté trollogène/trollophile du système, corriger quelques incohérences, mais n'innove pas en tant que tel. Ne vous méprenez pas: cette étape est essentielle parce que les arbitres, souvenez-vous, sont de simples volontaires sans formation particulière sur le sujet. Un réglement clair qui leur dit ce qu'ils peuvent faire sans qu'on vienne leur crier dessus pour avoir dévié de la Ligne du Parti est donc utile en ce qu'il fournit une assise à leur gestion des affaires.

Bon. Passons maintenant aux questions dans leurs grandes lignes et enjeux.

La question 1 (principes) - Pourquoi on s'en fout (mais votez Pour quand même).
Les articles proposés à la suppression ne sont que du verbiage pseudo-juridique. Même s'ils restent, ils ne changeront rien à la manière dont les arbitrages sont menés. Donc votez Pour parce que tout le monde aime les choses simplement écrites. Ca nous changera.

La question 2 (arbitrages) - Pourquoi on s'en fout aussi.
La question des "arbitrages communautaires" aura vraiment été l'usine à gaz de cette PdD. L'arbitrage communautaire, c'est la manière ronflante de dire que le CAr sert de soupape de sécurité. Il empêche (ou sert de cache-sexe) à un trop grand arbitraire des admins vis-à-vis des trolls suffisamment intelligents pour ne pas franchir ouvertement la ligne rouge. Il permet aussi d'évacuer les conflits claniques entre admin (que ceux ayant un mauvais souvenir de l'épisode Aliesin lèvent ici la main). Ce qu'Addacat a à maintes reprises identifié comme une option anti-Addacat est plutôt un option anti-bordel sur le BA.

Dans les faits, le réglement actuel ne l'interdit pas, tandis que la proposition l'autorise expressément. Disons qu'on votera Pour de manière à éviter de se questionner ou de devoir justifier pourquoi on peut le faire en se basant sur la demi-douzaine de précédents.

La question 3 (format des requêtes) - Pourquoi on s'en fout toujours.
Parce que 700 mots c'est court quand on en a gros sur la patate, et personne n'osera couper un argumentaire après avoir compté le nombre de mots. Les parties ne respecteront jamais vraiment cette limitation, qui aurait dû selon moi surtout être imposée aux arbitres. L'avantage de la proposition est de formaliser les périodes d'argumentation, c'est toujours bon à prendre. Pour l'option 3A (pas de limite), donc.

La question 4 (gestion des Comités) - Pourquoi voter Pour.
Premier point important. En gros le changement consiste à dire que si un arbitre est trop fainéant ou éloigné ou absent pour admettre qu'il n'aura pas/plus le temps de partager ses commentaires dans un délai raisonnable (et démissionner), ses pairs peuvent décider de son remplacement.
Si la disparition soudaine de Dereckson ou Moumine, laissant les collègues en plan, ne vous ont jamais posé de problème, vous pouvez bien sûr voter contre et espèrer que les prochaines générations d'élu(e)s se voueront corps et âme à la cause. Sinon, votez Pour à cettte question 4.

La question 5 (déroulement de l'arbitrage) - Pourquoi choisir la 5-M.
Comme indiqué, c'est uniquement si vous n'êtes pas enthousiaste à l'idée de voir les réglements de compte et logorrhée vengeresse s'éterniser sur les pages d'argumentaires et de témoignage. Sinon ce n'est pas grave, je ne suis pas sûr que ça change grand chose pour les arbitrages courants et en l'absence de quelqu'un comme Turb pour faire la police. A tout le moins on y gagne une certaine clarté dans la gestion des phases (et donc la 5-N est bien aussi).

La question 6 (durée des mandats) - Pourquoi choisir la 6-X (mandat de 6 mois)
Deuxième point important. Ceux qui ont une visibilité de leur implication à plus de six mois sont probablement des retraités, et encore. La démographie wikipédienne fait qu'on peut avoir de jeunes pères, des arbitres dont la candidature admin tourne mal et qui admettent leur baisse soudaine de motivation, des gens bazardés sur un autre continent sans prévenir, ou simplement Dereckson qui part sans laisser d'adresse ni justification ni réponse pendant plusieurs mois (tous ces exemples sont bien sûr fantaisistes). Si ça se passe au début du mandat, on est chocolats pendant 11 mois. Pas bon, du coup on choisit 6-X.

On ne me fera pas croire que pour un arbitre pour qui tout va bien, ajouter une ligne "Tout va bien, j'aimerais poursuivre le mandat en cours" tous les six mois plutôt que douze est un énorme effort. Et de toute façon on a toujours des élections tous les 6 mois.

Question 7 (demandes "malveillantes") - Pourquoi voter contre.
Inutile, trollogène et inapplicable. Je n'ai pas d'exemple en tête de demande reconnue comme malveillante par quelqu'un d'autres que les parties (les demandes abusives je ne dis pas, mais c'est pour cela que le CAr a déjà le droit de les déclarer irrecevables et d'envoyer bouler les gens). Quiconque se trouve traîné devant le CAr considère évidemment qu'il est victime d'une injustice et d'une malveillance de la part de quelqu'un qui est forcément en tort. Dès lors, je ne vois pas trop ce qu'on essaie de régler ici.




* * *

En conclusion, votez ce que vous voulez - je ne suis pas vraiment parole d'Évangile, j'ai manqué la plupart des dernières discussions et chacun ses priorités. On peut aisément objecter qu'il ne s'agit que d'une nouvelle usine à gaz wikipédienne, que le Comité devrait être supprimé, que ce n'est pas parfait. Certes. Il n'empêche que j'estime ne pas être le plus mal placé pour donner mon avis, et que le travail réalisé ici par Hamelin, Chandres, Buisson38, Illuvalar, Touriste, Musicaline, Mogador et al. est énorme dans son effort de synthèse: je pense que tous les participants -et je dis bien tous- ont été sincères dans leurs efforts à proposer des solutions (ou à faire de l'obstruction si rien n'allait selon leur vision du projet - mais ça c'est la vie, il n'y a qu'en Corée du Nord que tout le monde est d'accord).

Il y a la Communauté wikipédienne qu'on veut, simple, pas compliquée et pas bureaucratique; ça s'appelle Knol. Et il y a celle qu'on a (tout l'inverse). Le CAr est critiquable, mais en attendant on n'a rien d'autre - pas pour emmerder les gens qui dans leur immense majorité n'en auront jamais besoin, mais pour gérer ces problèmes qu'on ne peut pas éviter et dont il faut pourtant faire quelque chose.

samedi 5 juin 2010

Le jeu des huit erreurs

Je reviens tout juste d'une semaine de conférence, assez inégale mais par moments enrichissante: je ne résiste dès lors pas à vous faire partager l'un de ses bons enseignements, dont le crédit est attribuable à un (relativement) vieux monsieur qui est revenu travailler pour le plaisir (!) après avoir gouté à un an de retraite (je n'ai pas rencontré son épouse, on va donc dire qu'il aime vraiment son job).

Là vous m'arrêtez tout de suite et me dites "Popo on s'en moque de tes conférences, nous ce qu'on veut c'est du Wikipédia".

Et là je vous réponds: Wikipédia c'est très politique, alors écoutez et apprenez, bande d'ignares. Ca vous servira le jour où, par exemple, vous vous lancerez dans une prise de décision ou une controverse de neutralité. C'est en tout cas ce que je me suis dit en écoutant ce Vieux Crabe Sage.

Un vieux de la vieille comme on n'en fait pas, donc, avec un cuir épais comme une vieille table en chêne: tout ce qui ne l'a pas tué l'a, de fait, rendu plus fort. Vraiment plus fort. Sacrément plus fort. Et prêt à partager sa science, ne serait-ce que parce que ce qui ne l'a pas tué a quand même essayé à plusieurs reprises (et souvent dans le dos, avec des objets tranchants).

Le titre de la présentation était Les huit erreurs les plus fréquentes lors d'une proposition de loi. Ce vieux de la vieille partageait donc avec nous son expérience de conseiller politique au Capitole américain états-unien, à Washington, D.C. Que des éléments de bon sens, mais n'oublions pas que lorsqu'on a le nez dans le guidon ce n'est pas forcément le matériau le plus disponible. Les voici sans plus attendre, avec court commentaire qui expliquera pourquoi en l'écoutant j'ai fait le lien avec un site web célèbre:

1. Ne penser qu'aux risques, et pas aux opportunités. Chez nous on dirait "Wikipédia: n'hésitez pas!". Pour les PDD, je dirais aussi qu'il ne faut pas hésiter à proposer des trucs osés, on ne sait jamais et si l'idée est bonne elle sera reprise et transformée.

2. Ne faire attention que lorsque c'est nécessaire. Tout va bien, et quand vous revenez deux semaines plus tard la discussion ou l'article a été prise en otage par une andouille et rien ne va plus. C'est pour cela qu'on a inventé la liste de suivi.

3. Croire que les autres se soucient de vos soucis. Aussi incroyable que vous le pensiez, ils ont autre chose à faire. Que vous ayiez été victime d'une injustice (arbitrage, blocage, NPOV) dans un lointain passé n'est pas suffisant pour que quiconque lance une PDD ou soutienne vos propositions, surtout si elles sont irréalistes et pleines de bile.

4. Penser que les votants ou intervenants occasionnels comprennent le sujet. Vous avez passé quatre mois à discuter d'un thème X ou Y, vous êtes un pilier de bistro qui connaît tous les maronniers. C'est bien mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Toute intervention devrait se limiter au point à résoudre - avec des diffs s'il vous plait. Les détails, interprétations et effets de style on s'en moque, si les gens n'avaient rien de mieux à faire que les lire ils auraient déjà participé aux discussions ou seraient plus souvent sur le bistro.

5. Ne pas utiliser tous vos leviers. Si vous pensez que quelqu'un peut vous aider sur un point particulier, demandez. Attention, ça ne veut pas dire qu'il faut rameuter vos copains lorsqu'une proposition de suppression d'article vous défrise (ce serait du spam ou du bourrage d'urnes).

6. Ne pas savoir ce que vous ne savez pas. On ne peut pas tout savoir, mais sachez au moins où le trouver en cas de besoin (archives des arbitrages, pages d'aide diverses pour pouvoir faire un beau tableau, etc., sans parler de Pubmed et Google scholar: savoir changer d'avis sur la base de nouvelles -et meilleures- sources est glorieux).

7. Essayer de contrer quelque chose à mains nues (ça sonnait mieux en anglais: "Trying to beat something with nothing"). En gros il ne suffit pas de ne pas être d'accord et de refuser en bloc, il faut toujours proposer une solution alternative. Je reviendrai sûrement là-dessus un de ces quatre.

8. Ne pas voir une bonne affaire lorsqu'elle se présente et ne pas faire une bonne affaire lorsqu'on vous la propose. Le seul moyen de sortir d'un conflit en page de discussion n'est pas d'obtenir ce que vous voulez, mais d'obtenir quelque chose de relativement satisfaisant pour chacun. Mais ça, tout le monde le sait.

Et ainsi se conclut l'anecdote politique du samedi.

mardi 23 mars 2010

République bananière

Le principe de base de Wikipédia, c'est bien connu, est à l'image de l'univers qui nous entoure: en laissant suffisamment de singes taper n'importe quoi pendant suffisamment longtemps, on aura à terme l'oeuvre intégrale de William Shakespeare, et un commentaire composé sur le sujet, histoire de montrer qu'on l'a lu et compris. En langage savant, on appelle cela le Paradoxe du singe... savant (Borel, 1909).

Mais un singe ne vit pas que de littérature et d'eau fraîche: il lui faut aussi sa banane quotidienne. Sur Wikipédia, cela s'appelle une prise de décision (PdD pour les intimes): Dieu qu'on aime cela, décider de choses hyperimportantes qui seront oubliées avant même la fin du vote. J'irais même jusqu'à dire que ça fait partie du charme local.

J'avais initialement l'idée de vérifier un postulat mien et récent comme quoi la plupart des votes sont, dans les faits, décidés dans les premières heures de leur ouverture. Je ne voulais pas aller voir les administrateurs ou les arbitres (j'avais déjà parlé des bureaucrates), il me restait donc à voir ce qu'on pourrait dénicher sur les consultations communautaires. Las! Tout ce que je peux vous dire, à l'heure actuelle, est qu'il s'agit surtout d'un sacré n'importe quoi.

De fait, premiers chiffres qui calment: sur les presque 250 Prises de décision initiées à ce jour, 92 ont été purement et simplement abandonnées1 soit, pour les votes échus, un taux d'échec des discussions de 41%. Si l'on compare à décembre 2008, époque où j'avais vaguement évoqué le sujet, cela nous fait 33 discussions de plus, mais un taux d'échec égal (41% également à l'époque).
Si l'on se penche maintenant sur le nombre de PdD ayant effectivement passé les fourches caudines du vote communautaire, le nombre de proposition effectivement acceptées dépasse difficilement les 50%. Donc en gros, si vous vous apprêtez à lancer une prise de décision, soyez conscient que votre démarche n'a pas un tiers de chances d'aboutir.

Mais le Wikipédien est malin - malin comme un singe, c'est l'évidence.

Et de quoi s'aperçoit-on? Qu'en fait il n'existe pas une méthode de prise de décision, mais bien autant de méthodes qu'il y a de votes. Je pensais naïvement qu'on estimait le consensus à deux tiers des avis exprimés, mais il s'avère que plus une décision est controversée, plus la barrière est basse: 66% pour la mise en place de l'oversight (elle-même dotée de deux sous-questions à 50% d'approbation), 60% pour le renommage des admins, et 50% pour la suppression des Wikipompiers ou l'encadrement des boîtes utilisateur.

Incidemment et non sans une certaine ironie, plus le taux d'acceptation fixé est bas, plus la proposition semble avoir de chance d'échouer. Une explication à ce phénomène pourrait être qu'un taux bas est fixé par les initiateurs d'une proposition qu'ils savent mal ficelée, et en retour la communauté se défie d'un travail bancal. Ou pas. A titre de comparaison, le taux de rejet des initiatives populaires fédérales suisses tourne autour de 90%: on ne s'en tire donc pas si mal.

Bref, tout ça pour dire que ce ne serait pas une mauvaise idée de lisser un peu tout cela, au moins au niveau des propositions binaires (oui/non). Pourquoi pas par le biais... d'une prise de décision?




1. Une vingtaine sont encore officiellement en cours de discussion, mais dans leur majorité et selon toutes apparences abandonnées également. Je vous le dis d'expérience: plus le sujet est compliqué, plus on perd rapidement des participants, y compris parfois l'initiateur des discussions.