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mercredi 27 juillet 2011

Choc culturel

Lorsque je suis passé en mars dernier voir nos cousins francophones d'outre-Atlantique1, je me souviens d'un point particulier de la conversation, à Montréal, qui m'a fait sourire par sa pertinence: les Français, m'a-t-on expliqué avec un certain énervement, ont cette troublante tendance à vouloir défendre un avis opposé au leur pour leur simple plaisir du débat. La vision est effectivement plus utilitariste dans les Amériques où, si tout le monde est d'accord, on s'épargne l'envie d'épiloguer.

Soit. C'est culturel, chacun chez soi et les vaches seront mieux gardées, etc. etc..

Sauf qu'il s'est passé la semaine dernière quelque chose sur Wikipédia qui m'a brusquement remis cet épisode en mémoire: on a proposé à la suppression un article créé à chaud sur les attentats ayant eu lieu en Norvège. On obtint alors en moins de temps qu'il ne le fallait pour l'écrire une large majorité (21-5) pour la conservation. Soit. Un admin clôture comme il est de coutume dans ces cas. Soit.

Et tout d'un coup, c'est le drame.

L'utilisateur Argos42, qui avait pourtant demandé la conservation de la page, remet le bandeau en tête d'article sous prétexte que "le débat doit avoir lieu". Là je me dis que c'est très français (et très argosien, si j'ose le néologisme, vu que celui-ci ne contribue quasiment pas dans l'espace encyclopédique mais beaucoup sur les demandes de suppression). Il est révoqué (puis bloqué) par Moez qui argumente qu'on n'est pas là pour débattre mais pour décider d'une conservation ou pas. Moez vit aux Amériques et, en ligne avec ce que j'indique plus haut, sa réaction est de fait très nord-américaine.

On peut tout expliquer avec un peu de mauvaise foi et quelques stéréotypes.

Indépendemment du bien-fondé du blocage et de la conservation (ou du débat)2, 3, j'ai à ce stade surtout envie de relever que si la page est à fort trafic et que l'issue de la demande de suppression est décidée, on peut effectivement s'épargner d'attirer l'oeil du chaland non-wikipédien sur une cuisine interne au projet qui n'est pas toujours, loin s'en faut, de la meilleure facture.


Vouloir affirmer le contraire me laisse cette impression qu'on passe parfois sur Wikipédia un peu trop de temps à vouloir s'écouter penser, et pas assez à se soucier de lecteurs qui, vous m'excuserez du terme, n'ont visiblement rien à cirer de querelles philosophiques internes sur ce que doit ou ne doit pas être ce projet - sur les 4'600 visites de cette journée pas une IP ou nouveau compte n'est intervenu sur ce débat de suppression, alors que quelques-uns se sont quand même risqués à éditer l'article.




1. Insert Elvis Gratton joke here.
2. Car l'autre ironie, c'est que la conservation immédiate d'un article qui montre l'irrelevance de Wikinews est actée par quelqu'un de passablement actif sur Wikinews.

3. Voir chez Pierrot et Alexander Doria pour des commentaires tout aussi périphériques que les miens et des titres de billet avec des jeux de mots pourris :-)

dimanche 15 mai 2011

Les trois solitudes

Pain+frites+fricadelles+mayo = EPIC WIN!
Contrairement à ce qu'on pourrait penser ce billet ne parle pas des Canadiens mais, actualité personnelle aidant, de nos amis les Belges.

J'étais donc cette fin de semaine dans le Plat Pays, mangeant d'excellentes frites1 et découvrant qu'une bière de taille moyenne y fait quand même 0,5 litres. Mon voisin d'avion à l'aller, haut fonctionnaire européen, m'entretint de sa vision du pays à l'aune de sa propre expérience tchécoslovaque2.

Je vous épargne les détails, mais il semble qu'en lisant la presse la presse wallone (Le Soir) et flamande (De Standaard, donc pas non plus les tabloïds), on soit confronté à deux versions totalement différentes de la même histoire - un peu, selon la propre expérience de mon interlocuteur, comme ce qu'on voyait de Prague et Bratislava circa 1991-92. Détail inquiétant pour les Belges: ça n'était selon lui pas le cas il y a encore dix ans.  

Comme on m'a judicieusement appris à faire confiance mais à vérifier, je suis allé voir ce qu'en disait Wikipédia. Ou plutôt ce qu'en disaient les Wikipédias, la néerlandophone et la francophone.

Échantillon totalement non représentatif mais toutefois symbolique, j'ai choisi deux articles potentiellement connotés, à savoir 
  1. Bart de Wever, leader de la N-VA d'extrème-droite flamande (dixit mes potes belges); et
  2. la Wallonie, repère de chômeurs depuis trois générations (dixit mon collègue belge - vous aurez compris que les premiers et le second ne vivent pas dans le même coin).
Commençons par l'ami Bart, qui avec un prénom comme ça ne peut être totalement mauvais homme. En fait si, car les deux versions parlent de Controverse à son sujet. En néerlandais, on apprend donc que
Le Vlaams Belang a tenté de compromettre De Wever en montrant une photo de 1996 le trouvant aux côtés de Jean-Marie Le Pen, du parti français d'extrème-droit Front national, prise lors d'une conférence à Anvers du club de débat Vlaams-Nationale. De Wever a par la suite nié tout lien avec l'extrème-droite. La photo a été publiée sur le site de Filip Dewinter3.
Chez les francophones, c'est presque la même histoire. A quelques détails près. La section pour commencer ne s'appeller pas juste Controverse, mais Controverse sur ses liens avec l'extrême-droite:
Le Vlaams Belang a essayé de mettre De Wever en difficulté en faisant publier une photo datant de 1996 et le représentant aux côtés de Jean-Marie Le Pen du parti d'extrême droite français Front national, prise à l’occasion d’une conférence organisée par le Vlaams-Nationale Debatclub à Anvers. De Wever s’est défendu d’avoir un quelconque lien avec l’extrême droite, mais certains mettent en doute la sincérité de ses explications103. La photographie fut dévoilée sur le site web de Filip Dewinter.
Tout pareil, à 10 mots prêt. On retrouvera ces mots qui font toute la différence dans le paragraphe suivant, qui traite d'un accrochage au sujet de l'attitude d'Anvers dans la déportation de Juifs pendant la guerre avec, en français toujours, un "ce qui n'empêcha pas certains commentateurs de considérer qu'il frôlait le négationnisme105". Ces commentateurs-là ne parlaient visiblement pas le flamand (c'était La Libre Belgique), car on ne les y a apparemment pas lus.

La Wallonie est traitée un peu différemment4. On apprend chez les francophones et dans une section dédiée qu'elle dispose d'un "Projet de Société" socialiste (article détaillé: le renardisme), français (article détaillé: rattachisme) et comme région d'Europe. Les néerlandophones parlent plus simplement d'un mouvement wallon (Waalse Beweging), né vers 1912 et qui prit son essor avec la grève générale menée par André Renard en 1960-61. On apprend toutefois que le mouvement, surtout en regard de son équivalement flamand, est d'une envergure "marginale".

Tout ça pour dire qu'on a apparemment deux façons de voir les choses et que si on me demandait mon avis c'est pour l'instant du côté francophone qu'on a un soucis de neutralité. Ne nous leurrons pas, ce n'est pas un problème belge: on trouvera sûrement pareilles nuances entre wikis catalan et hispanophone, bretonnant et francophone, russe et ukrainien. Et vu l'usage extensif des sources qui est de plus en plus fait, ce n'est certainement pas un problème wikipédien.

Je n'ai, bien évidemment, pas de solution à apporter, sinon qu'il faut toujours se méfier de ce qu'on lit.



1. Les meilleures ne se trouvent pas à la Maison Antoine, qui mérite pourtant le détour, mais dans une baraque à frites d'Ixelles dont je garderai le nom et l'emplacement cachés au fond d'un coffre dont la clef est elle-même au fond d'un puit.
2. Ma règle est que si quelqu'un parle couramment trois langues de plus que moi, dont le tchèque, l'estonien et le néerlandais, il mérite d'être écouté.
3. Leader du parti concurrent Vlaams Belang.
4. J'étais quand même surpris de découvrir qu'il n'y a de section " Économie de la Wallonie" dans aucune des deux versions.

lundi 11 avril 2011

Wikimedia et la mondialisation

Très rapide billet pour évoquer une anecdote assez marrante.

C'est l'histoire d'une contributrice très active sur Wikipédia dans ce qui touche à la Fantasy. Elle connait déjà des auteurs de ce genre littéraire en région parisienne et souhaite couvrir un festival. L'intérêt étant de pouvoir rencontrer les auteurs, réaliser de petites interviews, en faire des photos etc.

Cette contributrice vit en région parisienne, le festival s'appelle Trolls et Légendes et aura lieu à Mons en Belgique. Cette contributrice française a demandé de l'aide auprès de Wikimedia CH (Suisse) pour obtenir un pass-presse à son festival belge.

Harmonia Amanda sera ravie d'apprendre que la mondialisation a du bon. Son pass-presse, elle l'a.

Prochain challenge, mettre les québécois dans la place !

jeudi 31 mars 2011

Festicabales 2011

Bon ça y est c'est officiel, prévoyez maillots de bains et appareils à fondue: la prochaine rencontre wikimédienne en Suisse romande se tiendra le samedi 20 août à Prangins, dans le magnifique canton de Vaud. Comme chaque année, les ressortissants d'outre-Jura et autres DOM-TOM sont les bienvenus.

Pour y arriver rien de plus simple: Nyon (le bourg le plus proche) se situe entre Genève (12 minutes en train) et Lausanne (25 minutes) et, pour ceux d'entre vous qui ont plus de 70 ans, en face d'Évian. On se débrouillera sur place pour le transport, laissez un mot si vous avez besoin qu'on vous récupère ou si vous êtes Breton.

Vous avez le temps de la réfléxion et pourrez même débarquer à l'improviste, mais ce sera quand même pratique pour les organisateurs si vous vous inscrivez ici: Wikipédia:Rencontres/Suisse_romande#Été 2011.

samedi 19 mars 2011

L'autre touriste

Moi aussi, j'étais à Paris le week-end dernier. Mais le samedi, je n'étais pas à l'assemblée générale car j'étais chez des amis1. J'ajoute pour me justifier que je ne suis pas membre de l'association française.

Le dimanche en fin de matinée2, je me retrouve devant l'immeuble abritant les ateliers de l'AG. La porte est fermée et je n'ai pas le code. Qu'à cela ne tienne, j'appelle un cabaliste... qui ne répond pas. J'hésite à appeler la terre entière, passer un message sur twitter (y en a forcément qui font autre chose que d'assister uniquement à la discussion) et finalement j'appelle un autre cabaliste (non romand, mais fortement sympathisant) qui répond illico et a la gentillesse de venir m'ouvrir.

Quand je rentre dans la salle (en plein atelier wikisource), je suis accueilli par une plainte : « Encore un Suisse ? » 3. Je vais m'asseoir discrètement dans un coin4 et voit l'ami Popo, au fond de la salle sur son ordinateur m'adressant un large sourire. Le reste des gens qui m'abordent (je suis sur le chemin pour la salle à manger) est légèrement plus intéressé, dirait-on : « Salut ! T'as du chocolat ? ». Il est vrai que j'en avais promis. C'est fou ce que la mémoire des gens est sélective parfois :). Grand prince, j'en fais passer quelques tablettes/disques.

Je regarde un peu la salle alentours et reconnais certaines têtes. Mais d'autres, non. J'aurais bien pris un tag (car j'imagine que des gens ne me (re)connaissent pas non plus) mais je n'en vois pas de disponible, dommage.

Après l'atelier wikisource (un beau projet mais très compliqué et, pour moi, décourageant en tant que contributeur), on grignote en papotant. Puis c'est le retour en salle pour parler des groupes de travail. Je ne prête qu'une oreille distraite à la discussion (n'étant pas membre, déjà...) et, une fois certains cabalistes arrivés, on va fomenter des complots5 dans la salle de grignotage. Cela a du bon des fois d'être un touriste ! Même qu'on ne veut pas nous laisser repartir.... ou qu'on veut « juste » ralentir notre retour au bercail. Le voyage fut en effet un peu plus long que prévu.


1. et bien enrhumé aussi, mais cela n'a pas de rapport.
2. Je ne voyais pas non plus l'intérêt d'être sur place aux aurores. Déjà pour voir un peu les amis qui m'hébergeaient. Et aussi parce que connaissant les zigotos et imaginant leurs agapes de la veille, je n'étais pas sûr qu'ils allaient commencer super tôt. Ah oui, et j'étais un peu malade également.
3. Le drame de l'émigré : considéré comme un Français en Suisse et comme un Suisse en France
4. Enfin, sur une chaise
5. Ou juste dire des bêtises

dimanche 13 mars 2011

Le touriste

L'assemblée générale de Wikimédia France (WM FR) bat son plein: votre serviteur, jamais contre une excursion à l'étranger proche ou lointain, a décidé de jouer au passager clandestin jusqu'à Paris pour voir de quoi il retournait. On m'avait, il est vrai, promis plus de sang et de larmes; ce n'était pas le cas, mais j'estime quand même en avoir eu pour mon argent. L'ambiance de la réunion était plutôt sympa, quelqu'un avait même eu le bon esprit d'apporter du Maroilles Fonné pour la pause déjeuner.

Premier constat, puisqu'on parle d'associations Wikimedia: il n'y a pas de comparaison possible avec la version suisse (WM CH). Ils sont plus nombreux, n'ont qu'une langue, et quelques années d'avance sur certains projets (quoiqu'à ce compte WM Allemagne est carrément au XXIIe siècle). Le seul truc en commun entre Suisses et Français, si j'ose dire, c'est que le succès des levées de fonds dépasse pour l'instant la capacité de dépense des deux associations. Ca ne durera probablement pas, mais il est toujours bon de savoir que les trésoriers des deux groupes ne sont pas des flambeurs.

J'ai quoiqu'il en soit rapidement décidé de laisser les gens discuter de trucs sérieux entre eux pour aller à la place visiter Paris qui, me suis-je laissé dire, est magique.

Après avoir consulté quelques indigènes qui se reconnaîtront, j'ai enfourché un Vélib' en direction de l'Institut du monde arabe, situé d'après mes cartes pas très loin:


Je me suis, étonnamment, un peu perdu en route:


C'est alors qu'il a commencé à pleuvoir.

Je suis finalement arrivé à destination. L'exposition permanente étant réduite à la portion congrue pour cause de travaux, j'ai fait un rapide tour de la (décevante) bibliothèque de l'Institut puis, déclinant la tentation d'un thé à 7 € sur la terrasse mouillée, j'ai mis le cap sur le chemin du retour (à pied, car j'apprends de mes erreurs). Ne voulant pas me laisser abattre par une expérience touristique jusqu'ici assez moyenne, je me laissais tenter par un éclair au chocolat de chez Lenôtre™.

Pour le prix payé, j'aurais eu du plâtre de meilleure qualité en allant chez Castorama.

Autant vous dire qu'à ce stade, Paris était beaucoup moins magique.

Je mets donc le cap sur le restaurant pour replonger dans le bouillon wikipédien et la rencontre du soir. Fun fact: il est toujours intéressant de mettre un visage sur un pseudonyme, et je peux compter sur les doigts d'une main les personnes qui correspondent vaguement à ce que j'en avais imaginé (et, pour au moins une ou deux personnes, je ne ressemble apparemment pas à ce qu'elles imaginaient non plus). Celui que j'imaginais être un homme en fin de trentaine s'est révélé être une dame à la retraite, certains ont une barbe plus fournie que le crâne d'autres, bref bonne ambiance, plein de monde. Bonne surprise.

Conclusion: suivez les annonces pour la désormais traditionnelle rencontre multi-cabales qui se tiendra cet été dans le canton de Vaud.

mardi 8 mars 2011

Les habitants

J'ai récemment eu l'occasion de prendre mon bâton de pélerin pour rencontrer une catégorie assez discrète de Wikipédiens: les Canadiens Québecois francophones d'Amérique du Nord. Si l'on fait abstraction du froid, de la tempête de neige de ce matin (15 cm pour un 7 mars, c'est honnête), et du léger mal aux cheveux hérité de ma première soirée sur place, c'était franchement sympa. Et instructif.

Premier constat, qui tombe relativement à propos après ce billet récent qui a fait du bruit chez Pierrot: il n'y a pas de cabale au Canada. Les Montréalais rencontrés ne se connaissaient pas, et les les Québecois (de la ville de Québec) à peine mieux, leur dernière rencontre datant de 2007. Pas de relations non plus sur IRC, par la Poste ou les signaux de fumée. On se croise sur le projet:Québec, et c'est tout.

A décharge, on remarquera que s'ils sont théoriquement sept fois plus nombreux que les Suisses romands, nos mangeurs de poutine sont répartis sur une superficie douze fois plus grande (et encore, la distance Lausanne-Genève tient pratiquement sur la seule île de Montréal). Toujours est-il que physiquement connectés ou pas, il y a à peine plus de contributeurs qu'en Suisse. Cela n'empêche pas une forme de coordination de s'exprimer, notamment sur les propositions de page à supprimer et dont la génèse, en partie, est à chercher chez ces maudits Français Européens.

J'essplique1.

Le Canada, même si on y jase ici et là en français, est situé en Amérique du Nord. On y est plus direct, plus pragmatique, moins argumentatif qu'en Europe. Premier corollaire: cette perception quasi-unanime qu'un Français est capable d'argumenter pour le seul plaisir de la passe d'armes. Lorsqu'un Québecois se contentera de dire qu'il voit un truc bleu ou vert, il n'est pas pertinent ni utile pour lui de se demander s'il est en fait turquoise ou jade, et encore de vouloir discuter à longueur de page sur le sujet. S'il advenait qu'il le fasse remarquer à sa manière, c'est à dire avec un vocabulaire moins large et une orthographe plus aléatoire (le système scolaire n'a pas les mêmes priorités), il passera rapidement et à son corps défendant pour un troll. La discussion qui n'aurait pas dû être est close: Europe 1 - Amériques 0.

La tentation du défrancocentrage (allégorie).
Vient ensuite l'effet de nombre. 6 ou 7 millions de francophones d'un côté de l'Atlantique, 70 millions de l'autre. Moralité: voter en PàS c'est pas bien, surtout si on doit demander son avis à la majorité sur un sujet dont elle n'a aucune idée ou une idée limitée à son propre vécu: c'est par exemple toute l'histoire de l'incompréhension réciproque autour de l'idée de nationalité (et pas de Nation), qui sur le St Laurent est plus proche de son acceptation russe2 que française. Sauf que les infoboxes sont gérées en majorité par des Français, et que les connaisseurs du citoyen canadien Falardeau auront du aller jusqu'à la guerre d'édition pour faire accepter sa nationalité québecoise. Les mêmes mots, figurez vous, ne véhiculent pas forcément les mêmes idées, ce qui choque un peu toujours la tradition jacobine. L'un dans l'autre, et même si l'exemple cité était un peu plus compliqué: Europe 2 - Amériques 0.

Bref, d'incompréhensions en mises en minorité, on se retrouve avec un abandon pur et simple ou à tout le moins un exil de certains contributeurs vers les rives anglophones de la Wikipédie, où le nombre et la diversité font qu'aucun point de vue ne domine réellement. C'est paradoxal. Pour ceux qui restent s'est mis en place un système de veille sur les PàS, régulièrement listées sur le Projet:Québec, de manière à ce qu'au milieu des autopromotions associatives on n'acte à la va-vite une suppression qui ne le mérite pas. La coordination n'est donc, au final, que la conséquence du statut de minorité incomprise.

Bon, ce n'est pas non plus la chronique d'une oppression: la plupart des articles de qualité sur le hockey NHL sont par exemple l'oeuvre d'un Français. Idem pour plusieurs autres gros articles. Mais méfions nous quand même, quand il s'agit des grilles de lecture et d'interaction au-delà des océans, des critères à taille unique.


1. Ou j'essaie. J'espère ne pas avoir tout compris de travers.
2. Environ 128 nationalités au compteur, selon WP, mais une seule citoyenneté (les deux appartenances y sont indiquées sur les passeports; je ne sais plus si c'est le cas au Canada).

mardi 9 novembre 2010

Français facile

Radio-France Internationale, RFI pour les intimes, est une plutôt bonne radio. Bon, la réception est parfois erratique et un ou deux animateurs n'ont visiblement jamais foutu les pieds dans les pays de la francophonie auxquels ils s'adressent, mais dans l'ensemble quand on écoute RFI on apprend toujours quelque chose (ce sentiment est bien moins évident par exemple avec Radio Nostalgie, qui possède une succursale à Dakar).

J'ai donc appris récemment qu'il existait une chose qui s'appelle le "français facile". Ca a fait tilt quand j'ai entendu la présentatrice annoncer "le journal du soir en français facile", parce que sur Wikipédia existe un objet wiki non-identifié qui s'appelle  simple. Oui, mesdames et messieurs, Wikipédia a aussi son français facile, sauf que c'est de l'anglais facile.

J'avoue ne pas trop pouvoir dire en quoi le journal ff est plus simple. C'est en français et ça parle des mêmes nouvelles qu'on entend le reste de la journée. Les phrases sont peut-être plus courtes, mais le vocabulaire ne m'a jamais donné l'impression qu'on parlait à des sauvages arriérés1 - c'est d'ailleurs probablement à ça qu'on voit que c'est bien fait. Le français facile, dès lors, me paraît un outil malin de la francophonie: le français dans la région n'est pas un souvenir encombrant pour des masses illéttrées qui ont bien d'autres soucis en tête, il est l'outil essentiel qui permet de se tenir informé de manière honnête à Kaolack ou Bandiagara2 alors que là-bas, en journée, on aurait plutôt tendance à converser en wolof ou pulaar.

Bref. Du coup je suis allé voir sur simple comment tout ça se goupillait: il faut bien admettre que la communauté locale est plutôt active, avec un nombre honnête d'articles parlant un peu de tout et de rien. J'ai du coup poussé le vice la curiosité en direction des articles de qualité, qui d'ailleurs là-bas ont le label beaucoup moins pédant de "very good" (très bons): ils sont effectivement rédigés de manière simple. Mais la surprise sera venue quand j'aurai voulu les comparer à la version anglophone standard (ex: Ouragan de 1910 à Cuba: simple / en): ils sont souvent de la même longueur et d'une formulation similaire! Conclusion: comparés au proto-thèses de doctorat imbuvables qui semblent être devenues la norme sur :fr, un article de qualité anglophone est avant tout un article qui fait le tour du sujet de manière concise.

Et c'est là qu'arrive l'Épiphanie (ce qui, la période de la Toussaint étant à peine passée, est plutôt fort): un article de qualité n'a pas besoin d'en mettre plein la vue aux cinq pingouins qui "votent" sur sa prétendue "qualité" (celle-ci étant généralement proportionnelle à sa longueur et son insipidité). Un article de qualité permet de s'informer de manière honnête sur un sujet donné. Je suis prêt à parier mon poids en thiéboudiène que les articles de qualité francophones n'informent au final pas grand-monde parce que le lecteur lambda est plongé dans un coma d'ennui irréversible et ne réussit pas à en finir la lecture.

Je doute que cette réflexion déclenche une quelconque révolution copernicienne où l'on brûlerait les labels et ceux qui se lamentent qu'on n'ait que x BA et y AdQ (m'est avis même que les relecteurs/votants cités plus haut me rayeront de la liste des personnes avec qui cela vaut la peine de discuter). Il est toutefois toujours pertinent de se souvenir que Wikipédia a plein de contributeurs, certes, mais qu'il serait bon de garder à l'esprit, à l'image de simple et RFI, que beaucoup plus de gens ne resteront que des lecteurs.




1. Pour l'anecdote, j'ai par ailleurs l'impression que l'éventail du vocabulaire utilisé est beaucoup plus large au Sénégal (et, du peu que j'en ai vu, également dans le reste de l'AOF/AEF)  qu'il ne l'est en Suisse romande. Par contre ces snobs ne connaissent ni n'admettent l'usage des septante et nonante. Barbares.
2. Même si d'après Reporters sans Frontières la presse malienne est par exemple considérée plus indépendante que sa consoeur de France (26e rang c/ 44), la couverture internationale y est relativement faible.

mardi 7 septembre 2010

Chacun sa croix

A nos lecteurs français qui aujourd'hui luttent pour leurs droits ou leur accès au bureau, la Cabale romande vous offre un peu de lecture-détente wikipédienne:
Le premier article explique pourquoi on fait finalement assez peu la grève par ici, et le deuxième concerne le rejet par le peuple (et les cantons) de l'abaissement de la retraite... à 62 ans!

Sur ce, je profite d'un court passage au QG pour soigner gastro et gueule de bois: le climat européen ne réussit pas à mon petit corps africain, on dirait :-(

dimanche 15 août 2010

A cabal is born

Bon, vous vous en moquez comme de l'an quarante, mais ce vendredi aura été la première soirée officielle de la cabale sénégalaise.

Au programme:
  • Ndogou;
  • Plan d'action cabalistique ce lien est le seul truc important de ce billet, allez donc voir si vous pouvez aider;
  • Divers.
Comme quoi le monde est petit, on trouve des wikipédiens partout.

Bon, ok, on est tous les deux d'importation. Mais quand même.

vendredi 23 avril 2010

Festicabales 2010

Comme annoncé je ne sais plus quand, je ne sais plus où, le prochain Festicabales™ wikipédien se tiendra dans le splendide canton de Neuchâtel, et selon toute probabilité aux alentours du 7-8 août 2010.

Le canton (et la ville) de Neuchâtel, outre l'hospitalité des Neuchateliens et des Neuchatelannes, est également connu pour:
Et ah, oui, son lac.
Plus de détails dans les semaines et mois qui viennent, mais vous pouvez commencer à bloquer la date.
A vos calepins.

jeudi 4 mars 2010

Point de vue et images du monde

Debout, les damnés de la terre
Debout, les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère
C'est l'éruption de la fin
Du passé faisons table rase
Foule esclave, debout, debout
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien, soyons tout.



Sur les dignes traces de Marc Mongenet. Rendons à César...

vendredi 11 décembre 2009

Cé qu'è lainô-vice en la matière

En ce moment, c'est la célébration de l'Escalade. Je sais, « en ce moment », c'est vague mais il faut bien dire qu'entre le jour J (et encore cela dépend du calendrier grégorien ou pas), la course sportive et la célébration officielle, on a un peu l'impression que cela dure deux semaines. Je ne vais pas trop m'étendre sur la partie sportive car je connais trois wikipédiens (dont votre serviteur) qui ont fait cette année une performance digne d'un escargot asthmatique hors du commun, en tout cas souvent mieux que l'an dernier (hop nous !) et on n'est pas du genre à la ramener quand on tutoie l'Olympe.

L'anecdote ici, c'est que dans ma boîte aussi on fête cela et comme il y a pas mal d'étrangers1 qui sont là de passage, il faut leur expliquer cette fête super locale2. C'est une personne des ressources humaines qui s'en charge et elle sait maintenant ne plus faire l'amalgame entre Savoie et France (au début du XVIIe siècle en tout cas). Puisque c'est moi qui l'avais reprise à ce sujet, je vais la voir avant le début de la « cérémonie » pour la chambrer un peu. Je zieute son papier et vois que c'est la version anglophone de l'article de Wikipédia. Sans préciser que j'ai capté d'où cela venait, je lui balance : « Hey tu te foules pas, tu n'as rien écrit par toi même » « Non, en français j'aurais pu le faire directement à l'oral mais en anglais, je suis moins à l'aise ».

J'ai été patient, j'ai bien écouté son speech jusqu'au bout et je peux certifier qu'elle n'a même pas crédité les auteurs, ni fait circuler la GFDL aux personnes dans la salle (je précise s'il y a des rêveurs qui me lisent). Devant cet immonde forfait, je n'ai pas agi.

Que la première personne qui aurait interrompu tout cela pour parler de licences libres, conditions de réutilisation et creative commons au lieu de manger un bout de chocolat3 me jette la première marmite.




1 ce qui à Genève est un pléonasme, je sais.

2 j'ai connu des gens vivant à une heure de là qui n'en avaient jamais entendu parler. Ceci explique peut-être pourquoi cela s'exporte au Palais fédéral.

3 au lait, snif

mercredi 9 décembre 2009

Helvétocentrisme

La Suisse:

Wikipédia:


C'est pas pour dire, mais ça commence à faire beaucoup pour de simples coïncidences.

jeudi 17 septembre 2009

Temps réel

C'était bien évidemment en première page du Monde et du New York Times, le Parlement suisse élisait mercredi matin le 112e Conseiller fédéral en remplacement du Valaisan Pascal Couchepin. Après l'abandon du Genevois Christian Lüscher, le Neuchatelois Didier Burkhalter défait le Fribourgeois Urs Schwaller au 4e tour.

Côté Wikipédia, l'affaire aura été pliée en trois minutes pour les articles principaux et moins d'une heure pour les autres - le tout sans heurts. Dans un pays de moindre importance comme la France, il aura fallu 23 minutes avant que quelqu'un réalise que Nicolas Sarkozy a été élu président, et 54 minutes pour la réélection de Barroso à la tête de la Commission. C'est quand même fou.

J'avoue que c'est assez grisant, cette (petite) impression de rendre compte de l'Histoire.

mardi 25 août 2009

Autodéfrancocentrage

Une amie québecoise m'annonce hier qu'elle s'est engagée -à contre-coeur me jure-t-elle -à participer à l'enregistrement de l'émission "La guerre des clans" au début du mois de septembre prochain. J'imagine immédiatement un croisement entre Koh Lanta et Intervilles, et plein de gens qui sacreraient joyeusement1, mais par acquis de conscience je vais jeter un oeil sur l'article correspondant sur Wikipédia, ma foi un peu court (bon, ça n'est pas comme s'il y avait grand chose à en dire):

La Guerre des clans est un jeu télévisé québécois qui sera diffusée sur TQS à compter du 31 août 2009 et animé par Jean-François Baril. Le concept de jeu est une adaptation de l'émission américaine Family Feud. Il s'agit d'une deuxième adaptation québécoise de ce concept, la première ayant été diffusée de 1992 à 1997 et animée par Luc Senay sur la même chaîne.
Mouiii. Je ne suis pas très avancé, mais je poursuis.

Le but du jeu est de cumuler deux cents points afin de se rendre en finale. Deux familles s'affrontent en répondant aux questions posées par l'animateur. Les réponses sont en fait les résultats de sondages effectués auprès des Québécois et des Québécoises.
C'est Une famille en or! Purée la honte. Elle avait effectivement intérêt à jurer ses grands dieux qu'elle n'y va que contrainte et forcée. Je n'ai pas eu l'occasion de regarder cette émission depuis au moins dix ans, et le seul souvenir que j'en ai c'est qu'elle semblait opposer des familles antillaises ou de grande banlieue parisienne devant un panneau électronique comme on n'en fait plus (ceux avec les petites lumières jaunes qui composent des lettres). Les femmes y étaient surreprésentées et vouées à sortir à un moment ou un autre une cochonnerie qui ferait les délices du Zapping du lendemain2.

Voyant l'état semi-indigent de l'article et les 45 secondes qu'il m'a fallu avant de comprendre de quoi il retournait, je me dis qu'on peut complèter un peu en ajoutant une phrase bateau (mais secourable) qui préciserait: "En France, cette émission s'intitule Une famille en or".

Sauf que oui, mais non. Il n'y a en fait pas de raison de l'indiquer: il s'agit d'un jeu américain (dont le nom est indiqué), pas français. Il ne m'a jamais traversé l'esprit de voir s'il en existait une version wallone. Ou allemande. Ou britannique. On est dans cette situation insidieuse où la domination culturelle d'un seul pays sur une communauté linguistique fait que même quand il n'y a pas de justification, on le prend intuitivement pour référentiel. C'est troublant, et même si certains ont entrepris de lutter, on voit bien qu'il faut souvent se reprendre soi-même pour ne pas s'y adonner bien involontairement.

Je suis sûr que les exemples de ce type fourmillent, et les Québecois doivent grincer encore plus souvent des dents que les Belges et Suisses (et les autres) en lisant certains articles.





1: Le Québecois semble prendre plaisir à s'entendre jurer, il y a toujours un sourire pas loin derrière les pires insanités.
2: Apparemment ce truc est encore diffusé en access prime time. Je n'ai pas la télé pour vérifier, mais pour une fois je vais croire ce que raconte Wikipédia.

vendredi 10 juillet 2009

Bienvenue en Suisse

Vous vous ennuyez pendant les vacances?

La mer, c'est bien connu, les poissons forniquent dedans et ça vous dégoute?

Des montagnes, des vaches, de la fondue par 30° (avec une double crème de Gruyère en dessert) ça vous tente beaucoup plus?

Ou vous fuyez simplement le fisc de votre lieu de résidence?

La Cabale romande™ a le plaisir de vous convier à son Zusammenfest annuel1, qui se tiendra cette année à Fribourg!

Les détails suivront dans quelques jours. En attendant, réservez déjà le samedi 8 août (ou le dimanche 9, à voir) et n'oubliez pas de vous inscrire ici.



Guest star: la cabale alémanique!

samedi 16 mai 2009

« C'que t'es belle quand j'ai bu»

Il est souvent de bon ton de se désespérer des écrits (sous entendu... des intervenants) du Bistro. Sans dire que cela vole toujours très haut, on y croise des sections diverses avec des futurs... très divers également. De mauvaises idées trollogènes qui « prennent » (ou pas), des idées à la con reprises (ou pas), des supers idées vite oubliées (ou pas), des coups de gueule justifiés (ou pas), des visiteurs égarés etc.

Hier, c'est un mini sondage sur la prononciation du français qui est sorti du lot, à mon sens. L'auteur, un habitué du Wiktionnaire a eu bien raison à mon avis de préciser en préambule (la mise en forme est d'origine) « il n'y a aucun enjeu, cela n'est pas destiné à trancher quelque discussion que ce soit, mais est juste destiné à satisfaire ma curiosité. Merci à ceux qui répondront ». À ma grande surprise (et je crois que cette surprise est généralisée ou sinon c'est moi qui suis trop pessimiste), on compte cent réponses au moment où j'écris ces lignes !! Dingue, non ? Presqu'aussi dingue que l'invasion francophone de la wikipédia limbourgeoise (en bon fourbe que je suis, je me suis déconnecté pour y accéder, héhé)

Il faut dire que le sondage « pour satisfaire (sa) curiosité » est facile à comprendre, à remplir et nous force à prononcer des mots devant un écran avant de comparer nos réponses.... et de ne pas comprendre comment ce qui est évident pour nous ne l'est pas pour les autres et vice versa.

En tant que francilien installé depuis quelques années en Suisse romande et n'hésitant pas à se balader un peu dans le pays (même hors francophonie, oui oui), j'avoue que les petites différences au niveau de la langue sont sympathiques à observer. Je ne vais pas parler ici du vocabulaire différent, des tournures copiées collées direct de l'allemand et qui écorchent mes oreilles (autant que les anglicismes masqués en terre francophone outre Atlantique.. oops, je referme la boîte à trolls), mais juste des différences de prononciation.

Je me rappelle avoir attiré l'attention sur moi quand j'ai dit « Vévey » pour « Vevey » (au lieu de « Veuvey »), ou quand j'ai appris qu' « Ecublens» se dit « Ecublan» et non « Ecublinssse». Même chose quand on m'a dit que les « x » / « z » sont souvent muets : « Onex» ne se dit pas « Onexe ». En revanche « Gex », c'est bien « Gexe » allez comprendre. Ah oui, Gex, c'est en France (mais bon « Avoriaz / Avoriaaaa » également alors...). Bref, c'est un peu le chenit (cela veut dire le bordel ou le souk) tout ça. Et il y a aussi la « ch'minèèèèè » ou le « peuneu », bien entendu. Bref tous les petits pièges qui permetter de repérer discrètement le non autochtone. J'avoue que j'ai encore du mal à prononcer le « t » final de « vingt ».

En relisant le tableau proposé par Szyx (on prononce le « x » final, ou bien ?), je ne sais pas si on peut en tirer des données statistiques. En tout cas, c'est très intéressant de se comparer aux autres et de voir s'il y a des similitudes suivant les régions affichées. En tout cas, cela rejoint mes pensées sur la diversité (évidente) de la francophonie (même s'il est dur d'envisager qu'ailleurs, on fasse autrement et que cela aussi juste que chez nous... bien entendu c'est chez nous qu'c'est l' mieux diront « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part ») et la difficulté que j'ai de répondre aux questions de mes collègues étrangers (ou d'un non francophone sur le chan, récemment aussi) : « quelle est la bonne manière de prononcer [un mot] ? ». Pas forcément évident de dire que « rôse » ou « rose », c'est juste. On doit me prendre pour quelqu'un qui ne sait pas parler sa langue... alors que je souhaite juste ne pas « imposer » une seule version de celle-ci. Je me souviens d'une Sud-Américaine n'entendant pas la différence « é/ait » dans « café au lait ». Cela dit, je n'entends pas de différence entre « brun » et « brin »...

Ce genre de constat sur les phonèmes permet de nous rendre compte (sans nous prendre la tête) de notre diversité, de nos différences . Quand on accepte cela, on peut se dire que sur plein d'autres points bien plus ouverts à la polémique (vocabulaire, définitions, tournures...), on a du boulot pour se comprendre et cela ne facilite pas la recherche de consensus. Comme quoi, des fois, le bistro permet de mieux nous comprendre. Étonnant, non ?