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lundi 19 décembre 2011

Open Data Monument Mashup

C'est le projet français du jour: l'essentiel est à lire sur antidot, mais en gros il s'est agit pour un petit malin de:
  1. Prendre la liste des monuments historiques mise en ligne sur opendata, site du gouvernment français; faire pareil avec les gares SNCF;
  2. Prendre les photos de monuments historiques, notamment collectées lors du récent Wiki loves monuments (12500+), avec leur description;
  3. Géolocaliser ce qui ne l'était pas, grâce à Yahoo et Open Street Map, notamment;
  4. Bien mélanger.
et hop, on se retrouve avec un outil assez pratique pour savoir quel monument (ou quel type, ou de quelle époque) se trouve où (et réciproquement):

Des fois que vous alliez vous perdre dans le Finistère pour les fêtes.
Tout ça par une seule personne en quatre jours. C'est sobre, facile à naviguer, potentiellement utile et mieux fait que chacune des sources prises individuellement: et ça se trouve ici

jeudi 24 novembre 2011

Jimbo star

Le problème quand on accède au statut de star, c'est qu'on a une image à défendre: ainsi va de Jimbo, dont j'ai l'impression qu'il sera surpris d'apprendre qu'on peut acheter une poupée à son effigie:


Enfin bon, peut-être que ça l'amusera.


mercredi 16 novembre 2011

Wikipédia, métaréférence

Vu ce jour sur l'inénarrable XKCD:


Si Wikipédia devient LA référence, quelles références peut utiliser Wikipédia?

mercredi 6 juillet 2011

Tout est philosophy

Moyg l'avait mentionné sur son blog, il y a quelques semaines: en cliquant sur le premier lien interne de chaque article de Wikipédia en anglais, on finit par arriver à l'article philosophy. C'est la glaneuse/Alithia qui a du être contente.

Ce postulat est maintenant vérifiable de manière plus systématique grâce à Xefer, qui en plus produit une sorte d'arbre phylogénétique du chemin à parcourir (et le fait aussi en français!):

Batman, artichaut, cochon d'Inde: même combat.
Je soupçonne que c'est peut-être aussi révélateur de la manière dont le savoir à l'occidentale se construit: j'ai essayé avec la version japonaise, et ça n'a pas vraiment marché.

lundi 27 juin 2011

Wikilove

Je n'ai vu personne d'autre en parler, du coup je répercute: Erik Moeller a annoncé vendredi dernier sur  le blog de la Fondation vouloir mettre en place pour le 29 (mercredi prochain, donc), un bouton Wikilove sur la version anglophone:
L'idée est apparemment que si vous voyez une édition sympa (?) vous puissiez d'un clic féliciter l'auteur. Une fenêtre s'ouvre, vous permettant d'offrir au choix étoiles, bières ou chatons:


J'avoue que j'ai d'abord cru à une blague, mais vous pouvez d'ores et déjà tester la machine à bière et chatons sur le site prototype de la Fondation.

jeudi 12 mai 2011

Wikipédia, produit occidental

Je répercute ici le dernier billet d'Erik Zachte, statisticien de la Fondation Wikimedia, et qui nous parle encore une fois de géolocalisation des éditions. Sauf que comme il est très fort et qu'il a accès au Ventre de la Bête, ça donne un résultat vraiment pas mal. Le principe: répertorier l'intensité et l'origine des éditions réalisées sur divers projets linguistiques le 14 février dernier, et voir leur évolution au cours de la journée.

Le lien direct vers l'animation est ici. Jouez avec tout votre soûl, j'aimerais pour ma part soulever quelques points qui m'ont paru intéressants.

Première image: la distribution des éditions, tous langages confondus.

Cliquez pour agrandir.
C'est une évidence mais c'est toujours mieux quand on le dit: pour éditer sur Wikipédia il faut 1. une connexion internet et 2. du temps de loisir, deux choses pas forcément disponibles de par le monde.

Du coup, à part l'Europe, la Côte Est américaine, le Japon et une ou deux grandes zones urbaines par-ci par là (Sydney, l'axe Buenos Aires-Rio, Taiwan et Israel), c'est plutôt calme.

Deuxième info d'intérêt: les wikipédiens sont polyglottes. Cela se voit un peu sur cette carte des contributions sur les principaux langages (mais distingués par couleur):

Cliquez pour agrandir.
Où l'on constate que les Indiens et Philippins contribuent avant tout en anglais (les points rouges y dominent). C'est encore mieux sur cette carte là, qui justement n'indique que les éditions en anglais:

Cliquez pour agrandir.
Où l'on s'aperçoit que l'Europe continentale contribue substantiellement dans la langue de Shakespeare. Un phénomène évidemment moins évident pour le français, mais qu'on trouve un peu hors de ses frontières linguistiques traditionnelles quand même:

Cliquez pour agrandir.
On relèvera l'intensité du côté Sud-Ouest de l'Ontario, pas énorme mais pas inexistante à côté de la vallée du Saint-Laurent, le Sud-Ouest de l'Allemagne et, surtout, le désert abyssal que représente l'Afrique, tant maghrebine que sub-saharienne. Je sais d'expérience qu'on y parle un très bon français mais, que ce soit pour des raisons économiques ou culturelles, on a visiblement mieux à faire de ses journées.

Et donc quoi? C'est intéressant, mais il manque une certaine granularité et longueur de temps (un mois? une année?) pour en profiter réellement.

Ce que je relève surtout avec ces contributions en anglais qu'on voit un peu partout en Europe et en Inde, c'est que Wikipédia est encore un produit occidental pour élites occidentalisées. Ce n'est pas un mal en soi, mais ça permet en tout cas de contextualiser l'importance des plans de la Fondation visant à faciliter l'accès aux locuteurs de nouveaux idiomes. Il y a du potentiel, vu que les classes moyennes indienne et chinoise comptent paraît-il entre 50 et 300 millions d'individus chacune, mais il y a peut-être aussi un fossé culturel qu'il faudra franchir pour y arriver.

jeudi 7 avril 2011

Géolocaliser l'histoire

Il y a quelques jours à peine, je vous parlais de cette intéressante animation réalisée par Gareth Lloyd et Tom Martin et qui consistait à montrer, sous la forme d'un petit film, la succession des évènements historiques géolocalisés sur Wikipédia.

La géolocalisation, je précise en passant car je ne l'avait pas fait la dernière fois, consiste à ajouter une balise avec des coordonnées dans le corps d'un article (pas forcément d'histoire d'ailleurs, à la base c'est logiquement plutôt pour la géographie). Si vous allez voir Genève, vous remarquerez par exemple en haut à droite l'inscription 46° 12′ 00″ N 6° 09′ 00″ E (carte). C'est aussi minimal que cela et, effectivement, on se demanderait parfois à quoi ça peut bien servir. La magie de Wikipédia -ou plutôt du contenu librement réutilisable- c'est que si vous ne le savez pas, quelqu'un d'autre le sait. Et le mettra potentiellement à profit.

Tout ça pour dire que je suis tombé ce matin sur conflicthistory.com, qui amène ce concept de réutilisation du contenu wikipédien (qui, pour le coup, paraît un peu vieillot dans sa présentation) à un niveau encore supérieur. Comme une image vaut mieux que mille mots, voici de quoi je parle:


Il s'agit en gros, encore une fois, de lier évènements historiques et géographie, avec un extrait de l'article wikipédien concerné (et bien sûr un lien vers l'article complet):


Il semble qu'une partie des informations vienne de freebase, que je n'ai pas encore eu trop le temps d'explorer mais qui évolue selon des lignes apparemment semblables.

L'un dans l'autre, c'est peu dire qu'avec une interface aussi simple et intuitive, ce truc est absolument génial et ne demanderait probablement pas énormément d'efforts pour être transcrit en français.

jeudi 24 mars 2011

Emile Ajar

Conséquence (in)attendue du téléversement de photos sur Commons, celles-ci sont réutilisées ailleurs que sur les projets Wikimédia. Un cliché tout récemment commis par moi-même a eu les honneurs de la version en ligne de Marianne, hebdomadaire français d'actualité politique:

Légende de la photo: "Wikimedia Commons - Popo le Chien - cc".

Dans cette tribune, Elie Arié s'en prend aux néoconservateurs et à ceux qui, à la lumière des récents évènements au proche et Moyen-Orient, voudraient voir leur retour en grâce. Grand bien lui fasse, moi de toute façon je suis néoréaliste tendance constructiviste. Le problème que j'ai avec son papier, et qui n'est d'ailleurs pas vraiment un problème, c'est que Monsieur Arié me crédite très gentiment comme auteur de la photo: la légende indique clairement "Wikimedia Commons - Popo le Chien - cc".

Sauf que mes contributions sous Commons (et sur Wikipédia) ne sont pas sous licence libre: je les place dans le domaine public (c'est marqué un peu partout, à commencer par la page où se trouve la photo). Pas besoin, en clair, de me créditer: je n'ai d'une part pas ce besoin de gloire et, surtout, je me dis que devoir créditer "Popo le Chien" ne sonne vraiment pas très sérieux et nuira probablement à la réutilisation du rare contenu d'intérêt que je pourrais produire. Ca pourrait changer si je m'investissais réellement, mais ce n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour.

Au final, M.Arié a donc voulu bien faire, et même s'il y a un net progrès par rapport à la presse qui copie Wikipédia sans la créditer ou met un copyright là où il n'y en a pas, ce n'est pas encore ça. Merci quand même à lui.

Je vois au moins deux morales à tirer de cet épisode:
  1. On ne sait jamais où finira notre contribution wikipédienne;
  2. Le problème des licences est compliqué pour ceux qui ne fréquentent pas les projets Wikimedia (voire pour tout le monde), et ça ne changera pas avant un bon moment encore.
La conclusion pratique, c'est que désormais mes contributions sous Commons seront probablement toujours téléversées sous un pseudonyme, mais que celui-ci aura une apparence plus bénigne. S'appeler Jean Dupont, c'est bien aussi.

UPDATE: Décidément je suis à la mode, j'avoue en avoir sursauté en lisant cet article du Nouvel Économiste. Le premier constat de Florence / Anthere me paraît plein de bon sens, tellement même que je suis presque certain de l'avoir déjà lu quelque part... :-)

mardi 22 mars 2011

C'est arrivé, et c'était près de chez vous

Trouvé sur Ragtag, une intéressante animation de Gareth Lloyd et Tom Martin basée sur les articles à la fois géolocalisés et datés: condensées sur 100 secondes, les 2'500 dernières années et 14'500 points liés feront frémir l'historien qui sommeille en chacun de nous:







Hérodote avait raison: tout se passe en Europe. On remarque aussi assez facilement de grandes poussées vers 1500, 1800, et 1910. Le temps (ou la narration de l'Histoire) s'accélère, et c'est proprement fascinant.

En y regardant de très très près, on s'aperçoit aussi que l'Angleterre se taille la part du lion, biais naturel d'un wiki anglophone qui géolocalisera et datera plus facilement les articles qui lui sont culturellement proche. Du coup, comme Lloyd donne sa recette, si quelqu'un veut faire pareil en y ajoutant les résultats d'autres wikis pour contrebalancer, qu'il ne se gène pas.

mercredi 19 janvier 2011

State of Wikipedia

10 ans racontés en 3 minutes, c'est toujours pratique. Bon, la video est en anglais, mais les images sont sympa et ceux qui ne comprennent pas auront au moins entendu la voix du Fondateur (les vrais fans devront juste arrêter de se laver les oreilles après ça). On y apprend notamment que le projet compte deux fois plus de doctorats que la population moyenne... et que 14.6% des contributeurs francophones se revendiquent pastafariens!

Comme il le dit, les Wikipédiens ne sont pas n'importe qui.

via jess3.com.

mardi 11 janvier 2011

Notabilia

Le processus de suppression de page - les PàS de sinistre mémoire- semble apparemment fonctionner sur un système proche de l'unanimité. C'est en tout cas ce que laisse penser notabilia.net, un site web dont le propos semble d'examiner les 100 plus longues discussions ayant abouti à une conservation ou une suppression d'article. Je précise qu'ils ont regardé sur la version anglophone du projet, mais la plupart de leurs remarques me semblent pouvoir s'appliquer à la francophonie.

Et le petit plus sympa dans tout ça, c'est qu'ils ont donné une forme graphique à leur travail.

Commençons par la fin, comme eux, et voyons ce que ça donne au final:
Une sorte d'arbre, avec à gauche les conservations, à droite les discussions ayant mené à la suppression de l'article.

Comment en sont-ils arrivés là, et pourquoi cette forme de spaghettis? Tout simplement en mesurant l'alternance des keep et des delete. L'un fait pencher la barre à gauche, l'autre à droite, et si la discussion est équilibrée entre chaque camps, l'alternance des côtés fait qu'on reste tout droit:

A gauche: l'alternance de "Conserver" et "Supprimer" permet de garder le cap.
A droite: les avis quasi-unanimes pour la conservation font pencher le fil vers la gauche.
En regardant l'arbre ci-dessus, on s'aperçoit que finalement assez peu de décisions vont à l'encontre du nombre - notre arbre a comme qui dirait une raie au milieu. Il est cela dit intéressant de relever qu'il existe quand même des suppressions ou des conservations qui vont à l'encontre du simple vote numérique - on peut soupçonner que cela traduit le fait que l'administrateur faisant la clôture prend soin de regarder la nature des discussions, passant éventuellement outre certains effets de rameutage.

Les auteurs relèvent également que les discussions les plus longues ne sont pas les plus représentatives. En fait, en s'intéressant au presque 200'000 (!) procédures lancées entre 2002 et 2010, on s'aperçoit que la plupart sont closes après 4 ou 5 interventions:
Autres conclusions remarquables:
  • Toutes les propositions de suppressions ne commencent pas avec une demande de suppression de la part du proposant - celui-ci recommande parfois la fusion et l'intégration du contenu dans un autre article;
  • Les conservations immédiates (sans laisser au débat le temps de s'installer) sont plus nombreuses que les suppressions immédiates. Je soupçonne qu'on a là une différence notable avec la réalité francophone;
  • Les suppressions tendent beaucoup plus à dépendre d'une relative unanimité des participants. A l'inverse, il n'est pas inédit de conserver une page si l'avantage des suppressionistes est faible. C'est la fameuse absence de consensus.
Ce projet a fait l'objet d'une courte communication scientifique lors d'une récente conférence et, outre le site indiqué plus haut vous pouvez en consulter le pdf ici.

dimanche 19 décembre 2010

Les premiers Dix Mille

Pour info et via BoingBoing: on a retrouvé les 10'000 premières éditions (à ne pas confondre avec les 10'000 premiers articles) de Wikipédia, commises circa début 2001.

Pas mal de choses suprenantes, et notamment le fait qu'Abbeville est dans le lot (contrairement à la Chine - sic transit gloria mundi). Des fautes typographiques dans les titres, un contenu -forcément- un peu américano-centré (on y trouve tous les amendements à la Constitution) et, cherchez l'erreur, plusieurs dizaines de pages sur la bible libertarienne d'Ayn Rand, La Révolte d'Atlas.

vendredi 17 décembre 2010

Temple of the mind

Pour rebondir sur le dernier billet de Darkoneko, je mets ici en copie le deuxième email que j'ai reçu de Jimmy Wales1 cette semaine et dont le titre est, de manière un peu lyrique, Temple of the mind ("Temple de l'esprit"). La traduction en français faite par Zetud se trouve sur Meta, mais j'explique après pourquoi je garde ici la version anglaise:
Dear Popo,
I'm a volunteer.
I don't get paid a cent for my work at Wikipedia, and neither do our thousands of other volunteer authors and editors. When I founded Wikipedia, I could have made it into a for-profit company with advertising, but I decided to do something different.

Commerce is fine. Advertising is not evil. But it doesn't belong here. Not in Wikipedia.
To keep Wikipedia ad-free, we ask for donations every year on the site. We're sending you this email because we are scaling up our infrastructure this year, and we're simply not able to raise the whole budget from the banners alone.

We have an easy way to make an automatic monthly donation to Wikipedia, and we're looking for people who would like to become sustainers. (Of course you can make a one-time donation as well.)
Please make a monthly recurring gift of $25, $50, $75 -- or whatever you can:

Wikipedia is something special. It is like a library or a public park. It is like a temple for the mind. It is a place we can all go to think, to learn, to share our knowledge with others. It is a unique human project, the first of its kind in history. It is a humanitarian project to bring a free encyclopedia to every single person on the planet.

Every single person.

If all of Wikipedia's 400 million users would donate $1 each, we would have 20 times the amount of money we need. We're a small organization, and I've worked hard over the years to keep us lean and tight. We fulfill our mission, and leave waste to others.

To do this without resorting to advertising, we need you. It is you who keep this dream alive. It is you who have created Wikipedia. It is you who believe that a place of calm reflection and learning is worth having.

This year, please consider making a sustaining monthly donation of whatever amount you like to protect and sustain Wikipedia.

Thanks,
Jimmy Wales
Wikipedia Founder
P.S. -- If you can't commit to a recurring monthly donation, I hope you'll consider making another one time gift to help us reach our goal before the end of the year. Please make your donation today.
Ceux qui auront reçu la première mouture trouveront peut-être comme moi le ton légèrement plus implorant dans cette version.

Comme indiqué par gede dans son commentaire chez Darkoneko, la grande innovation -qui n'est pas présentée dans la version francophone que j'ai trouvée- c'est la possibilité de faire une donation mensuelle. Le système devient quand même sacrément sophistiqué, et ça devrait donner de bons résultats (en fait, c'est déjà le cas): on peut en effet penser qu'il est -paradoxalement- plus facile pour certaines personnes motivées de donner douze fois dix euros qu'une seule fois 100 euros.

La prochaine étape sera quoi qu'il en soit de personnaliser un peu tout ça, car si le message me renvoie correctement vers une page de donation suisse, le langage n'y est pas encore (question corollaire: à quoi servent alors ces traductions? aux bannières? Je l'ignore, j'ai supprimé celles sur mon ordinateur et ne sais comment les retrouver).

Sinon, je rappelle que le site cubain Ecured (qui, étonnamment, à édité l'article espagnol sur Wikipédia pour en enlever entre autres les sections sur son manque de fiabilité) manque elle aussi un peu de moyens:


1. J'aime bien recevoir des emails. La dernière fois qu'un Jimmy m'a écrit, il avait 8 ans et le cancer. Si je faisais suivre sa note à 30 de mes amis, il allait guérir pour sûr. J'espère qu'il va mieux.

mardi 14 décembre 2010

Vae Victis

Bon, j'aurais volontiers parlé de la version cubaine de Wikipédia -écrite en communiste™-, mais Moyg l'a déjà fait et leur site ne marche de toute façon pas.

Du coup, la remarque anodine du jour est que j'ai réalisé qu'à chaque candidature au statut d'administrateur, à nombre quasi-égal de votants et même avec un nombre substantiel de soutiens, on n'a au final qu'un ou deux pingouins pour venir sur sa page de discussion remonter le moral du non-élu.

A l'inverse, l'heureux impétrant se voit gratifier d'une dizaine de message de félicitations en moyenne. C'est assez brutal, comme distinction.

Comme dit l'autre, Wikipédia, ton univers impitoya-a-bleuh.

dimanche 5 décembre 2010

Demandeur d'asile

Tiens, une fois n'est pas coutume, je vais faire un peu de retape et reprendre des billets ici ou là, les croiser et vous sortir une info incroyable dont vous aurez déjà entendu parler, en fait.

Première chose: il y a quelques jours, David Monniaux nous rappelait que Citizendium, c'est la louze. Pas d'articles, pas de sous, pas de bras, pas de chocolat;

Levée de fonds, circa 2014 (thefrogman)
Et puis ce matin, Darkoneko indique que la levée de fonds wikimédienne de 2010, c'est la louze. C'est vrai qu'ils ont été franchement ambitieux pour le coup, à vouloir quasi-tripler leur objectif de 2009. Mettre la photo de Jimmy Wales aura été utile, mais ce n'est pas non plus un filon inépuisable (et je doute personnellement que cela marche aussi bien l'année prochaine et les suivantes: on s'habitue à tout).

Je me demande du coup si la discussion qui avait récemment eu lieu sur la Mailing-list de la Fondation en novembre et visant à héberger Citizendium sur les serveurs Wiki (de manière à assurer un minimum de diversité) est toujours d'actualité.

La bonne nouvelle, en parcourant Charity Navigator, un site (à but non lucratif?) qui évalue l'efficacité des ONG en fonction des dépenses liées à la réalisation des objectifs, c'est qu'on a une sacrée marge de manoeuvre. Si la Fondation Wikimédia obtient au final 3 étoiles sur 4, c'est essentiellement par sa capacité à faire croître ses revenus de manière exponentielle, pas parce que sa gestion du fundraising est super efficace: à quasi 20% du budget, je trouve que ça fait beaucoup, surtout que je n'ai jamais entendu parler que des bannières sur le site, qui a priori ne coûtent rien.

Rassurons nous, il n'y aura pas de problèmes de tréso: en 2009, la Fondation a apparemment dépensé 3 millions de moins qu'elle n'en a gagnés. L'idée des 16 millions, à ce que j'en comprends, c'était justement de s'affranchir des levées de fonds en vivant des intérêts.

Mais sachant que les Chapitres nationaux gardent 50% des recettes de la collecte effectués chez eux (j'ignore d'ailleurs si les évaluations actuelles prennent en compte ces dons indirects, ou s'ils seront intégrés en fin de campagne), je me demande combien de temps il reste avant que le QG décide de réduire leurs marges.

mardi 16 novembre 2010

T'as d'beaux yeux tu sais

Via Information is Beautiful: vous pourrez inventer les slogans les plus sympas du monde, mais rien ne vaut un contact humain. Ce contact, en l'état, c'est Jimmy Wales, mais ça pourrait probablement être n'importe qui:


Et c'est pareil dans toutes les langues dans lesquelles le message est passé. Apparemment, c'est psychologie 101: j'avais déjà lu une histoire similaire au cours de laquelle les gens laissaient plus d'argent pour du café en libre service quand le propriétaire avait collé une paire d'yeux à côté du pot.

mercredi 6 octobre 2010

Vous êtes ici

L'excellent Randall Munroe, auteur d'XKCD, a mis à jour sa carte des communautés en ligne en se basant sur la taille du trafic, de la participation, et une bonne dose de doigt mouillé. La carte est grande, elle est détaillée, pleine de sites dont je n'avais jamais entendu parler, et plus pleine encore de bonnes références bien geek (en anglais).

Si vous y regardez de près, au niveau de la "Baie des Trolls", vous y trouverez une toute petite île:


Elle s'appelle "Pages de discussion de Wikipédia."

L'entier de la carte se trouve ici.

jeudi 12 août 2010

Le pathétique en dessin

Tiens, un truc rigolo sur le blog Information is beautiful: les conflits éditoriaux les plus pitoyables de la Wikipédia anglophone mises sous forme graphique. Une façon intéressante de voir que là-bas aussi il y a eu et il y a toujours de sérieux problèmes de chicon.


L'autre enseignement, c'est que dans la préhistoire wikipédienne (2001!) ça chauffait déjà pas mal. Enfin, parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, il semble que la plus grosse guerre d'édition se soit déroulée sur l'article Wikipedia: Jimbo Wales en est-il le fondateur, ou le co-fondateur?

Ca méritait au moins 29'000 interventions. La version francophone me paraît, tout d'un coup, bien calme.

dimanche 1 août 2010

Fermons les écoles

Le vandalisme est une constante - pas une menace croissante: c'est en tout cas une conclusion que l'on peut tirer du dernier billet d'Erik Zachte sur Infodisiac, excellent blog de statistiques wikipédiennes. Sa dernière fournée nous parle de nombre révocations (un sujet à la mode ces derniers temps), de qui est révoqué et par qui.

Je ne vous fais pas plus attendre et vous montre le premier graphe d'intérêt pour la Wikipédia francophone, celui qui nous parle du taux de contributions révoquées. Attention, il ne s'agit pas uniquement de vandalismes, on peut aussi y inclure les guerres d'éditions. Mais la question, en gros, est que sur 100 éditions commises par un anonyme, un utilisateur enregistré ou un bot, combien sont-elles révoquées?


Eh bien finalement pas tant que ça: environ 4% du total des éditions (la ligne noire), et la croissance (quasi-nulle) suit celle des contributions ces dernières années: il y a donc un plateau pour le vandalisme aussi.

Une chose qui me surprend en fait est la ligne verte (les bots): 1% de leur modifications sont révoquées. Ca veut soit dire que les bots se plantent, et c'est un problème, soit que les bots se plantent et qu'on s'en aperçoit, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. L'un dans l'autre, avec 0.7% de leurs éditions on peut considérer cela comme assez mineur (après tout ils corrigent surtout des éléments secondaires, comme les interwikis ou catégorisations) et n'affectant pratiquement pas la qualité de l'article touché. C'est donc trivial, surtout en comparaison des 16% de révocations touchant les contributeurs non enregistrés (les IP), principal pointque je voulais évoquer.

Premier constat à ce sujet, parce que le verre est toujours à moitié plein: c'est qu'a priori 84% des contributions sous IP sont acceptables. La question revient souvent sous une forme ou une autre, et je trouve que c'est plutôt une bonne nouvelle de savoir que les anonymes sont nos amis.

Deuxième constat, visible uniquement pour l'oeil le plus aiguisé: les révocations de contribution sous IP semblent connaître un creux régulier, on dirait quelque part vers le milieu d'année... A vue de nez en juillet-août, quand les jours sont longs... et les classes d'informatique fermées.

Se pourrait-il que ces petits morveux nos chères têtes blondes, déjà coupables de recopier Wikipédia pour leurs devoirs1, soient en plus des vandales de masse? M'est avis que la réponse est dans la question.

Avec la mise en place progressive des filtres automatisés, on peut raisonnablement espérer que la capacité à insérer un "Justin Bieber est guay mais ne veut pas l'avouer" diminuera sensiblement. Et que du coup on n'aura pas à bloquer tous les groupes scolaires de France et Navarre par défaut (parce qu'en voyant ce graphique, c'est ce que j'aurais envie de faire).





1. De mon temps c'était le Larousse.

lundi 26 avril 2010

Paille et poutre

Sur le blog de Predictably Irrational, extension de l'excellent bouquin du même nom, ce billet intitulé "Pouvoir et hypocrisie morale" dont je vous livre une traduction in extenso et impromptue:
"Joris Lammers et Diederik A. Stapel (de l'université de Tilburg) et Adam D. Galinsky (de Northwestern University) ont mené cinq expériences sur la morale des faibles et des puissants.

Simulant une organisation bureaucratique, les participants furent assignés aléatoirement à un poste de pouvoir (Premier ministre) ou subalterne (fonctionnaire), le Premier ministre pouvant contrôler et diriger les fonctionnaires. Les chercheurs présentent ensuite lesdits participants avec un dilemme moral sans aucun lien apparent avec leur poste: oubli de déclaration d'une partie des revenus au fisc, violation des règles de circulation, et possession d'un vélo volé. Dans chacun des cas, les participants devaient noter l'acceptabilité de chaque acte sur une échelle de 1 (complètement inacceptable) à 9 (complètement acceptable).

La moitié des répondants devaient indiquer le niveau d'acceptabilité de l'acte s'ils l'avaient eux-même commis, tandis que l'autre moitié devait juger du cas où d'autres l'auraient commis.

En comparaison de ceux dénués de pouvoir, les puissants se sont avérés plus stricts sur leur jugement des transgressions des autres, mais plus laxistes en ce qui concernait leurs propres torts: "le pouvoir augmente l'hypocrisie, c'est-à-dire que les puissants montrent un plus grand écart entre ce qu'ils font et ce qu'ils recommandent".

Joris et Adams émettent l'hypothèse que cette connection entre hiérarchie et hypocrisie est liée à la conscience des droits qui viennent avec toute position de pouvoir. Mais que se passe-t-il si vous enlevez ces droits en signifiant aux participants que leur pouvoir est illégitime? L'effet pouvoir-hypocrisie devrait disparaître.

Afin de tester leur idée, il fut demandé à 105 étudiants néerlandais de décrire une expérience lors de laquelle ils furent soit aux commandes, soit soumis aux évènements. La moitié des participants devaient parler d'une occasion où leur statut, bas ou élevé, était mérité (et légitime), tandis que l'autre moitié parlait d'une situation où ce même statut était immérité. On leur demanda ensuite de classer l'acceptabilité du dilemne du vélo cité plus haut.

Résultat: quand le pouvoir (ou son absence) était légitime, les puissants firent montre d'hypocrisie morale (jugeant les autres plus sévèrement qu'ils ne se jugeaient eux-même), alors que ceux dénués de statut étaient beaucoup plus cohérents - exactement comme lors de l'expérience précédente. Mais lorsque le pouvoir (ou son absence) était vu comme illégitime, les puissants ne firent pas montre de cette même hypocrisie: celle-ci était au contraire inversée, les puissants illégitimes étant plus stricts envers leurs propres transgressions qu'ils ne l'étaient envers les autres."
Si vous n'avez pas encore fait le lien avec Monsieur de la Fontaine, ce n'est pas grave. Par contre, ce qui est vraiment intéressant est qu'on a là une démonstration de ce que beaucoup de gens ont déjà relevé intuitivement, à savoir l'existence sur Wikipédia d'une prime à l'ancienneté: celle-ci ne protège pas simplement les admins, mais bien tous ceux ayant l'enviable statut de "piliers" (le statut wikipédien étant essentiellement social). L'inverse est également vrai lorsque l'on a affaire à ces nouveaux contributeurs venus pousser leur point de vue, et qui face à la résistance communautaire ont assez rapidement tendance à considérer la position des admins comme illégitime (traduire par "stalinienne" ou "fasciste"), occultant au passage leurs propres torts.

Je doute qu'en avoir conscience change quoi que ce soit dans nos attitudes respectives, mais tout au moins pourra-t-on se dire qu'on n'a pas rêvé.


Dan Ariely, Predictably Irrational: The Hidden Forces That Shape Our Decisions, 304p., 2008, 9€; disponible en français sous le titre C'est (vraiment ?) moi qui décide et pour... 19€!