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jeudi 15 décembre 2011

La petite différence

Vous aurez sans doute remarqué l'apparition de l'inévitable bannière de levée de fonds en haut de chaque page de Wikipédia: on a, au choix, le fan de heavy-metal, la sorcière hippie, et Jimmy Wales qui nous demandent chacun leur tour des sous pour payer le bistro les serveurs, et le service en général. 

J'ai bien sûr ma propre opinion sur l'impact que peuvent avoir deux de ces trois individus sur l'envie de donner d'une population de consommateurs - non contributeurs des classes moyennes occidentales, mais je peux me tromper. La preuve, c'est que j'étais surpris de voir l'image ci-dessous présentée comme une parodie de mauvais goût alors que je la prévoyais pour la levée de fonds 2012:

Sacré Jimmy.
Le détail qui change cet année, pour autant que je me souvienne, c'est que c'est la première fois que l'objectif de collecte n'est pas vraiment publicisé. Les autres années on nous disait quelque chose du genre "il nous faut 5 millions, mettez la main à la poche et la bannière disparaît", alors que là, rien.

Ca, c'était en 2009.

Vu que le budget provisionnel progresse à pas de géant (de 28 millions de dollars cette année à cinquante dans 4 ans), qu'il a fallu presque l'entier des deux mois en 2010 pour collecter 16 millions, que le lectorat progresse modérément, et que les nouveaux accords de répartition des collectes avec les chapitres locaux ont été particulièrement agressifs1, je me demande si ça ne cache pas quelque chose, du genre "on ne met pas d'objectif parce qu'on ne va probablement pas l'atteindre". C'est très américain de ne pas vouloir passer pour des losers.

Bref je spécule, mais le changement général d'attitude m'a quand même surpris.


1. Plutôt qu'une répartition à 50/50 le modèle de base semble s'orienter grosso-modo vers 100% pour la Fondation et des subventions distribuées au cas par cas pour les chapitres. Bizarrement, ce raclement de fonds de tiroirs est assez mal passé, ne serait-ce que dans la manière et parce que dans beaucoup de pays ce n'est pas vraiment légalement applicable.

jeudi 6 octobre 2011

Lobbying

Je m'absente à peine 24h et voilà qu'à mon retour je découvre que Wikipédia en italien est fermée. La page d'accueil (et tout article auquel on essaie d'accéder) est remplacée par une note indiquant que face à la chienlit législative, la communauté avait décidé de tirer la plus grosse sonnette d'alarme qu'elle avait sous la main et, donc, de bloquer temporairement l'accès au contenu. Histoire d'inviter les gens à se soucier des risques que court, selon nos collègues italophones, le contenant.

Soit.

Je vous engage à lire bien sûr le billet d'Alexander Doria, qui a un peu pris le lead sur cette histoire, ainsi que les divers échos chez Wikimédia France, Linterweb, ainsi que chez David Monniaux, Moyg, Pierrot et Darkoneko (avec pour ce dernier le petit addendum qui va bien). Et ah, oui, tant qu'à faire, la  réaction officielle de la Fondation sur le sujet (en anglais). Du coup, on ne va pas faire un énième post sur ce qui se passe, mais essayer plutôt de savoir pourquoi ça s'est passé comme cela. 

Rien de nouveau sous le soleil
Reculons tout d'abord d'un pas: le projet de loi en question ne vise pas Wikipédia spécifiquement, ni ses contributeurs (ou son mode de contribution), mais concerne au premier chef la publication d'écoutes téléphoniques - d'où le nom de Loi sur les écoutes. Un paragraphe, le 29, exprime grosso-modo qu'en cas de publication contestée, la personne visée peut exiger la mise en ligne d'un correctif sous 48h et, très littéralement, sans autre forme de procès.

Il me semble ici que Wikipédia en italien serait la victime collatérale d'un projet de loi qui ne la vise pas. Notez que ce n'est pas vraiment nouveau: on a eu il y a quelques années la version anglophone qui était bloquée au Royaume-Uni pour la mise en ligne de la pédopornographique pochette de l'album Virgin Killers du groupe de rock Scorpions, ou ce projet de loi portugais à l'automne dernier, toujours dans les cartons, qui vise à rendre les droits d'auteur inaliénables mais, en passant, condamnerait tout schéma alternatif de type Creative Commons - qui je vous le donne en mille sous-tend Wikipédia. Enfin, pour rappel, on a aussi vu le député allemand Lutz Heilmann qui par décision de justice avait fait bloquer en référé l'accès à l'adresse www.wikimedia.de. Et je ne parle pas ici des propositions un peu plus fantasques qu'on voit passer à l'occasion, comme ce tout récent rapport de sénateurs new-yorkais visant à interdire le troll et le bannissement sur les canaux informatiques... Le bouton de blocage des admins est menacé! 

La première conclusion qu'on peut en tirer, à ce stade, est probablement que les gens qui nous gouvernent n'ont pas forcément Wikipédia en tête au jour le jour (et moins encore son fonctionnement). Et sauf à penser que nos gouvernants sont omniscients et hypercompétents par la simple magie du suffrage qui les porte, c'est probablement dommage mais somme toute assez normal. 

Luttes d'influence
Du coup, il est aussi normal pour Wikipédia - sa Fondation, ses chapitres locaux, ses utilisateurs- d'essayer de corriger le tir quand un sujet que ses contributeurs connaissent assez bien peut être indirectement affecté par des décisions ou projets de loi qui, à tout le moins, manquent d'inspiration. C'est tout le principe du lobbying, qui en France en particulier a bien mauvaise presse: au final, celui-ci ne fait pourtant que refléter la prise en compte d'intérêts particuliers ayant une connaissance pointue d'un sujet. Ceux-ci essaient d'influer dans un sens ou l'autre ceux qui décident de la politique générale1. Les premiers lobbyistes, m'est avis, sont ainsi les élus par circonscription, censés défendre le bien commun mais aussi au passage les intérêts des gens de leur coin (ou en tout cas ceux de la grosse moitié qui les a mis en place). Autre exemple: parmi les lobbyistes enregistrés auprès des institutions européennes on trouve une bonne moitié d'industriels (les premiers impactés par la politique de ce qui reste essentiellement le plus gros bloc commercial au monde), mais aussi 40% d'ONG, think-tanks, groupes académiques ou régionaux. L'important, in fine, est de maintenir un haut niveau de concurrence entre différents groupes d'intérêts, de manière à ce que leurs influences se contrebalancent.

En revenant au contexte italien, on a donc un projet de loi qui a priori vise à répondre à un problème particulier et qui, par inadvertance et/ou une formulation un peu hasardeuse, vise plus loin que ce que ses créateurs auraient pu penser. La communauté wikipédienne concernée2 décide donc de réagir et d'essayer d'influer sur ce texte. La communauté wikipédienne italophone, consciemment ou pas, décide donc de faire du lobbying. Bouh.

Que faire?
Tout choix politique, au final, se résume à un arbitrage entre gains et pertes potentiels. Toute décision a des effets négatifs, et tout le jeu pour un décideur consiste à savoir minimiser ces derniers. Suivant les caractères les priorités changent, mais en démocratie -en tout cas dans une démocratie occidentale moderne- un bon indicateur du sens du vent vient du retour médiatique que donnera telle ou telle décision: gouverner n'est pas seulement chercher la meilleure décision, mais surtout celle qui plaira au maximum de gens - ou déplaira au minimum. L'élu lambda, donc, écoute le bruit qui l'entoure.

Les italophones avaient au départ plusieurs options pour se faire entendre:
  1. Mener une politique d'engagement avec la presse, les parlementaires. Des rencontres, des meetings, des explications. Ca a en partie été fait, mais c'est quelque chose qui demande du temps et des moyens. Or au dernières nouvelles Wikimedia Italia est une association de volontaires, ne roule pas forcément sur l'or, n'a pas à ma connaissance d'employé dédié au relationnel;
  2. Mener une politique d'engagement plus générique, moins précise: c'est ce qu'on a apparemment tenté avec un sitenotice mis sur le site il y a quelques temps. Pour que ce sitenotice atteigne ses objectifs, il aurait essentiellement fallu qu'un (voire des) journaliste(s) ou parlementaire(s) tombe(nt) dessus, prenne(nt) le temps de le lire, et soi(en)t convaincu(s). L'efficacité potentielle me semble marginale -surtout avec des Parlementaires en majorité d'un age avancé. De fait, le projet de loi est resté à l'ordre du jour, inchangé;
  3. Faire du bruit. Beaucoup de bruit.
On voit qu'à ce stade les options sont en fait assez limitées. Vous noterez que je ne cherche pas à discuter la pertinence de l'analyse italienne quant aux retombées possibles de cette loi ou le fait d'utiliser le matériel encyclopédique pour arriver à leurs fins: l'important ici est qu'eux, en temps que communauté, aient décidé que cela méritait action.

C'est ainsi qu'on est arrivés il me semble à cette décision de fermeture temporaire de la version italienne: l'attentat-suicide, au final, est l'arme du pauvre.

Boum
Quand j'ai appris la nouvelle de la fermeture du site, j'ai fait la chose la plus logique qui soit pour en mesurer l'efficacité: j'ai acheté le journal. La Repubblica, pour être exact. Et j'ai effectivement trouvé un article sur cette fermeture:


Un quart de page dans la section "Politique"3 plutôt que "Technologies", ça ne me semble pas si mal. Il y avait également des liens en première page des sites webs de la Repubblica et du Corriere della Serra: c'est bien aussi. Un rapide tour sur google news me montre qu'on a plusieurs milliers de citations à travers la presse nationale: c'est carrément bon - je connais peu de campagnes de presse qui peuvent se vanter d'une telle couverture, y compris à l'international. On en parle encore aujourd'hui dans la Repubblica, avec Jimmy Wales qui se fend d'une déclaration: un évènement couvert sur plusieurs jours, c'est vraiment, vraiment bon. Et 270'000 soutiens en 24h au groupe Facebook (et 430'000 liens vers le communiqué partagés sur des pages utilisateurs) c'est aussi toujours ça, pour ce que ça vaut.

La machine est donc lancée et, apprends-je toujours via l'excellent blog d'Alexander Doria, il semblerait que le projet soit déjà en cours de modification. Pas encore là où on le voudrait, mais les lignes de front ont commencé à bouger.

Victoire, ou bien?
Bon, au final il ne faut pas faire la fine bouche: sans vouloir vendre la peau de l'ours, il apparaît que les italophones soient plus près d'obtenir la modification du texte qui les intéresse qu'il ne l'étaient il y a trois jours. Sans non plus leur donner tout le crédit -il y avait un contexte de protestations non négligeable-, ils auront probablement concouru à ce changement.  La nouvelle du black-out a par ailleurs réussi à faire surface en dépit d'une actualité chargée: entre la dégradation de la note de la dette italienne et la mort de Steve Jobs, cela montre l'importance de Wikipédia au sein du paysage médiatique italien et, par extension, le crédit dont celle-ci jouit. Elle a contribué à faire évoluer le débat sur un point particulier qui la concerne, ce qui est une démonstration de force.

Victoire tactique, donc, comme on dit dans les infoboxes d'articles sur les batailles.

Au niveau stratégique, par contre, il faudra attendre de voir le texte final pour décider. Mais on a déjà plusieurs questions qui se posent:
  • ce qu'on a fait une fois, qui prend tout le monde par surprise et les fait réagir, est toujours moins efficace quand on le ressort une deuxième fois. Quid de la prochaine proposition législative de la même eau, dans un, deux ou cinq ans? 
  • Est-ce que cela donnera aussi l'idée de faire pareil à d'autres versions linguistiques, avec le risque de dilution du crédit dont bénéficie Wikipédia si de telles décisions sont moins bien inspirées ou plus partisanes? Il est relativement inquiétant de penser que quelques dizaines de personnes puisse aussi rapidement prendre une telle décision - et WP.it est un gros projet: combien pourraient décider sur WP en danois?
  • Cela aura-t-il un impact sur la toute prochaine campagne de dons?
On risque aussi d'avoir de sérieuses critiques: que ce soit à l'interne pour avoir abandonné une neutralité stricte, sorti la grosse artillerie et mis la Fondation devant le fait accompli; ou à l'externe pour avoir indirectement pris position contre le Parti des Libertés, qui n'est pas encore voué à disparaître4.

Bref, tout ça pour dire que c'était un développement intéressant. Et à suivre.


1. Il faudra sinon m'expliquer comment on peut attendre que des élus du peuple soient tout d'un coup experts en éducation, droit matrimonial, droit pénal, assurance maladie, recherche fondamentale, droit bancaire et promotion de l'activité économique. Et ça, c'était uniquement pour les membres du Conseil national suisse, et uniquement pour le 30 septembre dernier.
2. A leur décharge, il faut souligner que dans de récents conflits la loi a permis l'assignation individuelle de membres de Wikimédia Italia pour des problèmes de contenu avec lesquels ils n'avaient rien à voir.

3. En fait c'est même "politique et justice", ce que je trouve très italien, comme association.
4. Et est même encore au pouvoir. Quoi que sur ce point c'était assez finement joué pour ne pas s'opposer à la loi dans son entier, qui dépasse le cadre wikipédien: WP.it a donc bien fait du lobbying et pas de la politique. Un des premiers amendements déposés l'a d'ailleurs été par un député PdL.

lundi 27 juin 2011

Wikilove

Je n'ai vu personne d'autre en parler, du coup je répercute: Erik Moeller a annoncé vendredi dernier sur  le blog de la Fondation vouloir mettre en place pour le 29 (mercredi prochain, donc), un bouton Wikilove sur la version anglophone:
L'idée est apparemment que si vous voyez une édition sympa (?) vous puissiez d'un clic féliciter l'auteur. Une fenêtre s'ouvre, vous permettant d'offrir au choix étoiles, bières ou chatons:


J'avoue que j'ai d'abord cru à une blague, mais vous pouvez d'ores et déjà tester la machine à bière et chatons sur le site prototype de la Fondation.

samedi 18 juin 2011

Bulle à niveau

Hier après-midi, j'ai rejoint Chandres pour le premier jour du salon Questions d'âge situé dans la riante cité de Bulle (canton de la Gruyère Fribourg) pour tenir un stand1 Wikimedia.ch. C'était ma première expérience de communication externe, le but visé étant d'essayer de se faire voir (et plus si affinités) auprès de contributeurs qui ont des connaissances et du temps2, à savoir les 50 ans et plus.

Il faut bien dire qu'il n'y pas foule dans l'espace Gruyère ce vendredi, cela m'étonne assez peu en fait. Chandres a bien fait les choses, on a un joli stand avec de beaux visuels et un ordinateur relié à un écran pour faire des démonstrations. On a même décroché le stand 41, l'indicatif téléphonique du pays3, juste à côté de nos amis de Seniorweb, des gens charmants et dans une logique proche de la notre. D'ailleurs on partage les prises, les sunlights4, le frigo, la connexion. Nous sommes situés dans un angle, juste en face d'un coin pour se restaurer (on y piquera d'ailleurs des gobelets, merci !), d'un espace où deux fois par jour des ninjas seniors fribourgeois feront des chorégraphies de remise en forme (45 minutes à chaque fois tout de même...), y a pas à dire Boney M, ça nous rajeunit tous, vu que cela fait 30 ans qu'ils sortent un best-of par an. Et pas loin de nous, un stand de W-C \o/.


Notre première visiteuse est une apicultrice qui pose des questions assez techniques sur son métier. Heureusement Chandres s'y connait mieux que moi en biologie (et pour cause) et il lui montre l'article sur l'espèce, le genre qu'elle élève (cultive ?). Cerise sur le gâteau, on trouve même un lien rouge quand elle évoque le créateur de cette espèce et donc on lui montre comment modifier cela. La deuxième personne nous cause à peine, car voyant le panneau Wikipédia, elle balance juste entre ses dents : « Wikipédia ? Je connais déjà » avant de partir. Cela donne l'idée à Chandres d'intervertir deux panneaux et de placer ainsi ceux parlant de Wikimedia dans les axes d'allées et venues du public. Et également de préparer des feuilles A3 pour le lendemain, incitant le visiteur à se/nous poser des questions.

Plus tard dans l'après-midi, nous accueillons un contributeur en alémanique5. J'ouvre une parenthèse à ce sujet : on notera que la page d'accueil a quatre onglets donc en fait quatre sous pages d'accueil (pour les Alsaciens, Souabes etc). J'attends que fr:wp ait autant de sous-pages d'accueil que de coins où on parle le français, ce serait assez rigolo6. Le contributeur (qui parle très bien français) étudie la linguistique et m'a parlé d'un souci entre le code de la langue alémanique (als) qui est aussi celui d'une version de l'albanais tosk, qui est une base de l'albanais standard donc n'aura pas de wikipédia à lui dans le futur. Sans compter le fait que l'alémanique (als) est souvent encore décrit comme « alsacien ». Bref, un nouveau chenit dont j'ignorais l'existence. Pour terminer, je note aussi que les autres projets en alémanique (wikisource, wikiquote etc) sont dans Wikipédia avec des namespaces différents. Fin de la parenthèse sur les projets de la Foundation en alémanique.

Les contacts que j'ai eus avec le public me confirment des choses plus que cela ne m'en apprend.
1. Les gens connaissent Wikipédia, la notoriété spontanée est sans doute immense ; la notoriété assistée est totale.
2. Les gens n'ont aucune idée de ce qu'est Wikimedia.

Le corollaire de tout cela est assez rigolo. Une fois que Chandres a interverti les panneaux, on voit plus celui parlant de Wikimedia (avec tous les projets de la Fondation) que Wikipédia. Du coup, la réaction standard, c'est des gens qui froncent les sourcils d'un air de dire « Ils abusent d'utiliser un nom très proche de Wikipédia sans être identique, et en plus, on retrouve le logo, hmm c'est quoi ce truc » suivi, notamment si on les invite à poser une question, du rituel « Wikimedia, par rapport à Wikipédia, c'est quoi ? ». Et là, c'est souvent la découverte des nouveaux projets pour eux. Si je sens que ça « prend », j'évoque le concours de l'été avec Wiki Loves Monuments - Suisse. Ah oui, les gens aiment bien prendre des dépliants également.

Parmi les questions qui me reviennent, il y a ce monsieur qui voulait rajouter des images sur Wikipédia depuis Google Earth. Je décide de voir avec lui sur Google Earth, je trouve des photos mais elles ne sont pas liées à Wikipédia ni Commons. J'explique quand même qu'on peut mettre7 des photos sur Wikipédia via Commons (et là je parle de Wiki loves Monument aussi) mais la personne paraît peu intéressée si ce n'est pas directement dans Google Earth. Après son départ, on recherche d'où viennent ces images. En fait, elles sont liées à Panoramio et Wikipédia me dit que : « Panoramio est un site web de partage de photographies géopositionnées. Certaines photos mises en ligne par les utilisateurs sont visibles depuis Google Earth, elles viennent enrichir l'information visuelle du lieu : ce sont en général des photos prises au sol, créant une mise en perspective avec les vues satellite de Google. Les photos sélectionnées dans Google Earth sont choisies pour leurs qualités documentaires. Google a racheté Panoramio en juin 2007 pour la complémentarité avec Google Earth. », bref rien à voir avec Wikipédia.

Autres questions traditionnelles qui me viennent à l'esprit : « Vous vérifiez tout ? », « Vous êtes rémunérés pour cela ? »

Autre souci, montrer qu'il est simple de modifier un article quand une personne dit qu'elle lit Wikipédia mais ne contribue pas car « je n'ai pas le niveau », « je ne vois pas ce que je peux apporter » etc. J'ai choisi l'article sur Bulle ou Fribourg et cela demande une certaine gymnastique de montrer à l'écran le haut de l'article (c'est ce qu'on voit en arrivant sur la page) mais de cliquer pour ne modifier qu'une section de l'article. Car il faut bien reconnaître que le code de l'infobox, ce n'est pas du tout convivial pour un novice et cela effraie plutôt que cela ne démontre la simplicité de l'outil. Je pense que je ferai comme cela la prochaine fois (montrer le haut de l'article mais modifier une petite section), j'ai même repéré une faute d'accord dans l'article « Bulle (Fribourg) » que je me réservais mais personne n'est venu entretemps.

On commence à ranger le stand et les ordinateur+écrans sont débranchés quand, forcément on a la visite d'un commercial pour un salon en automne à Genève. Il commence par le traditionnel « Wikimedia, par rapport à Wikipédia, c'est quoi ? » puis nous parle du salon (je lui dis de revenir demain, il y aura de grands pontes de Wikimedia.ch) avant de demander si on n'a pas eu de soucis d'argent. Je réponds que non, qu'il y a deux mois par an (de mi-novembre à mi-janvier environ) un appel de fonds pour payer la bande-passante (entre autres). Il répond « Ah bon, j'avais cru lire que vous aviez des soucis de financement, que c'était un appel à l'aide sous peine de fermeture ». Je recommence mes explications mais il n'a pas l'air de me croire (après tout, c'est un commercial, il connaît le « métier »). M'est avis qu'on a des efforts à faire pour la communication lors de la levée de fonds car si le grand public perçoit le message comme étant « Payez tout de suite ou on disparaitra sous peu », on n'est pas loin8 du FUD.

Je termine en adressant un « Bon courage » aux volontaires qui sont sur place aujourd'hui et demain9 !!


1. A prononcer sans le « d » final.
2. Et sortir du « jeune mâle informaticien » surreprésenté dans la population wikimédienne.
3. Je sais, le 42, cela aurait été mieux, consolons-nous avec ce qu'on a.
4. Projos dans la tronche, on est presque des stars sur scène.
5. Bientôt 10 000 articles.
6. Et prétexte à se taper dessus. « Comment ça, il est pas frais mon poisson ? »
7. Non je n'ai pas osé utiliser « uploader » ou « téléverser ».
8. Consciemment ou pas, that is the question
9. Le kebab après le magasin militaire, en sortant sur la gauche, est pas mal !

lundi 11 avril 2011

Wikimedia et la mondialisation

Très rapide billet pour évoquer une anecdote assez marrante.

C'est l'histoire d'une contributrice très active sur Wikipédia dans ce qui touche à la Fantasy. Elle connait déjà des auteurs de ce genre littéraire en région parisienne et souhaite couvrir un festival. L'intérêt étant de pouvoir rencontrer les auteurs, réaliser de petites interviews, en faire des photos etc.

Cette contributrice vit en région parisienne, le festival s'appelle Trolls et Légendes et aura lieu à Mons en Belgique. Cette contributrice française a demandé de l'aide auprès de Wikimedia CH (Suisse) pour obtenir un pass-presse à son festival belge.

Harmonia Amanda sera ravie d'apprendre que la mondialisation a du bon. Son pass-presse, elle l'a.

Prochain challenge, mettre les québécois dans la place !

jeudi 17 mars 2011

Babel Bombay

J'apprends lors d'une discussion en marge de l'AG de Wikimedia France qu'un chapitre indien s'est récemment ouvert (juin 2010 quand même). Wikimedia India compte 20 langues officielles, plus une vingtaine d'autres en incubation.

Sachant qu'en Suisse on a du mal à se coordonner avec trois langues et demi et une centaine de membres, je leur souhaite bon courage pour gérer autant d'idiomes et quelques dizaines de milliers de participants potentiels.



dimanche 13 mars 2011

Le touriste

L'assemblée générale de Wikimédia France (WM FR) bat son plein: votre serviteur, jamais contre une excursion à l'étranger proche ou lointain, a décidé de jouer au passager clandestin jusqu'à Paris pour voir de quoi il retournait. On m'avait, il est vrai, promis plus de sang et de larmes; ce n'était pas le cas, mais j'estime quand même en avoir eu pour mon argent. L'ambiance de la réunion était plutôt sympa, quelqu'un avait même eu le bon esprit d'apporter du Maroilles Fonné pour la pause déjeuner.

Premier constat, puisqu'on parle d'associations Wikimedia: il n'y a pas de comparaison possible avec la version suisse (WM CH). Ils sont plus nombreux, n'ont qu'une langue, et quelques années d'avance sur certains projets (quoiqu'à ce compte WM Allemagne est carrément au XXIIe siècle). Le seul truc en commun entre Suisses et Français, si j'ose dire, c'est que le succès des levées de fonds dépasse pour l'instant la capacité de dépense des deux associations. Ca ne durera probablement pas, mais il est toujours bon de savoir que les trésoriers des deux groupes ne sont pas des flambeurs.

J'ai quoiqu'il en soit rapidement décidé de laisser les gens discuter de trucs sérieux entre eux pour aller à la place visiter Paris qui, me suis-je laissé dire, est magique.

Après avoir consulté quelques indigènes qui se reconnaîtront, j'ai enfourché un Vélib' en direction de l'Institut du monde arabe, situé d'après mes cartes pas très loin:


Je me suis, étonnamment, un peu perdu en route:


C'est alors qu'il a commencé à pleuvoir.

Je suis finalement arrivé à destination. L'exposition permanente étant réduite à la portion congrue pour cause de travaux, j'ai fait un rapide tour de la (décevante) bibliothèque de l'Institut puis, déclinant la tentation d'un thé à 7 € sur la terrasse mouillée, j'ai mis le cap sur le chemin du retour (à pied, car j'apprends de mes erreurs). Ne voulant pas me laisser abattre par une expérience touristique jusqu'ici assez moyenne, je me laissais tenter par un éclair au chocolat de chez Lenôtre™.

Pour le prix payé, j'aurais eu du plâtre de meilleure qualité en allant chez Castorama.

Autant vous dire qu'à ce stade, Paris était beaucoup moins magique.

Je mets donc le cap sur le restaurant pour replonger dans le bouillon wikipédien et la rencontre du soir. Fun fact: il est toujours intéressant de mettre un visage sur un pseudonyme, et je peux compter sur les doigts d'une main les personnes qui correspondent vaguement à ce que j'en avais imaginé (et, pour au moins une ou deux personnes, je ne ressemble apparemment pas à ce qu'elles imaginaient non plus). Celui que j'imaginais être un homme en fin de trentaine s'est révélé être une dame à la retraite, certains ont une barbe plus fournie que le crâne d'autres, bref bonne ambiance, plein de monde. Bonne surprise.

Conclusion: suivez les annonces pour la désormais traditionnelle rencontre multi-cabales qui se tiendra cet été dans le canton de Vaud.