lundi 22 août 2011

GLAM de fond(s)

Samedi dernier, Wikimedia CH tenait une réunion au sujet des fameux GLAM, on peut voir le programme ici.

Les retours d'expérience en France et Suisse étaient très intéressants. Cela dit
1- La structure des pays (et des chapters) n'a rien à voir il n'est donc pas évident/souhaitable/possible d'appliquer une recette identique.
2- On a, à mon avis, plus fait le point sur « ce qu'il y a régler » que sur les solutions en tant que telles. Je ne jette pas la pierre, si les solutions étaient évidentes, on les aurait évoquées voire mises en œuvre.

J'ai bien conscience que l'association repose sur le bénévolat, les bonnes volontés et que, si d'aventure, des dizaines de musées demandent une action de notre part, cela risque d'être difficile à mettre tout cela en œuvre car les ressources sont limitées. En évoquant ce point là, on s'est dit qu'il est fort probable que les musées, bibliothèques etc ne se rendent pas compte qu'il y a en fait peu de personnes qui entrainent les projets alors qu'on « vend » « la masse des gens qui collaborent à Wikipédia, Commons etc ».

En ce qui me concerne, j'ai un autre souci et j'en ai fait part à l'assemblée. Il y a quelque temps, sur une mailing liste interne, j'ai appris qu'un accord était envisagé entre un musée et Wikimedia CH pour photographier quelques éléments de collections. Je n'ai pas répondu mais ai gardé cela dans un coin de ma tête.

Mon souci est le suivant : je suis un photographe lambda avec du matériel basique (un compact en mode automatique qui fait tout ce que je lui demande). Autant je n'ai pas vraiment de soucis de faire des photographies « comme je peux » de certains monuments, paysages etc et les mettre sur Commons, autant je trouve que ce serait dangereux pour les futurs accords d'envoyer un n00b comme moi comme « preneur de photos officiel ».

Si c'est pour s'entendre dire « On a fait appel à Wikimedia et on a eu des photos banales (parfois correctes) ; il était bien gentil votre gars mais on aurait pu faire les mêmes clichés alors était-ce la peine d'ouvrir les galeries pour lui ? », je doute que l'association (et les projets Wikimedia) ont à y gagner car ne nous leurrons pas, les partenariats du futur seront débloqués ou freinés en fonction de ceux du passé1. C'est là où je trouve qu'il existe une limite à « c'est mieux que rien » (ou au fameux « N'hésitez pas »). Je comprends que c'est frustrant de faire attendre un musée ou de lui dire qu'on n'a personne pour l'instant et qu'on est navrés mais je pense que c'est mieux d'être honnête plutôt que de réaliser quelque chose qui risque de nous nuire dans le futur.

Personnellement, je ne me sens pas capable de faire ce genre de clichés. Ce n'est pas qu'une question de matériel d'ailleurs : même si on me prêtait de bons appareils avec plein d'objectifs, je serais incapable de savoir quoi en faire (lequel choisir, quels réglages faire ?). Comme indiqué par un participant du projet, on en revient à hausser le niveau demandé en appelant des élites plutôt qu'aux ajouts de Monsieur Tout le monde (ce qui est sensé être le principe des projets Wikimedia). Mais je pense que la crédibilité des actions conjointes entre Wikimedia et les GLAM est à ce prix. Je préfère que les partenariats avec les projets Wikimedia passent pour être réalisés par des semi-pros sérieux plutôt que par de gentils médiocres. On ne peut pas vraiment se permettre d'avoir une mauvaise image, surtout si on peut l'éviter.

1. Je connaissais un artisan (peintre) qui disait qu'un chantier réussi lui amenait 10 clients et qu'un chantier raté lui en faisait perdre 100. Je crois que nous sommes dans le même genre de logique.

7 commentaires:

Moyg a dit…

En l'absence de "pros", le plus simple ne serait-il pas de dire "prenez les photos vous-mêmes, on vous aidera à les mettre en ligne" ?

Sinon, ça ne s'éloigne pas vraiment du principe de Wikipédia : si Monsieur Toulemonde ne connaît rien à un sujet, on ne va pas le laisser écrire des bêtises dans les articles. La bonne volonté, c'est bien, mais elle ne suffit pas si les compétences ne suivent pas.

Après, ça n'empêche pas M. Toulemonde d'accompagner des "pros" pour s'entraîner et voir de quoi il est vraiment capable.

Léna a dit…

Honnêtement, je pense que je suis capable de prendre ce genre de photos et j'ai derrière moi quoi, trois mois d'expérience avec un réflexe ? Le plus dur serait de faire la balance des blancs, mais avec deux minutes d'observation et un logiciel adéquate (fourni avec le réflexe) ça passe tout seul.

Sinon je suis d'accord avec toi, il vaut mieux ne pas nous survendre : si on a pas de bons photographes amateurs, et bien on envoie pas des gens prendre des photos, par contre on indique comment mettre les photos en ligne.

Manoillon a dit…

Je partage l'avis de Moyg (et c'est pour moi la principale leçon de cette après-midi) : à moyen et long terme, il est infiniment plus profitable d'apprendre aux gens comment publier leurs propres informations plutôt que de le faire pour eux.

Sinon, je profite de ce commentaire pour remercier toutes les personnes présentes à cette très intéressante journée. Merci pour votre collaboration et votre bonne humeur !

Erdrokan a dit…

Léna : j'avoue que je n'ai pas vraiment envie d'apprendre (oui je sais, honte à moi, surtout que je fais des photos pas si pourrites à la base).. Et dire qu'en option physique au bac, j'avais 4 thèmes dont l'appareil photo (je suis tombé sur astronomie cela dit)

Moyg, Manoillon : dans un monde parfait, cela paraît être LA solution, mais je pense que ce ne sera jamais vraiment le cas pour la majorité des partenariats.
Déjà car cela amoindrit l'effet "officiel" (avec tout ce que ça implique comme couverture médiatique) s'ils le font par eux-mêmes sans le dire à personne.

Surtout car je me dis que les gens sont plutôt fainéants par nature, donc à moins qu'ils aient un intérêt énorme à faire une grosse partie du boulot (ou que ce soit des passionnés), ils ont à mon avis plutôt tendance à faire une partie du travail (la moins dure ou celle qu'ils connaissent le mieux). De plus le fait d'avoir envoyé des photographes sur place dans le passé donnent un "mauvais" exemple.

Bref, je serai carrément pour qu'ils fassent les photos (voire les téléversent) eux-mêmes mais j'y crois pas vraiment. ;)

Coyau a dit…

En attendant de vivre dans un monde parfait, on peut toujours améliorer ses propres photos, ce n'est pas si difficile. ;)

alphakilobit a dit…

Effectivement, tu as le droit de ne pas avoir envie de consacrer de temps à apprendre à faire des photos, et dans ce cas effectivement, cela me semble plus sage de s'effacer derrière des personnes plus compétentes / passionnées. (Je trouve ça dommage parce que honnêtement ça ne prend pas beaucoup de temps de passer de "débutant complet" à "initié" et qu'il y a un grooos gap de qualité entre les deux, mais tant pis !).

Erdrokan a dit…

Léna : disons que ça dépendra de la "hauteur de la marche". N'y connaissant à peu près rien, c'est un vague truc nébuleux (je pléonasmise si je veux) qui peut mener, si on est perfectionniste, à des heures de retouche par photo.

Alors déjà qu'ajouter les catégories, la géoloc et la description en 2 langues, je sature vite, t'imagines mon appréhension :D

Mais suite au post de Coyau (merci à lui) je vais voir si je m'en sors