
Et pourtant.
J'espère sincèrement que les arbitres trouveront une solution pertinente à tout ça, plutôt que d'attendre patiemment que la baudruche se dégonfle toute seule. Une ligne doit être tracée dans la gestion des bannissements et problèmes comportementaux, parce que le corps des admins a montré son incapacité à déterminer où celle-ci se trouvait: le fait qu'on en arrive à un arbitrage démontre bien l'absence de consensus - à plus forte raison s'il y a trois arbitrages.
Mais quelles seraient, me demanderez vous, les conséquences pratiques d'une confirmation du geste de Moez?
- Si les arbitres confirment que les admins peuvent décider seuls d'un bannissement en l'absence de dégradation formelle du contenu encyclopédique (vandalisme, essentiellement), ils signifient par là que ces derniers ont une compétence et/ou légitimité égale à la leur pour régler des cas moraux - et plus vite que le Comité, en plus. Dès lors, à quoi sert le CAr? A rien. Si le CAr ne sert à rien, comment attirer de nouveaux candidats arbitres? Et si le corps des arbitres ne se renouvelle pas2, qui décidera des désysopages lors du prochain problème causé par un admin? Verra-t-on réinstituer le bon vieux système du
piloridésysopage communautaire? Pourquoi pas après tout, il n'est écrit nulle par que le modèle de l'ArbCom anglophone doit fonctionner partout. - S'il confirme qu'un désysopage peut être décidé à la majorité simple, c'est l'acceptation du fait que la discussion compte désormais beaucoup moins que le nombre d'affinités ponctuelles que l'ont peut attirer derrière soi, et le plus vite possible: j'exagère à peine en disant que c'est celui qui aura la plus grande3 et la sortira la plus vite qui gagnera. Ca a toujours été une tendance, on ne peut l'éviter, mais l'un des rares avantages à la lenteur d'un Comité d'arbitrage c'est que les arbitres sont au moins censés éplucher les historiques pour s'assurer des torts respectifs.
- Et là est selon moi le point le plus problématique, en fait. Accepter le principe du bannissement pour cause de critique dure et pointilleuse, mais argumentée, consacre le sacrifice du contenu encyclopédique à la sacro-sainte ambiance, qui en dépit de toutes les politiques anti-gros mots n'a jamais parue aussi lourde. La vie communautaire prend le pas sur la qualité du travail qu'elle est censée assurer. Soyons sérieux: l'"espérance de vie" moyenne actuelle d'un wikipédien est entre 2 et 4 ans. Les gens partent, c'est un processus normal. Partir parce qu'une bête étoile (et je me sens d'autant plus à l'aise de le dire que je l'ai faite et la fait encore, la course aux étoiles) est refusée ou perdue, c'est défendre son amour-propre plus que le contenu. Si la critique est isolée ou confine au harcèlement, on peut raisonnablement l'ignorer (et à ce moment imposer un retrait de bandeau d'une manière ferme, ou demander au Comité d'Arbitrage d'intervenir - le cas Aliesin précisément). Il me semble que Wikipédia revendique la critique; ça pourrait même être son slogan: "Si quelque chose ne va pas dans un article, dites le4".
1: Le plus ironique c'est quand même que Poppy aura voulu donner la primauté au Comité d'Arbitrage. D'où la photo de l'USS Liberty pour illuster ce potentiel tir (in)amical.
2: Avec 2 candidatures en 5 jours, alors qu'aux dernières élections il y a en a avait déjà 6 (et 4 en plein août 2007), on peut encore considérer ça comme un faux départ, mais c'est pas gagné.
3: Éloquence ou bande de copains.
4: Et, idéalement, corrigez le, mais ça n'est même pas obligatoire. Sinon personne ne se serait cassé la tête à corriger les erreurs relevées par Nature en 2005; on aurait juste bloqué l'IP du journal.